GHOSTLAND de Pascal Laugier [Critique Ciné]

Ghostland

 

Après les surestimés Martyrs et The Secret, Pascal Laugier est de retour avec le brutal Ghostland qui, allez savoir pourquoi, a réussi à remporter le grand prix au Festival de Gerardmer malgré sa médiocrité.

 

INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS

 

 

SYNOPSIS : Ayant hérité de la maison de sa tante, Pauline décide de s’y installer avec ses deux filles Vera et Beth. Mais à peine arrivée sur place, elle vont se faire agresser par deux intrus. Alors qu’elle pensait avoir surmonté ce drame, Beth finira par réaliser que le cauchemar est loin d’être fini.

 

Visiblement cela ne valait pas le coup d’aller au Festival de Gerardmer cette année. Il suffit de regarder le palmarès pour s’en assurer. Comment un film comme Ghostland a pu remporter le Grand Prix, le Prix Du Jury et le Prix du Jury Syfy si ce n’est par pur chauvinisme alors qu’on trouvait aussi en compétition Le Secret Des Marrowbone ? L’engouement autour du réalisateur Pascal Laugier est inexplicable depuis le succès de Martyrs, torture porn gratuit sans aucun intérêt qui a mystérieusement séduit des spectateurs dans le monde entier alors qu’il n’avait rien d’original. Dix ans plus tard, il remet le couvert avec ce qui est annoncé comme le cousin de Martyrs qui partage le point commun d’être tout aussi raté. Pour vous expliquer pourquoi, ça va spoiler alors n’allez pas plus loin si vous comptez malgré tout voir le film.

 

Ghostland

 

Si Ghostland est raté c’est tout simplement qu’il s’agit d’une grosse arnaque. Au début, on observe cette histoire en remarquant toutes les références et emprunts effectués par Pascal Laugier. En citant Lovecraft et Rob Zombie dans ses dialogues, on pourrait penser que le film part sur de bonnes bases. Mais si le réalisateur connait bien les codes de l’horreur, il ne sait clairement pas les utiliser. Sa maison digne d’un cabinet de curiosités pleine de poupées est tellement chargée qu’elle n’en est pas crédible. Et que dire de ces « Jumpscares » totalement artificiels tellement téléphonés qu’ils ne provoqueront que notre ennui. Même la bande originale est mal exploitée à tenter de provoquer l’angoisse là où il n’y a pas lieu d’être. Puis vient l’attaque, deux tueurs un gros bébé débile et pédophile et un maigre travelo qui vont s’en prendre à la mère et aux deux filles. Cette attaque s’achève par une mère courage qui arrive par miracle à se débarrasser des deux psychopathes sans que cela paraisse vraiment crédible sachant que les deux psychopathes n’en sont pas à leur coup d’essais et terrorisent la région depuis longtemps.

Sans qu’on remarque aucune différence dans les décors et la réalisation, le film passe ensuite seize ans plus tard, les ados ont grandi et l’intello Beth a réalisé son rêve en devenant une auteur de romans horrifiques à succès. Sans aucune indication de temps, on comprend qu’elle n’est pas retourné voir sa mère et sa sœur Vera restée traumatisée depuis des années mais va subitement voler à leur secours après un coup de film alarmant. Les retrouvailles avec la mère seront touchantes mais l’état de la sœur inquiète car elle tape des crises vraiment étranges. Puis sans savoir par qui Beth est brutalement assommée. C’est ce que nous raconte toute la première partie du film quand subitement arrivera le twist le moins crédible du monde. Toute la partie du film se déroulant seize ans plus tard n’est que le fuit de l’imagination de Beth ! Elle est en fait toujours une jeune fille qui aurait refoulé l’agression et qui serait restée prisonnière des deux psychopathes qui ont en vérité tué la mère. On s’est fait tellement baladé par le réalisateur que l’on passera bien cinq minutes à ne plus rien comprendre et à chercher à faire du coup le tri entre le vrai et le faux tout en se disant que cela est tout à fait impossible.

 

Ghostland

 

Le reste du film renouera avec le torture porn de Martyrs en montrant les deux filles quasiment méconnaissables tellement elles ont été défigurées. On assistera impuissant aux attouchements du gros pédophile et aux coups qui pleuvent sans espoir pour elles. Il n’y a pas d’héroïnes fortes comme dans la plupart des films d’horreur mais juste deux victimes impuissantes face à ces deux monstres de foire ridicules qui ne provoqueront aucun frisson mais juste du dégoût. Il faut croire que Pascal Laugier a un sérieux problème avec les femmes pour aimer les voir se faire tabasser en permanence. Le sauvetage, même si il est lui aussi ridicule, viendra comme un soulagement tant on en avait marre de cette violence gratuite.

Il y a certainement beaucoup de spectateurs qui iront voir Ghostland juste  pour voir la chanteuse Mylène Farmer faire son retour au cinéma vingt quatre ans après le bide de Giorgino. Forcement ils seront déçus de voir qu’elle n’a au fond qu’un petit rôle qui ne méritait certainement pas de faire une interview au journal de 20h00. Crédible en mère aimante, on aura plus de mal à y croire lorsqu’elle va sauter sur les agresseurs. Et que dire de cet accent anglais très étrange qui la rend difficilement compréhensible à coté des vraies actrices américaines. Les vrais personnages principaux du film sont les deux actrices qui jouent les filles encore adolescentes. Emilia Jones vue dans l’excellent Brimstone joue l’intello Beth et Taylor Hickson joue la rebelle et traumatisée Vera vue dans Deadpool qui aura payé cher le gout du torture porn du réalisateur en restant balafrée à vie à la suite d’un accident sur le tournage. Très crédible dans leur rôles, on aura vraiment mal pour elle. Crystal Reed vue dans Teen Wolf incarne la Beth adulte et libérée des tourments tandis que Anastasia Philips jouera la Vera adulte dans un prestation vraiment habitée et remarquable.

 

Ghostland

 

Si on ne donnait pas cher de Ghostland à la vue de la filmographie de Pascal Laugier, le résultat reste tout de même vraiment décevant tant on aimerait voir de bons films d’horreur en France.  le cinéaste qui s’imagine pouvoir rivaliser avec Tobe Hooper, Rob Zombie ou James Wan n’en a en fait absolument pas les capacités. A moins d’être particulièrement détraqué Il n’y a aucun plaisir à voir des jeunes femmes se faire tabasser sans échappatoire. Ce n’est pas tout de vouloir copier les meilleurs, il fait aussi savoir digérer ses influences pour proposer quelque chose d’original et d’intelligent. Ce n’est clairement pas le cas de ce scénario qui ballade le spectateur avant de montrer une histoire absolument pas crédible. Si vous voyez une message dans ces scènes de torture gratuites tant mieux pour vous, mais si vous cherchiez simplement de véritables frissons, Ghostland n’est clairement pas le film qu’il vous faut.

 

MON AVIS : 0/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Pascal Laugier
  • AVEC : Emilia Jones, Taylor Hickson, Mylène Farmer, Crystal Reed & Anastasia Phillips
  • SCÉNARISTE : Pascal Laugier
  • COMPOSITEURS : Todd Bryanton, Georges Boukoff, Anthony D’Amario et Ed Rig
  • GENRE : Epouvante – Horreur
  • DURÉE : 1h31
  • NATIONALITÉ : Français, Canadien
  • DISTRIBUTEUR : Mars Films
  • SITE OFFICIELhttp://www.marsfilms.com/film/ghostland/
  • DATE DE SORTIE : 14 mars 2018