BLOOD FATHER de Jean-François Richet [Critique Ciné]

 

Blood Father

 

Blood Father suit à la lettre la recette de Taken : Prenez un acteur américain has been, un réalisateur français et un scénario idiot de film d’action agitez le tout et vous obtiendrez un blockbuster. Ce qui a marché avec Liam Neeson n’a pourtant pas eu le même effet sur la carrière de John Travolta ou Kevin Costner alors marquera t’il la rédemption de Mel Gibson ?

 

 

SYNOPIS : Depuis qu’il est sorti de prison John Link essaye de se tenir à carreau en laissant tomber la moto, l’alcool et la violence. Mais lorsque sa fille dont il n’avait aucune nouvelle depuis plusieurs années l’appelle au secours, il ne va pas hésiter une seule seconde à reprendre certaines de ses mauvaises habitudes pour la protéger des narco-trafiquants qui veulent lui faire la peau.

 

A chacun de ses films, on parle désormais du grand retour de Mel Gibson. Même si certains voudraient voir sa carrière finie depuis ces frasques alcoolisées, l’acteur n’est pourtant jamais vraiment parti et a montré dans Le Complexe Du Castor, Kill The Gringo et Machete Kills qu’il ne fallait pas l’enterrer trop vite. Si les gros studios, lui ont tourné le dos, il reste encore beaucoup d’acteurs et réalisateurs prêts à lui tendre la main en souvenir des rôles mythiques qu’il a pu tenir dans sa carrière.

 

Blood Father

 

Le dernier en date est Jean-François Richet, le réalisateur du très réussi diptyque Mesrine, qui après s’être offert une parenthèse avec le remake d’Un Moment d’Égarement, revient à l’action et pose à nouveau sa caméra aux Etats Unis pour Blood Fathers. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Peter Craig qui en a lui même écrit le scénario en ne reprenant que la dernière partie du livre qui concernait les retrouvailles de l’héroïne du roman avec son père.

Il y a des films dont on sait au bout de deux minutes qu’ils vont être mauvais. Blood Father est l’un d’entre eux. Accumulant tous les clichés dès les premières scènes, le long métrage sent fort la série B tel qu’il en sort chaque semaine directement en DVD. On s’attendait à un film d’action bourrin qui nous servirait le meilleur de Mel Gibson mais on se retrouve en fait devant un film qui malgré sa courte durée d’une heure et vingt huit minutes parait pourtant incroyablement long. C’est lent, il ne se passe souvent rien et l’ensemble n’est jamais vraiment crédible.

 

Blood Father

 

On a clairement l’impression que Jean-François Richet s’est fait écraser par le mythe de Mel Gibson. C’est un véritable hommage à l’ensemble de la carrière de l’acteur qu’il semble nous servir ici. Cela commence par une scène de repentance à une réunion des alcooliques anonymes en mot d’excuse pour ses déboires. Plus tard une poursuite en moto nous rappellera que Mel Gibson était autrefois  Mad Max mais celle ci ne sera clairement pas à la hauteur du film de George Miller. Ensuite Mel Gibson rase sa barbe qui lui donnait un coté bad ass pour retrouver l’apparence de Martin Riggs le héros de L’Arme Fatale, qui nous fait réaliser alors que l’acteur est cette fois ci vraiment trop vieux pour ces conneries.

Erin Moriarty est bien jolie dans le rôle de sa fille mais elle n’aura rien à défendre pour prouver qu’elle n’a pas été choisie que pour son physique. L’actrice qu’on a pu voir dans la première saison de Jessica Jones, n’est ici qu’une victime qui ne peut rien faire sans son père. Même si leurs rôles sont assez anecdotiques, on sera tout de même content de croiser William H. Macy (Shameless) en voisin de John Link et Michael Parks, fidèle de Quentin  Tarantino et Kevin Smith, en ancien chef de son gang de biker. Avec son look particulier, on n’aura du mal à reconnaître Diego Luna, futur vedette du prochain Star Wars dans le rôle du méchant de service qui ne semble vraiment pas assez menaçant et dangereux.

 

Blood Father

 

Blood Father est pour le coup  un véritable moment d’égarement pour le réalisateur Jean-François Richet qui semble avoir perdu tous ses moyens face à Mel Gibson. Peter Craig a lui même massacré cette histoire en réduisant le rôle de son héroïne à peau de chagrin pour laisser les coudées franches à l’acteur. Au lieu de grand retour, Blood Father semble plutôt sonner le glas de la carrière de star de l’action pour Mel Gibson qui n’arrivera plus jamais à égaler ses rôles les plus emblématiques. Il ferait mieux de tourner la page une bonne fois pour toutes ou de jouer la carte de la dérision plutôt que de tourner dans ce genre de long métrage taillé pour le direct to vidéo.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Jean-François Richet
  • AVEC : Mel Gibson, Erin Moriarty et Diego Luna
  • SCÉNARISTES : Peter Craig et Andrea Berloff
  • COMPOSITEUR : Sven Faulconer
  • GENRE : Action
  • DURÉE : 1h28
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : SND
  • SITE OFFICIELhttp://www.wildbunch.biz/movie/blood-father/
  • DATE DE SORTIE : 31 Août 2016

 

 

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