Critique Ciné : DOCTEUR FRANKENSTEIN de Paul McGuigan


 

Docteur Frankenstein

 

Avec déjà plus de quatre vingt adaptations sur grand écran, le roman de Mary Shelley a déjà été écorné par tous les bouts pour le meilleur comme pour le pire. Cela n’empêche pour autant pas Hollywood de nous en resservir une couche avec trois nouveaux projets annoncés pour 2015/2016. Le premier d’entre eux s’appelle Docteur Frankenstein et nous vient de la Twentieth Century Fox qui nous a déjà prouvé cette année avec Les 4 Fantastiques et Hitman Agent 47 que cela ne les gênait clairement pas de massacrer des œuvres cultes et populaires et le prouve encore en ce 25 novembre avec la sortie de cette nouvelle relecture signée par le scénariste Max Landis.

AVERTISSEMENT

DES SCÈNES, DES PROPOS OU DES IMAGES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES SPECTATEURS

 

Un bossu maltraité par le cirque qui l’emploie est remarqué par Victor Frankenstein pour ses étonnantes connaissances en médecine. Le scientifique décide de l’accueillir chez lui pour qu’il l’aide à réaliser son rêve de récréer la vie. Désormais baptisé Igor, le jeune homme va être ravi de participer à ses expériences mais va vite déchanter en découvrant que la folie de Frankenstein n’a pas de limites et peut devenir dangereuse…

Dès les premières minutes, Daniel Radcliffe dans le rôle d’Igor nous annonce que l’on connait déjà cette histoire. Pourtant le scénariste Max Landis (Chronicle) a bien secoué le roman de Mary Shelley au point qu’on ne le reconnait franchement plus. Est ce une relecture ou une prequel ? le doute planera durant tout le film. Histoire de donner un peu d’originalité au récit, le réalisateur Paul McGuigan a choisi de suivre le point de vue d’Igor, l’assistant plutôt que celui du créateur. C’est donc principalement pour des raisons marketing que le film a été baptisé Docteur Frankenstein afin d’attirer un maximum de spectateurs.

Docteur Frankenstein

Igor est un personnage qui n’existe pas à l’origine dans le roman de Mary Shelley mais qui est apparu progressivement dans les films avec notamment une présence marquante dans le délirant Frankenstein Junior de Mel Brooks. Si il commence bel et bien en bossu comme on l’a toujours connu, il est rapidement ici soigné de sa difformité afin de devenir un héros convenable de blockbusters décérébrés. Première pilule dure à avaler pour ceux qui espérait un peu de respect pour le mythe de Frankenstein.

L’histoire en elle même fini tout de même par ressembler un peu à ce qu’on connait déjà. Victor Frankenstein expérimente d’abord sur des animaux avant de se lancer dans la conception d’un homme. Mais au lieu de s’intéresser de la relation entre la créature et son créateur, le film préfère suivre les relations tumultueuses entre le docteur et son assistant. Beaucoup de personnages du roman sont totalement absent du récit qui préfère coller un inspecteur de Scotland Yard aux basques de nos héros et remplace Elizabeth par une trapéziste dont Igor est amoureux depuis qu’il l’a vue au cirque. Le roman de Mary Shelley était déjà suffisament complète pour ne pas laisser la place à une prequel. On ne comprend pas du coup où placer cette histoire par rapport au roman.

Docteur Frankenstein

Dans le rôle d’Igor, Daniel Radcliffe est une nouvelle fois épatant. Sa première apparition en tant que bossu maltraité est une vraie réussite prouvant que l’ex-Harry Potter a tout pour devenir un acteur à suivre comme il l’avait déjà prouvé dans Horns. Le rôle titre du Docteur Frankenstein est brillamment tenu par James McAvoy également impeccable comme bien souvent. Cette histoire rajoute une trapéziste, histoire de glisser un rôle féminin. Un rôle donné à Jessica Brown Findlay qui n’aura malheureusement pas grand chose à défendre. Elle est clairement ici pour faire jolie.

Réalisateur de plusieurs épisodes de la série Sherlock, Paul McGuigan a fait appel à trois acteurs de la série dont le remarquable Andrew Scott qui jouait Moriarty et incarne ici l’inspecteur de Scotland Yard qui en veut à nos héros de manière une peu trop acharné. Les fans reconnaîtront aussi Mark Gatiss, créateur de la série et Louise Brealey (Molly) dans de très brèves apparitions. Autre héros de série Charles Dance (Game Of Thrones) trouve ici encore un rôle de père autoritaire en incarnant le baron Frankenstein.

Docteur Frankenstein

 

MON AVIS :

 2/5 

Docteur Frankenstein démarrait plutôt bien. De très belles images, une ambiance victorienne prenante et deux très bons acteurs. La recette était efficace jusqu’à ce que l’histoire se déroule un peu nous laissant de plus en plus perplexe. Un bossu vite remis d’aplomb et un inspecteur de Scotland Yard qui n’a rien à faire là, on réalise vite que le scénariste Max Landis s’est égaré en chemin. Avec un tel casting et une réalisation aussi soignée, on aurait largement préféré voir une adaptation fidèle du roman de Mary Shelley plutôt que ce long métrage dont on arrive jamais à savoir si il s’agit d’un prequel, une origin story ou une relecture. Nous sommes passé pas loin d’un grand film et c’est bien dommage.

 

 

FICHE TECHNIIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Victor Frankenstein
  • RÉALISATEUR : Paul McGuigan
  • AVEC : Daniel Radcliffe, James McAvoy, Jessica Brown Findlay & Andrew Scott
  • SCÉNARISTE : Max Landis
  • MUSIQUE : Craig Armstrong
  • GENRE : Fantastique
  • DURÉE : 1h50
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : 20th Century Fox
  • SITE OFFICIEL : http://www.foxmovies.com/movies/victor-frankenstein
  • DATE DE SORTIE : 25 novembre 2015

 

 

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