C’EST BEAU LA VIE QUAND ON Y PENSE de Gérard Jugnot [Critique Ciné]

 

C'Est Beau La Vie Quand On Y Pense

 

Huit ans après le décrié Rose & Noir, Gérard Jugnot repasse derrière la caméra pour C’est Beau La Vie Quand On Y Pense, une nouvelle comédie pleine de bons sentiments comme il les affectionne particulièrement mais n’aurait-il pas perdu la main ?

 

 

SYNOPSIS : Trop occupé par sa carrière de pilote de courses, Loïc Le Tallec n’a jamais pris le temps de s’occuper de son fils. Lorsque celui-ci va décéder dans un accident de voiture, Loïc va sombrer en réalisant qu’il n’aura plus l’occasion de rattraper le temps perdu. En apprenant que le cœur de son fils a été greffé à un autre jeune homme, il va défier la loi pour tenter de le retrouver. Il découvrira Hugo, un jeune homme qui a envie de profiter de la vie en faisant les 400 coups et qui manque sérieusement de repères.

 

C’est Beau La Vie Quand On Y Pense, un titre qui flaire immédiatement la tentative de réaliser le nouveau « Feel Good Movies » qui ferait le plein de spectateurs en cette période plutôt morose. Si Gérard Jugnot a pu se montrer expert de l’exercice, ses derniers films en tant que réalisateur nous ont un peu fait oublier qu’il est aussi le réalisateur de Pinot Simple Flic, Scout Toujours ou Une Epoque Formidable, des comédies aujourd’hui devenues cultes à l’image de ceux qu’il a tourné avec ses camarades du Splendid. Comme eux, il peine désormais à nous convaincre comme s’ils n’avaient pas réussi à s’adapter à cette époque. Il faut bien avouer que c’est avec le maigre espoir de le retrouver au meilleur de sa forme que l’on est curieux  de découvrir ce nouveau film mais nos espoirs seront rapidement déçu.

 

C'est Beau La Vie Quand On Y Pense

 

Beaucoup de spectateurs qui vont aller voir C’est Beau La Vie Quand On Y Pense risquent d’être déçu de découvrir que le film n’est pas une véritable comédie mais une histoire plus mélancolique que franchement drôle. Si le scénario est ponctué ici où là de quelques gags et répliques amusantes comme la brève apparition d’Arthur Jugnot, les occasions de rires sont plutôt rares. Mais rassurez-vous ce n’est pas pour autant que le film cherche non plus à faire dans le larmoyant. Au fond c’est peut être bien là le véritable problème du film qui cherche eà se maintenir dans un équilibre incertain entre rire et émotion qui fait qu’on ne sait pas quoi en penser.

C’est à se demander si C’est Beau La Vie Quand On Y Pense n’aurait pas mieux fait de sortir directement comme un téléfilm sur TF1 tant sa réalisation n’a absolument rien de cinématographique. C’est à peine si on profitera des paysages de Bretagne où se déroule le film tellement on passe plus de temps dans des intérieurs probablement tourné en studio. On sera aussi frappé de voir énormément de placements de produits comme la pub pour un appareil auditif qui revient trois fois, c’est tellement troublant qu’on a déjà presque l’impression que le film est déjà coupé par des pages de pub comme à la télé.

 

C'est Beau La Vie Quand On Y Pense

 

Cela fait longtemps que Gérard Jugnot avait cette idée de film, il lui aura fallu cependant s’associer à trois autres scénaristes pour réussir à développer une histoire. Ce n’est pas la première fois qu’un film utilise ce point de départ de la greffe d’organe et cette fine équipe ne fait pas preuve d’une grande originalité dans le développement de la suite. En fait on connaissait déjà presque l’histoire avant d’entrer en salles tellement ce scénario est cousu de fil blanc et ce n’est pas les quelques rebondissements dans l’intrigue qui feront la différence.

En fait la seule bonne chose de  C’est Beau La Vie Quand On Y Pense est l’ensemble des comédiens qui malgré une histoire qui ne vole jamais bien haut arrive tout de même à nous régaler. C’est toujours un plaisir de voir Gérard Jugnot qui a  en plus réussi à convaincre Isabelle Mergault à revenir devant la caméra pour jouer sa petite amie. Pour jouer la tête brûlée Hugo, il a engagé François Deblock vu dans Fonzy et Tout Schuss. Il a la lourde tâche de devoir jouer le « petit con ». Très convaincant, il est du coup peu attachant même lors de son évolution. Pour le plaisir des yeux on retrouvera Gaia Weiss, dont la carrière semblait bien partie avec un rôle dans la série Vikings mais qui est revenue en France pour Les Profs 2.

 

 

On ne s’attendait à rien en allant voir C’est Beau La Vie Quand Même et c’est exactement ce qu’on a eu. Gérard Jugnot n’arrive pas à transformer cette histoire de deuil et de renaissance en feel good movie tant son film manque trop d’humour et d’originalité. Rien dans ce film ne justifie le passage sur  grand écran alors à moins d’avoir un abonnement illimité, vous ferez mieux d’attendre sa diffusion à la télévision car il semble clairement calibré pour cela.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Gérard Jugnot
  • AVEC : Gérard Jugnot, François Deblock, Isabelle Mergault et Gaia Weiss
  • SCÉNARISTES : Gérard Jugnot, Guy Laurent, Romain Protat et Thibault Vanhulle
  • COMPOSITEUR : Khalil Chahine
  • GENRE : Comédie Dramatique
  • DURÉE : 1h33
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : UGC Distribution
  • SITE OFFICIELhttp://www.ugcdistribution.fr/film/c-est-beau-la-vie-quand-on-y-pense/
  • DATE DE SORTIE : 12 avril 2017