Chronique CD : IRON MAIDEN – THE BOOK OF SOULS


 

Iron Maiden : The Book Of Souls

 

C’est dans le plus grand secret que les membres de la Vierge De Fer sont venus enregistrer leur nouvel album à Paris au célèbre studio Guillaume Tell en fin d’année 2014. Une fois le disque en boîte, le groupe n’a cependant pas pu nous annoncer tout de suite la bonne nouvelle car le chanteur Bruce Dickinson apprenait au mois de décembre qu’il était atteint d’un cancer. Préférant attendre que son chanteur se rétablisse pleinement, Iron Maiden a donc choisi de reporter leur plans et c’est seulement en septembre 2015 que sort enfin ce nouvel album The Book Of Souls.

Si le titre de leur précédent album The Final Frontier avait pu faire craindre aux fans qu’il ne s’agisse du dernier disque d’Iron Maiden de par son nom, le groupe nous avait vite rassuré sur le fait que ce ne sera probablement le cas. Il aura tout de même fallu attendre cinq ans pour enfin découvrir leur nouvel album The Book Of Souls. Depuis le retour à l’aube de l’an 2000 du chanteur Bruce Dickinson et du guitariste Adrian Smith au sein d’Iron Maiden, le groupe a trouvé une seconde jeunesse avec une orientation musicale entre heavy metal et prog. Ils poursuivent depuis dans la même veine mais semble avoir cette fois ci trouvé la bonne formule avec ce nouvel opus.

Un vent de liberté semble planer sur The Book Of Souls. Revenu de son escapade solo avec British Lion, Steve Harris semble avoir un peu lâché la bride et ose sur ce nouveau disque des choses qu’il avait tout le temps hésité à faire. La première chose est que The Book Of Souls est le premier double album studio qu’ose sortir la Vierge De Fer. Face à la richesses des nouvelles compos apportées par les musiciens, il a été décidé de ne rien mettre de coté. Il faut dire que le groupe s’est surpassé avec des titres de plus en long dont le point d’orgue dure dix huit minutes.

Cet album donne l’impression qu’une saine compétition à la Lennon/McCartney s’est déroulé sur ce nouvel album entre Steve Harris et Bruce Dickinson. C’est à qui sortira la plus longue et la meilleure composition. Si le bassiste domine encore cet album avec sept compos, le chanteur a apporté quatre chansons et a la lourde tâche d’ouvrir et fermer l’album. Ils sont bien épaulé l’un comme l’autre par Adrian Smith qui co-signe cinq titres tandis que Jannick Gers a collaboré à deux titres et Dave Murray à une seule chanson.

Iron Maiden : The Book Of Souls

The Book Of Souls est une composition de Bruce Dickinson seul qui commence un peu de la même manière que The Final Frontier ou Seventh Son Of A Seventh Son par une histoire racontée par le chanteur. Ce titre avait initialement compose par Bruce Dickinson pour un éventuel nouvel album solo mais Steve Harris a finalement proposé de l’intégrer à The Book Of Souls. Cela tombe plutôt bien puisqu’il est question d’âmes dans cette chanson. Un titre épique qui prend son envol dans un interlude musical où tous les musiciens peuvent exprimer leur virtuosité. Si ce titre ressemble bien à ce que nous a proposer le chanteur en solo, il profite cette fois ci pleinement du talent des autres membres du groupe.

C’est encore Bruce Dickinson qui signe le titre suivant The Speed Of Light mais cette fois ci en collaboration avec Adrian Smith. Le chanteur déclenche dès le début sa fameuse Air Raid Siren qui a fait sa légende. Cette chanson est le genre de titre typique pour ouvrir un show de Maiden à la Aces High et a justement été choisi comme premier single illustré d’un superbe clip.

Le prochain titre The Great Unknown qui commence par la basse marque l’arrivée de Steve Harris aussi épaulé par Adrian Smith pour une chanson moins rentre dedans ou le chant est un peu poussif mais qui laisse la place aux trois guitaristes de s’exprimer dans de superbes solos.

Dans le quatrième titre The Red And The Black, Steve Harris seul cherche à concurrencer Bruce Dickinson en sortant sa chanson fleuve de l’album de plus de treize minutes. Après une étrange intro à la basse, le début du morceau un peu trop classique nous ressort les galopades et les « hohoho » traditionnels. Mais en fait la chanson ne cesse de changer constamment et un peu maladroitement comme si il s’agissait plus d’un collage de bonnes idées pas franchement liées les unes aux autres. Ce n’est que lorsque les solos commencent après la sixième minute que le titre prend son envol enchaînant les intermèdes instrumentaux nous faisant profiter du talent de ces musiciens hors pair.

Adrian Smith refait équipe avec Steve Harris pour When The Rivers Run Deep nouveau titre high tempo qui rappelle un peu Be Quick Or Be Dead mais dont le refrain surprend par son coté traînant un peu comme du doom. Là encore elle nous laisse encore une grande plage musicale à se décrocher la mâchoire d’admiration.

