Critique Ciné : CAROL de Todd Haynes


 

Carol

 

 

On sait tous à quel point les homosexuels ont encore de nos jours bien du mal a être acceptés et reconnus au niveau de la loi. Alors imaginez ce que cela pouvait être pour une femme américaine dans les années 50 ! Huit ans après I’m Not There, c’est avec avec une belle histoire d’amour entre deux femmes que le réalisateur Todd Haynes a fait son retour au Festival De Cannes au mois de mai 2015 avec Carol, un long métrage qui arrive en salles en cette fin d’année période propice à la course aux récompenses.

 

 

 

SYNOPSIS : Vendeuse dans un grand magasin, Therese est particulièrement troublée par sa rencontre avec Carol Aird, une cliente distinguée à la recherche d’un cadeau de Noël pour sa fille. De leur amitié naissante va progressivement se dégager des sentiments nouveaux pour la jeune femme. Mais dans la haute société des années 50, l’amour entre deux femmes est particulièrement mal vue surtout que Carol n’a pas encore divorcée d’un mari particulièrement possessif et prêt à lui faire payer cette rupture.

 

 

Carol est l’adaptation d’un roman de Patricia Highsmith qu’elle avait publiée en 1952 sous un pseudonyme à cause de son histoire qui avait tout pour choquer l’américaine puritaine de ces années. C’est seulement parce qu’il a rencontré un immense succès et aidé bien des femmes à s’assumer que la romancière avait fini par le revendiquer. Il s’éloigne tout de fois beaucoup des ses habituels romans à suspense pour se concentrer sur une romance pure mais compliquée par les circonstances.

Carol

Le réalisateur Todd Haynes ne fût pas le premier choix pour réaliser le film mais il retrouve ici une époque et une histoire qui rappellera certainement à ses fans le long métrage Loin Du Paradis avec Julianne Moore en mère de famille dont le mariage s’écroulait faisant remonter les remords d’une homosexualité non assumée. Avec son directeur de la photo, Ed Lachman, il donne au long métrage une patine qui nous laisse l’impression que Carol est déjà un grand classique tourné dans les années 50.

L’histoire de Carol est particulièrement intrigante dans le mystère autour de la séduction. Comment La jeune et innocente Therese en couple avec un homme a pu subitement tombé sous le charme de Carol, une femme aisée dont un seul regard vous ferait vendre votre âme au diable ? L’actrice Rooney Mara prête ses traits angéliques à la jeune Therese dans une prestation qui lui a permis de gagner le prix d’interprétation à Cannes. Pour incarner la venimeuse Carol, c’est Cate Blanchett qui a été choisie. Elle incarne à la perfection ce personnage intrigant dont on se demande qu’elle sont les intentions avec la fragile petite vendeuse.

Carol

On a pas un peu l’impression d’une domination respectueuse dans l’esprit 50 nuances de Grey sans le coté SM dans cette relation. On peut aussi se poser la question de savoir si Carol, sur le point de perdre la garde de sa fille à la suite du divorce ne confond pas sa fille et Therese qui se coiffe de la même façon. Leur relation reste toujours assez distante et prude, on ne ressent curieusement jamais de véritable passion entre les deux femmes comme si la bien-pensance de cette époque les empêchait de vivre pleinement leur amour. Même l’unique scène d’amour du film est particulièrement chaste et soft. On est bien loin des vingt minutes de positions diverses et variées de La Vie D’Adèle.

En marge de cette histoire d’amour, Carol est aussi le combat d’une femme pour la garde de sa petite fille a une époque ou le divorce n’était pas encore aussi courant. Son mari joué par Kyle Chandler ne compte pas se laisser plumer et tout perdre et va faire de sa vie un enfer dans lequel Therese ne saura pas trop ou se mettre. C’est dans cette partie plus sombre de l’histoire que l’on reconnaitra peut être le plus la patte de Patricia Highsmith. Il y aussi le quotidien de Therese qui hésite à franchir le pas et qui cherche également à se professionaliser dans la photographie.

 

Carol

 

 

MON AVIS :

 3/5 

Ce n’est pas franchement l’histoire d’amour qui nous emballera le plus dans le nouveau film de Todd Haynes mais avant tout le jeu impeccable de Rooney Mara et Cate Blanchett plein de non dits reposant sur des regards lourd de sens. Les nostalgiques de l’age d’or du cinéma seront ravis de découvrir ce long métrage qui ressemble à une pépite exhumée de cette période grâce à la formidable reconstitution orchestrée par le réalisateur et son équipe que ce soit dans la photo, les costumes et décors ou la musique.

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Todd Haynes
  • AVEC : Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler & Sarah Paulson
  • SCÉNARISTE : Phyllis Nagy
  • COMPOSITEUR : Carter Burwell
  • GENRE : Drame / Romance
  • DURÉE : 1h58
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : UGC Distribution
  • SITE OFFICIEL : http://carolfilm.com/
  • DATE DE SORTIE : 13 janvier 2016

 

 

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