KIN : LE COMMENCEMENT de Josh et Jonathan Baker [Critique Ciné]

 

Kin : Le Commencement

 

Fort du  succès de la série Stranger Things, le producteur Shawn Levy squattent les salles de ciné avec des projets pour jeunes adultes. Un mois à peine après The Darkest Minds : Rébellion, voici venir Kin : Le Commencement. Un film de science fiction qui espère déjà devenir une franchise à succès mais à la vu du résultat ce n’est vraiment pas sûr qu’il y arrive…

 

 

SYNOPSIS : A la recherche de ferrailles à revendre,  le jeune Eli découvre par hasard un véritable champ de bataille dans une usine désaffectée.  A coté du cadavre d’un mystérieux soldat casqué, il trouvera une arme futuriste qu’il s’empressera de ramener chez lui. Il lui trouvera rapidement une utilisation pour défendre son frère, tout juste sorti de prison, des griffes du cruel Taylor Balik à qui il doit une forte somme. Mais l’utilisation de cette arme va s’avérer source d’ennuis encore plus grand.

 

Autant vous prévenir tout de suite, Kin : Le Commencement est probablement la plus grosse arnaque cinématographique de cet été. Vendu à grand renfort d’affiches copiant le style des films de Spielberg et Lucas, ce long métrage qui sort un peu de nul part voudrait connaître le même succès surprise que Seven Sisters l’année dernière. Vu qu’il n’a pas été présenté à la presse en avance, la seule accroche de l’affiche nous vient de W9 qui comme le distributeur du film SND fait parti du groupe M6. Après le « Vous ne devinerez jamais la fin » de Seven Sisters, on voudrait nous faire croire qu’en sortant de la salle « nous n’aurons qu’une envie : connaître la suite ». Cela en dit tout de suite long sur la qualité du film dont on comprend du coup qu’il nous laissera sur un cliffhanger. Mais cela n’est il pas carrément abusé lorsqu’on est totalement incertain de voir un jour cette fameuse suite qui n’est même pas encore entrée en production ? Visiblement le succès de Stranger Things est monté à la tête du producteur Shawn Levy qui confond maintenant série télé et films de cinéma.

 

Kin : Le Commencement

 

A l’origine Kin : Le Commencement s’inspire du court métrage Bag Man que les deux réalisateurs du film Josh & Jonathan Baker avaient réalisé en 2004. De ce court métrage on retrouve ici le même jeune héros noir, son grand sac, l’arme futuriste, un fond social et une bande de gangsters. Après une première scène qui montre que le budget effets spéciaux se résume à l’achat d’un logiciel After Effect tant elle se consiste simplement en une série de tirs de lasers et une grosse explosion ratée sans voir un seul combattat. Passé cette première scène, c’est plus un drame social qu’un film de science fiction que semblent avoir voulu faire Josh & Jonathan Baker. Le long métrage se traîne déjà en longueur pour nous présenter la famille du héros qui vit dans une ville frappée par la misère avec son père, les souvenirs d’une mère décédée il y a quelques années et un frère qui vient tout juste de sortir de prison. Un jeune héros noir dans une famille de blancs on comprendra avant même qu’on nous l’explique qu’il est adopté et que cela aura forcement un intérêt plus tard dans le film tant le scénario est cousu de fil blanc.

Tardant toujours à devenir le film de science ficition que nous étions venu voir, Kin : Le Commencement prend par la suite la tournure d’un simple film de gangsters car l’intrigue tourne plus autour de la bande à qui le grand frère doit de l’argent et qui viendra leur faire régulièrement la misère forçant nos héros à partir sur les routes. Ce n’est qu’à de très rares occasions que les deux espèces de Daft Punk à la recherche de la mystérieuse arme retrouvée par Eli feront de brèves apparitions. La plupart de leurs scènes sont même déjà dans la bande annonce et le film ne nous réservera aucune surprise. Il se contente d’être simplement un simple épisode d’exposition qui se traîne en longueur et multiplie les scènes de dialogues inutiles au lieu de faire avancer l’intrigue. Comme prévu c’est la dernière scène qui sera source d’une révélation totalement prévisible voir même ridicule qui serait censée nous donner envie de voir la suite mais il faudrait vraiment bête pour se laisser encore piéger par des producteurs plus soucieux de se faire un maximum d’argent sur le dos des spectateurs que de proposer un spectacle à la hauteur.

 

Kin : Le Commencement

 

Le long métrage des frères Baker n’est clairement pas aidé par son casting. On sent que comme pour The Darkest Minds, le producteur Shawn Levy a voulu engager un acteur noir pour tenir le premier rôle pour coller à la mode suite au succès de Get Out et Black Panther. C’est au jeune inconnu Myles Truitt, aperçu dans quelques séries télés comme Queen Sugar, qu’il a confié le premier rôle. C’est peut être parce qu’il était très bon en grand frère dans Sing Street que Jack Reynor se voit confié le même rôle ici. Dommage que son personnage soit si antipathique à enchaîner les mauvais choix. Ils finiront par entraîner avec eux Zoe Kravitz dans le rôle d’une danseuse aux allures de prostituées crade pas plus attachante.

C’est à se demander ce qu’est venu faire James Franco dans Kin, Le Commencement. Il tient ici le rôle du cruel chef des gangsters qui fera plus la misère au trio que les « extra-terrestres » censés être à leurs trousses. C’est probablement pour financer ces propres projets qu’il est venu faire le strict minimum ici. Autre nom prestigieux au casting, celui de Dennis Quaid qui joue le père des deux frangins qu’il élève à la dur sans avoir les résultats escomptés. Un troisième acteur désormais célèbre fera son apparition dans le fameux cliffhanger mais ce n’est pas sur que ce soit suffisant pour vraiment avoir envie de voir cette suite.

 

Kin : Le Commencement

 

Sans aucune surprise, Kin : Le Commencement est exactement ce à quoi on s’attendait. Un blockbuster fainéant sans aucune originalité dans son scénario et qui n’a même pas les moyens de s’offrir des effets spéciaux décents. Porté par un casting totalement ennuyeux, ce n’est pas avec cela que le producteur Shawn Levy nous donnera envie de découvrir la suite si elle est du même niveau. On sort de la projection en se disant plutôt vivement la troisième saison de Stranger Things.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

BONUS : le court métrage Bag Man qui a inspiré le film

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Kin
  • RÉALISATEURS : Josh & Jonathan Baker
  • AVEC : Myles Truitt, Jack Reynor, Zoë Kravitz, Dennis Quaid & James Franco
  • SCÉNARISTE : Daniel Casey sur une idée de Jonathan & Josh Baker
  • COMPOSITEUR : Mogwai
  • GENRE : Science Fiction
  • DURÉE : 1h43
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : SND
  • SITE OFFICIEL :  https://www.kin.movie/
  • DATE DE SORTIE : 29 août 2018