Iron Maiden : The Book Of Souls

Le titre suivant est celui qui donne son nom à l’album et clôture le premier disque. Composé par Steve Harris et Jannick Gers, il plane sur The Book Of Souls une ambiance à la Powerslave. Un nouveau titre épique sur laquelle les nappes de synthé appuie l’ambiance théâtrale de ce titre aux accents phrygiens. Le titre s’emballe par la suite façon Flash Of The Blade avant de lancer le solo et de continuer sur un rythme ternaire qui pourrait donner des envies de pogos.

L’album reprend sur son second disque par le titre Death Or Glory composé à nouveau par Smith et Dickinson. Ce morceau nous replonge quasiment au début du groupe avec un riff old school rappelant Running Free. Ce revival donne l’un des morceaux les plus puissants de cet album dés son intro impressionnante reprise en interlude avant le lancement de nouveaux solos inspirés. Une excellente entrée en matière pour cette seconde galette.

Dans Shadows Of The Valley, Jannick Gers et Steve Harris sont presque dans l’autoplagiat avec une intro quasi similaire à celle de Wasted Years. Le reste du morceau est assez anecdotique car il se repose trop sur des notes de synthé qui noient les guitares heureusement que la section rythmique est encore bien présente pour porter ce morceau qui ne méritait pas spécialement de durer plus de sept minutes.

La plus grosse surprise de cet album est certainement Tears Of A Clown qui se démarque totalement de ce qu’Iron Maiden a pu faire précédemment. Composé par Steve Harris et Adrian Smith en hommage au regretté Robin Williams, cette chanson a tout pour devenir le premier hit radio du groupe mais mérite également d’être immédiatement classé aux rangs de classique du groupe. Sans aucun doute le titre le plus inspiré de cet album parfait de bout en bout.

The Man Of Sorrow n’a rien à voir avec la chanson du même titre que Bruce Dickinson avait sorti sur son disque solo Accident Of Birth mais c’est tout de même la ballade de ce nouvel album le temps de son intro. Cela ne sera que de courte durée puisque la chanson change de rythme et devient plus sombre par la suite. C’est la seule composition apportée par Dave Murray qu’il a composé avec Steve Harris. Elle laisse encore la place à de nombreux solos et à la puissance du chant de Bruce Dickinson.

Il est temps pour l’album de s’achever avec le morceau fleuve Empire Of The Clouds long de dix huit minutes. Un titre composé seul par Bruce Dickinson qui pour la première fois dans la carrière du groupe apporte du piano au répertoire d’Iron Maiden. C’est lui même qui joue d’ailleurs de cet instrument accompagné d’un orchestre, des roulements militaires de caisse claire de Nicko McBrain et de guitares et basse assez discrètes. Ce n’est que très progressivement que les guitares se font de plus en plus entendre avant de prendre la main vers la sixième minute. S’en suit alors un voyage musical particulièrement épique typiquement « Maidenien » avec sa mélodie médieval et le retour de l’orchestre. Il s’agit là du titre le plus long jamais enregistré par Iron Maiden et il n’y en a pas une seule miette à jeter. On comprend pourquoi Steve Harris a tenu à le voler aussi au prochain disque solo du chanteur.

Iron Maiden : The Book Of Souls

 

MON AVIS :

 5/5 

Souvent traités à tort de dinosaures, Iron Maiden arrive cependant encore à surprendre avec le double album The Book Of Souls. Onze titres qui comprennent pour la plupart d’incroyables solos et qui prouve que malgré l’age qui passe le groupe n’a rien perdu de sa virtuosité. Une véritable leçon pour les groupes de la même génération ainsi que pour les nouveaux groupes qui ont tendance à recycler toujours la même soupe. Steve Harris semble avoir compris qu’Iron Maiden n’a désormais plus rien à prouver et peut enfin se lâcher. Cela leur réussit particulièrement bien et on a hâte de découvrir ces nouveaux morceaux sur scène à l’été 2016.

 

 

TRACKLISTING :

  • 01. If Eternity Should Fail (8:28)
  • 02. Speed Of Light (5:01)
  • 03. The Great Unknown (6:37)
  • 04. The Red And The Black (13:33)
  • 05. When The River Run Deep (5:52)
  • 06. The Book Of Souls (10:27)
  • 07. Death Or Glory (5:13)
  • 08. Shadows Of The Valley (7:32)
  • 09. Tears Of A Clown (4:59)
  • 10. The Man Of Sorrows (6:28)
  • 11. Empire Of The Clouds (18:01)

 

 

LINE UP :

  • Bruce Dickinson : Chants, Piano
  • Steve Harris : Basse
  • Nicko McBrain : Batterie
  • Adrian Smith : Guitares
  • Dave Murray : Guitares
  • Jannick Gers : Guitares

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • PRODUCTEUR : Kevin Shirley & Steve Harris
  • MIXAGE : Kevin Shirley
  • STYLE : Heavy Metal
  • NATIONALITÉ : Royaume Uni
  • DURÉE : 92 minutes
  • LABEL : Warner Music
  • DATE DE SORTIE : 4 septembre 2015
  • SITE OFFICIEL : http://www.ironmaiden.com/

 

 


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