MIKE PORTNOY’S SHATTERED FORTRESS – LE TRIANON, PARIS – 01/07/2017 [Chronique Concert]

 

Mike Portnoy's Shattered Fortress - Paris, Le Trianon - 01/07/2017

 

A l’occasion de ses cinquante ans, Mike Portnoy revient enfin à la musique de Dream Theater pour interpréter pour la première fois l’intégralité de la Twelve Step Suite dans le cadre d’une tournée exceptionnelle qui passait par Paris ce samedi 1er juillet dans la prestigieuse salle du Théâtre du Trianon.

 

 

 

Sept ans que les fans de Mike Portnoy espéraient voir le batteur renouer avec la musique de Dream Theater. Viré sans ménagement en 2010 parce qu’il voulait que le groupe fasse un break après de nombreuses années de tournées intenses et d’enregistrements d’albums, le musicien n’a jamais eu l’occasion de jouer dans son intégralité la Twelve Step Suite qui lui tenait tant à cœur car elle relate son combat contre l’alcoolisme en cinq chansons dont la première était parue sur l’album Six Degrees Of Inner Turbulence et la cinquième sur son dernier album avec le groupe Black Clouds & Silver Lining. Initialement c’est dans le cadre d’une soirée unique organisée pour ses cinquante ans que Mike Portnoy avait choisi de réunir quelques amis musiciens pour enfin jouer cette suite au moins une fois dans son intégralité. Face à l’engouement provoqué par cette annonce ce concert unique s’est transformé en une tournée exceptionnelle de seulement treize dates à travers le monde qui par chance passait par Paris ce 1er juillet 2017 dans la salle du Théâtre du Trianon. Pour l’occasion,  Mike Portnoy a offert la première partie de cette tournée à Next To None, le groupe de son fils Max qui officie lui aussi à la batterie.

 

 

NEXT TO NONE

 

Next To None

 

Alors qu’ils sont sur le point de sortir leur second album la semaine prochaine, le jeune groupe Next To None, formé il y a peine quatre ans, avait déjà l’honneur de chauffer le Trianon pour le retour de Mike Portnoy. C’est un peu la fête de la batterie en ce 1er juillet car tous les yeux des fans étaient sans aucun doute rivés sur le batteur de Next To None qui n’est rien d’autre que le propre fils de Mike Portnoy. Dès l’intro, on entend d’ailleurs que lui écrasant tous les autres instruments mais fort heureusement la balance s’équilibrera rapidement pour le reste de leur prestation. Il faut dire que le jeune batteur frappe fort et qu’il n’y aurait presque pas besoin de la sonorisation pour l’entendre.

Next To None officie aussi dans le metal progressif mélangeant sans hésitation n’importe quel style musical comme pouvait le faire Dream Theater. Une musique pas évidente pour chauffer le public car en dehors peut être de quelques fans irréductibles de Mike Portnoy qui auraient eu la curiosité d’écouter la musique de ce groupe, c’est ce soir que la plupart des spectateurs vont vraiment découvrir ces musiciens. Il ne faut clairement pas se fier à leur jeune age car le quatuor maîtrise clairement ses instruments. En revanche c’est la construction des titres qui manque un peu de structure. Au lieu de mélanger tous les genres dans chaque morceau, il aurait peut être été bon de couper les titres pour les rendre plus homogènes. La voix du chanteur et claviériste Thomas Cuse se montre encore un peu faible en voix claire mais elle est beaucoup plus convaincante lorsqu’elle devient plus guttural sur les passages les plus violents.

 

Next To None

 

 

MIKE PORTNOY’S SHATTERED FORTRESS

 

Mike Portnoy's Shattered Fortress - Paris, Le Trianon - 01/07/2017

 

Peu de temps après que la scène soit débarrassé du matériel de Next To None, c’est au tour de Mike Portnoy d’investir la place. Comme à la grande époque de Dream Theater c’est sur le thème de Psychose que commence le concert suivi du titre Regression de la tournée anniversaire des vingt cinq ans du groupe qui compile plusieurs extraits de titres. C’est finalement sur les titres Overture 1928 et Strange Déjà Vu de l’album Scenes From A Memory que commence enfin les festivités avant de se poursuivre par The Mirror issu du second album Awake.

