Critique Ciné : LES VOIES DU DESTIN de Jonathan Teplitzky

CritiqueCiné2014

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Entre deux comédies, l’acteur Colin Firth renfile de temps en temps sa panoplie à Oscar. Après Gambit et Arthur Newman, le comédien est de retour avec le drame Les Voies Du Destin. A nouveau un film sur la seconde guerre mondiale mais vu cette fois ci du coté du pacifique entre Anglais et Japonais.

 

 

Partageant le même compartiment dans un train Eric et Patty vont faire connaissance le temps d’un voyage en train. En réalisant qu’il est tombé amoureux, Eric va retrouver Patti pour lui avouer ses sentiments. Mariés dans la foulée, Patti va découvrir qu’Eric souffre d’un traumatisme datant de la Seconde Guerre Mondiale. Très secret sur ce qu’il lui est arrivé, elle va tenter de percer son mystère et exorciser ce mauvais souvenir en retrouvant son tortionnaire japonais.

Si on ne compte plus les films sur l’occupation Nazi en Europe par chez nous, les Anglais préfèrent en général raconter ce qui leur est arrivé dans le Pacifique. Après Le Pont Sur La Rivière Kwaï, Furyo ou le moins connu Chungkai, Le Camp Des Survivants, Les Voies Du Destin raconte à nouveau les travaux forcés infligées à l’armée Anglaise en reddition par les forces Japonaises en place. La différence est que ce film prend du recul en suivant Eric Lomax encore traumatisé dans les années 90 et ses souvenirs de l’époque.

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Les Voies Du Destin commence par une belle rencontre amoureuse. On sent une complicité quasi immédiate entre Eric et Patty qui ont pourtant failli se rater. Cette histoire d’amour ne met cependant pas longtemps à basculer dans le drame lorsque le secret d’Eric va mettre une ombre sur leur amour.  Le film bascule alors 50 ans avant pour nous montrer l’enfer que le soldat a connu dans un camp de prisonnier japonais ou reconnu coupable d’avoir fabriqué une radio, il sera torturée pendant plusieurs jours par le même homme.

Ce n’est que dans le troisième acte qu’Eric Lomax retrouve enfin son tortionnaire. On attendait avec impatience de savoir ce que serait capable de faire l’ancien soldat en retrouvant celui qui l’avait froidement torturé. Le film est une réflexion sur la condition humaine, Qu’est ce qui pousse les hommes à s’entre-déchirer ? Une conviction profonde ou bien juste l’obligation d’obéir à des ordres inhumains sous peine de payer de sa vie l’insubordination ?

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Le pire dans tout cela est que Les Voies Du Destin raconte une histoire vraie. Avant de disparaître à 92 ans, l’ancien soldat avait fait paraître ses mémoires qui étaient convoitées depuis par de nombreux acteurs et réalisateurs. C’est finalement le réalisateur australien Jonathan Teplitzky qui a réussi à monter le projet. Un metteur en scène très peu connu en France dont seul son premier film Better Than Sex est sorti en France en 2001. Plutôt qu’adapter à la lettre le livre, le réalisateur a choisi plutôt de s’entretenir avec Eric et Patti. Le résultat n’est pas forcement ultra fidèle à la réalité mais donne une histoire vraiment poignante.

Colin Firth est une nouvelle fois excellent dans le rôle d’Eric Lomax dans les années 90, le rôle de Patti est tenu par une Nicole Kidman transformée dont le rôle plus secondaire lui donne tout de même matière à briller. Le tortionnaire japonais est interprété par Hiroyuki Sanada vu récemment dans Helix où comme dans cette série son apparence dure en fait le salopard idéal capable pourtant d’être finalement touchant. Stellan Skarsgard complète le casting de la partie actuelle de l’histoire dans le rôle d’un autre ancien prisonnier de guerre. Pour la reconstitution de la guerre, c’est une nouvelle garde menée par Jérémie Irvine (Cheval de Guerre) qui a du subir un régime éffrayant pour être crédible en prisonnier.

 

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MON AVIS

3/5

57 ans après Le Pont De La Rivièrere Kwaï, le réalisateur Jonathan Teplitzky revient sur ces événements à travers l’adaptation émouvante du véritable cauchemar traversé par Eric Lomax. Une histoire poignante qui prend l’orientation du drame plutôt que du film de guerre pour souligner le caractère inhumain de ces guerres qui poussent les hommes à se métamorphoser.

 

FICHE TECHNIQUE :

 – TITRE ORIGINAL : The Railway Man

 – REALISATEUR : Jonathan Teplitzky

 – AVEC : Colin Firth, Nicole Kidman & Hiroyuki Sanada

 – SCENARISTE : Frank Cottrell Boyce & Andy Paterson

 – GENRE : Drame, Biopic

 – DUREE : 1h56

 – SITE OFFICIELhttp://www.railwaymanmovie.co.uk/

 – DATE DE SORTIE : 11 juin 2014

A LIRE AUSSI :

 – la critique de ARTHUR NEWMAN avec Colin Firthhttp://xav-b.over-blog.com/article-123643207.html

 – la critique de LE DISCOURS D’UN ROI avec Colin Firthhttp://xav-b.over-blog.com/article-65997781.html

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