I FRANKENSTEIN de Stuart Beattie [Critique Ciné]

 

Sentant avoir fait le tour de toutes les possibilités de la franchise Underworld, Deux de ses producteurs ont décidés d’adapter une autre bande dessinée de son créateur Kevin Grevioux. Une nouveau conflit millénaire mettant en scène cette fois ci Gargouilles contre Démons pour lequel la créature créée par Viktor Frankenstein est au centre de tous les intérêts.

 

DES SCENES, DES PROPOS OU DES IMAGES PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES SPECTATEURS

 

Débarrassé du créateur qui s’était mis en tête de le détruire, la créature de Frankenstein se fait attaquer par des démons. L’intervention bénéfique des Gargouilles va lui sauver la vie. Leur Reine décide de le nommer désormais Adam et elle aimerait bien en faire un puissant allié. Plutôt du genre solitaire, il préfère s’isoler pendant deux cents ans. Mais lorsqu’il se rend compte que les démons sont encore après lui, il décide de leur régler leur compte une bonne fois pour toute en trouvant leur chef Naberius.

Il ne faudra qu’environ deux minutes au réalisateur Stuart Beattie  pour nous résumer à l’arrache l’histoire de Frankenstein au début du film. Un temps très court pour nous expliquer la genèse du monstre et la fin de l’histoire telle que l’avait imaginée Mary Shelley et dont on se souvient tous. Issu de l’imagination de Kevin Grevioux (créateur, scénariste, producteur et acteur) la suite de cette histoire risque fortement de surprendre voir choquer les fans de cette créature d’anthologie. D’autant plus lorsqu’une vulgaire guerrière gargouille se permettra de reprendre LA célèbre réplique « It’s Alive » en guise de clin d’oeil lourdingue.

Quelle mouche a donc bien pu le piquer pour aller transformer le Monstre de Frankenstein en héros d’un film d’action décérébré ? et pourquoi donc le place à nouveau dans un improbable conflit aussi dénué d’intérêt que la guerre entre Vampires et Lycans de la saga Underworld ? C’est un peu prendre les spectateurs pour des imbéciles d’oser leur servir quasiment la même intrigue sous un autre nom ! d’autant plus que le chef des démons est une nouvelle fois interprété par Bill Nighy, déjà à la tête des vampires d’Underworld. Cela sent sérieusement le réchauffé.

Et pourquoi avoir donné le rôle de ce monstre à Aaron Eckhart ? Certes l’acteur a joué brillamment l’un des plus célèbres ennemis de Batman mais il est loin d’avoir la carrure d’un Boris Karloff pour oser se frotter au mythe ! D’autant plus que dans cette histoire, la créature semble rapidement développer un don quasi naturel pour la castagne avec des bâtons. En plus en dehors de quelques cicatrices on a pas vraiment l’impression de voir un monstre vraiment effrayant constitué de morceaux de cadavres. Du grand n’importe quoi qui nous fera regretter très rapidement d’être aller voir ce film.

L’imposant budget du long métrage permet de nous en mettre plein la vue avec des décors réussis et des effets spéciaux numériques qui tiennent bien la route. Quelle idée en revanche d’affubler les démons de ridicules masques en caoutchouc qui semble être sorti tout droit d’une vulgaire boutique de déguisements ou d’un épisode de Buffy Contre Les Vampires. Au lieu de faire peur, c’est plutot des éclats de rires qui risquent de s’échapper de la salle à chaque transformation. Et pourquoi les gargouilles du film garde toujours un aspect pierre lorsqu’elles s’animent alors qu’elles ne sont justement pas des statues ?

I, Frankenstein fait surtout de la peine pour ses acteurs. On a du mal à les imaginer croire vraiment à ce qu’ils disent ou font tant cette histoire est d’une débilité sans bornes. On a un peu l’impression qu’ils sont là parce qu’ils ont besoin de manger. Des comédiens dont on sait plus trop quoi faire comme Miranda Otto (Le Seigneur Des Anneaux) en Reine des Gargouilles ou Jai Courtney, fils de John McLane dans Die Hard 5 en guerrier Gargouille, et des actrices sexy et inconnus pour faire jolie comme Caitlin Stasey ou Ivonne Strahovski (Dexter).

 

MON AVIS

1/5

Le premier mot pour résumer ce film est Pourquoi ? Le film de Stuart Beattie fera effectivement se poser beaucoup de question face à un tel ratage. Même avec des clins d’oeils appuyés au film de 1931, Mary Shelley doit elle se retourner dans sa tombe de voir son personnage ainsi maltraité.

 

FICHE TECHNIQUE :

  •  – REALISATEUR : Stuart Beattie
  •  – AVEC : Aaron Eckhart, Bill Nighy & Yvonne Strahovski
  •  – SCENARISTE : Kevin Grevioux
  •  – GENRE : Action / Fantastique
  •  – DUREE : 1h33
  •  – MUSIQUE : Reinhold Heil
  •  – SITE OFFICIELhttp://www.ifrankensteinfilm.com/
  •  – DATE DE SORTIE : 05 Février 2014