Critique Ciné : STOKER de Park Chan-wook

Révélé au grand public par le prix du jury qu’il avait remporté à Cannes pour Old Boy en 2003, le réalisateur Park Chan-wook aura finalement mis dix ans avant de céder aux sirènes hollywoodienne. Alors que son Old Boy est en train de subir un remake signé Spike Lee, le coréen trouve l’occasion de mettre en scène une histoire assez originale pour lui donner envie de tourner ailleurs que dans son pays.

 

INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

 

SYNOPSIS : A la mort de son père, India voit arriver dans sa vie un oncle dont elle n’avait jamais entendue parler auparavant. De manière contradictoire, la jeune fille d’abord méfiante va progressivement se se sentir attiré par cet homme mystérieux.

 

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Avec Stoker, le réalisateur Park Chan-Wook ne fait pas qu’abandonnerer son pays et ses acteurs fétiches mais accepte aussi pour la première fois de réaliser un film dont il n’a pas écrit le scénario. Celui-ci est signé par Wentworth Miller, acteur principal de la série Prison Break qui avait disparu des écrans pour se plonger dans l’écriture. Il serait normal de ressentir un léger  a-priori concernant les capacités du beau gosse à pondre une histoire qui tient la route et ce Stoker est réellement une très bonne surprise.

En fait ce n’est pas l’histoire qui est le plus important dans Stoker mais plutôt la somptueuse réalisation de Park Chan-wook. Chacun des plans du long métrage mériterait que l’on disserte dessus pendant des heures entières. C’est par les images que tout s’exprime et que le mystère s’installe. On est totalement embarqué par cette histoire, bouche bée par la beauté des
images signée par le directeur photo Chung-Hoon Chung qui travaille avec le réalisateur depuis le début. Le montage participe aussi également beaucoup à la réussite de l’ensemble
avec ces plans qui se chevauchent proposant des réalités parallèles.

 

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L’atmosphère du film semble totalement intemporelle. Park Chan-wook semble mélangerer les époques à travers les costumes et les décors. On pourrait par moment se croire à l’époque Victorienne ou dans les années 60 mais les téléphones portables nous situent bien le long métrage à notre époque. Beaucoup de choses reposent sur le non dit et laisse le spectateur
s’imaginer beaucoup de choses avant le dénouement. La scène musicale entre India et son oncle sur l’air composé par Phillip Glass.

C’est l’actrice Mia Wasikowska qui incarne India, la jeune adolescente héroïne de l’histoire. En la voyant dans ce long métrage on comprend mieux ce qu’a pu lui trouver Tim Burton pour lui confier le rôle principal de son Alice Au Pays Des Merveilles. Fragile, sombre et un brin gothique elle colle ici encore plus à l’esprit Burtonien. Sa mère est interprété par Nicole Kidman. Un personnage d’une grande froideur qui nous replonge dans l’ambiance de The Hours ou de The Others. Matthew Goode boucle le casting dans le rôle de l’étrange Oncle Charlie, personnage trop propre pour être honnête réellement glaçant par sa perfection.

Certains perdent leurs âmes en s’aventurant à Hollywood mais Park Chan-wook s’est lui totalement transcendé. Cette aventure lui permet de réaliser son meilleur long métrage à l’image léchée et à l’ambiance incroyable. Une véritable leçon de cinéma à ne surtout pas louper.

 

MON AVIS : 5/5

 

FICHE TECHNIQUE :

  •  – REALISATEUR : Park Chan-wook
  •  – AVEC : Mia Wasikowska, Nicole Kidman & Matthew Goode
  •  – GENRE : Thriller
  •  – DUREE : 1h40
  •  – SITE OFFICIELhttp://www.foxsearchlight.com/stoker/
  •  – DATE DE SORTIE : 1er Mai 2013