Critique Ciné : THE HATEFUL EIGHT, LES 8 SALOPARDS de Quentin Tarantino

 

 

Avec son précédent film Django Unchained, le réalisateur Quentin Tarantino avait relancer bien malgré lui la mode du Western. Ils sont en effet nombreux à lui avoir emboîté le pas avec plus ou moins de réussite. Visiblement pas encore rassasié, Quentin Tarantino a choisi de continuer à explorer le genre avec son huitième film The Hateful Eight, un nouveau western d’un style très différent du précédent puisqu’il se déroule cette fois ci sous la neige.

 

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SYNOPSIS En route pour décrocher la récompense pour la capture de Daisy Domergue, le chasseur de prime John Ruth se voit contraint de prendre dans sa diligence le major Marquis Warren et Chris Mannix qui se dit le nouveau shérif de Red Rocks. Coincé par le blizzard, ils devront passer la nuit dans la Mercerie de Minnie. Sur place, quatre personnes ont aussi été obligés de s’arrêter mais aucune trace de Minnie ce qui va mettre immédiatement le doute à John Ruth qui ne compte pas se faire voler sa récompense par qui que ce soit…

Pour son huitième film, Quentin Tarantino continue à se faire plaisir en peaufinant sa vision du western. Il a en effet choisi de tourner ce long métrage comme à l’age d’or du genre en ressortant des caméras Ultra Panavision 70mm qui n’avaient plus été utilisé depuis 1966. Cela donne une image plus large et plus belle à condition d’en profiter dans un cinéma le projetant dans les mêmes conditions avec entracte à la clé et huit minutes supplémentaires. Pour la touche finale, le réalisateur a même réussi à convaincre le compositeur Ennio Morricone de lui écrire une musique originale alors que celui ci avait juré de ne plus faire de musique pour un western.

The Hateful Eight, Les 8 Salopards

Conçu initialement comme la suite de Django Unchained, ce nouveau long métrage a finalement très vite changé de héros car il proposait vraiment un tout autre type de western. A la place de Django a été inventé le personnage du Major Marquis Warren, autre cowboy noir qui permettra encore au réalisateur de pointer du doigt le racisme de cette période post guerre de sécession. Comme à son habitude, il a découpé son long métrage en chapitres dévoilant en prenant tout son temps son intrigue passant du western classique au « whodunnit » à la Agatha Christie avec un suspense à couper au couteau.

Là où The Hateful Eight diffère grandement de Django Unchained, c’est dans le fait qu’il délaisse rapidement les grands espaces du Far West pour tourner au huis clos rappelant farouchement Reservoir Dogs, le premier film de Quentin Tarantino. Déjà à l’époque, le réalisateur avait pour influence le film d’horreur The Thing de John Carpenter pour ce premier film et c’est avec la même influence qu’il a eu l’idée de The Hateful Eight en pouvant cette fois ci y inclure le blizzard et le même acteur principal Kurt Russell. Avec son ambiance pesante soulignée par le thème d’Ennio Morricone et ses règlements de compte gores, Quentin Tarantino considère le film comme son premier film d’horreur.

The Hateful Eight, Les 8 Salopards

Après avoir joué le cascadeur serial killer de Boulevard De La Mort, Kurt Russell retrouve Quentin Tarantino pour tenir le rôle principal du chasseur de prime John Ruth. Un cowboy bourru sur la défensive pour lequel l’acteur s’est inspiré en partie de son rôle de Snake Plissken dans New York 1997. Il est enchaîné à sa dernière prise Daisy Domergue joué par une Jennifer Jason Leigh a moitié folle et très drôle surtout lorsqu’elle s’en prend plein la figure. Le réalisateur offre à Samuel L. Jackson le rôle quasi aussi important du Major Marquis Warren où l’acteur peut utiliser le potentiel complet de sa coolitude éternelle et de sa gouaille Tarantinienne. La diligence est complétée par Walton Goggins, acteur moins connu mais qui gagne à le devenir dans le rôle du prétendu shérif de Red Rocks. On avait déjà pu le voir dans Django Unchained dans un petit rôle d’homme de main, il est cette fois ci un second rôle qui prendra du grade au fur et a mesure que le film s’écoule.

Comme si les ressemblances avec Reservoir Dogs n’étaient suffisamment pas évidentes, Quentin Tarantino a fait appel à Tim Roth et Michael Madsen pour incarner deux des intrigants résident de la Mercerie. Le premier se présente comme Oswaldo Mobrey, le bourreau de Red Rock, avec ses manières et son accent anglais, il fait penser à Christoph Waltz, absent de ce long métrage. Le second joue Joe Gage, cowboy pur souche et peu bavard. Déjà à l’affiche de Django Unchained, Bruce Dern incarne un vieux soldat confédéré qui n’appréciera pas l’arrivée du Major. Leur échange sera l’un des moments phare du long métrage. Enfin le dernier des Hateful est Demian Bichir, vu dans Machete Kills, qui incarne un mexicain plus que suspect.

The Hateful Eight, Les 8 Salopards

 

MON AVIS :

 5/5 

Dire qu’on a failli jamais ne voir ce Hateful Eight après la fuite de son scénario sur Internet, cela aurait été franchement dommage. Fort heureusement, Quentin Tarantino est revenu sur sa décision et c’est avec une version retravaillée qu’il signe ici un nouveau western bien supérieur au précédent. Le réalisateur continue à se faire plaisir et à nous réjouir en même temps en incluant tout ce qu’on aime en lui dans ce nouveau long métrage. Des acteurs au top, des dialogues ciselés, une réalisation magnifique, de l’humour et des effusions de sang franchement gore, il n’en fallait pas plus pour signer un nouveau chef d’oeuvre.

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : The Hateful Eight
  • REALISATEUR : Quentin Tarantino
  • AVEC : Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh & Samuel L. Jackson
  • SCENARISTE : Quentin Tarantino
  • MUSIQUE : Ennio Morricone
  • NATIONALITE : Américain
  • DISTRIBUTEUR : SND
  • SITE OFFICIEL : http://thehatefuleight.com/
  • DATE DE SORTIE : 6 janvier 2016

 

 

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