Après cette mise en bouche qui met tout de suite dans l’ambiance, les choses sérieuses commencent après un petit discours du batteur. Le groupe enchaîne alors ce qu’on était tous venu découvrir la fameuse Twelve Steps Suite. Elle débute par le titre The Glass Prison issue de Six Degrees Of Inner Turbulence qui s’enchaîne directement avec This Dying Soul parue sur Train Of Thoughts. C’est au tour ensuite du titre The Root Of All Evil issu d’Octavairum de continuer à  nous en mettre plein la vue. Puis vient le temps de calmer le jeu avec la ballade Repentance issue de Systematic Chaos où en plus de rester derrière les fûts, Mike Portnoy se chargera aussi prendre le chant avec autant de brio que pouvait le faire à l’époque James Labrie. Dans les projections derrière lui on peut voir tous les musiciens et amis qui avaient prêté leurs voix à ce titre pour raconter leur croisade contre l’alcool. Alors qu’on ne les avait pas forcement reconnu sur le disque, on sera surpris de les découvrir ainsi à visage découvert. Il est temps ensuite du grand final de cette Twelve Step Suite avec le titre The Shattered Fortress  extrait de Black Clouds & Silver Linings qui reprend plusieurs thèmes des précédents titres  pour un final en apothéose.

 

Mike Portnoy's Shattered Fortress - Paris, Le Trianon - 01/07/2017

 

Après ces huit titres, il est déjà temps pour les rappels. C’est l’album Scenes From A Memory, probablement le plus abouti de tous les disques de Dream Theater, qui est à l’honneur avec pas moins de trois titres enchaînés Home, The Dance Of Eternity et Finally Free joués de main de maître avec en arrière plan toutes les projections de l’époque comme si c’était vraiment Dream Theater qui était sur scène ce soir. Le seul reproche que l’on pourra faire à cette soirée mémorable est sa trop courte durée, Mike Portnoy nous ayant habitué aux concerts fleuves dépassant les trois heures. Mais avec ses musiciens d’emprunt, il ne pouvait certainement pas se permettre de leur faire apprendre tout le répertoire de Dream Theater. Ce n’est certainement que partie remise.

C’est entouré du guitariste Eric Gillette qu’il côtoie déjà dans le Neal Morse Band et de l’intégralité du groupe Haken, à l’exception bien sur de son batteur, que Mike Portnoy  a choisi de venir revisiter le répertoire de Dream Theater avec la plus grande fidélité. Comme à la grande époque où il était encore dans le groupe, nos yeux ont tendance à rester rivés sur le fabuleux batteur qui en plus de rythmer les chansons se permet aussi de mettre l’ambiance en dirigeant le public comme un véritable chef d’orchestre. Si Mike Portnoy manque désormais cruellement aux prestations de Dream Theater, on peut dire que ce soir aucun des autres musiciens du groupe ne nous a manqué tant ils ont su être remplacé à la perfection. Certes il aura fallu curieusement trois guitaristes pour remplacer le seul John Petrucci avec Eric Gillette assurant les solos et les deux guitaristes Richard Henshall et Charlie Griffiths  d’Haken assurant les rythmiques. Conner Green à la basse et Diego Tejeida aux claviers assurent également sans peine leur partie, le claviériste se permettant aussi de venir sur le devant de la scène avec sa guitare synthé comme peut le faire Jordan Rudess. Quand au chant il y a de quoi se demander si Ross Jennings n’est pas carrément meilleur que James Labrie. Eric Gillette assurera aussi avec brio certaines parties de chant.

 

Mike Portnoy's Shattered Fortress - Paris, Le Trianon - 01/07/2017

 

Comme Roger Waters qui a démontré avec la tournée The Wall qu’il peut largement se passer des autres membres de Pink Floyd, Mike Portnoy démontre sans peine qu’il est vraiment l’âme de Dream Theater. Si on pouvait craindre que le show ait des allures de tribute band, ce concert est au contraire une énorme claque qui prouve que le batteur n’aurait jamais dû hésiter à s’emparer du catalogue de son ancien groupe pour continuer l’aventure sans ses vieux camarades. Il faut saluer au passage le travail époustouflant de ses nouveaux compagnons de scène qui assurent une prestation sans failles même dans les moments de bravoure et les solos les plus complexes. Désormais ce n’est plus son retour dans Dream Theater que l’on attend mais son émancipation totale qui viendra peut être avec son nouveau projet progressif avec Derek Sherinian que l’on pourra découvrir sur scène l’année prochaine.

 

MON AVIS  : 5/5

 

SETLIST :

  • 01. Overture 1928
  • 02. Strange Déjà Vu
  • 03. The Mirror

Twelve-step Suite :

  • 04. The Glass Prison
    • I. “Reflection”
    • II. “Restoration”
    • III. « Revelation »
  • 05. This Dying Soul
    • IV. “Reflections of Reality (Revisited)”
    • V. « Release »
  • 06. The Root of All Evil
    • VI. “Ready”
    • VII. « Remove »
  • 07. Repentance
    • VIII. “Regret”
    • IX. « Restitution »
  • 08. The Shattered Fortress
    • X. “Restraint”
    • XI. “Receive”
    • XII. « Responsible »

Rappel :

  • 09. Home
  • 10. The Dance Of Eternity
  • 11. Finally Free