OKJA de Bong Joon-ho [Critique Ciné]

 

Okja

 

Après avoir suscité la polémique bien malgré lui, Okja, le nouveau film de Bong Joon-ho est enfin disponible en exclusivité sur Netflix et lors de séances spéciales au cinéma.

 

 

SYNOPSIS : Alors que la faim dans le monde touche de plus en plus de monde, l’entreprise Mirando à trouvé la solution en inventant une race de cochons géants qui pourrait permettre de nourrir les populations. Dix ans après avoir envoyé des spécimens dans tous les coins du globe, la multinationale cherche à récupérer le plus beau spécimen pour sa promotion. C’est Okja élevé en Corée qui gagne le concours mais pour la jeune Mija avec lequel elle a grandi, il est hors de question de laisser partir son seul ami à New York. Dans sa quête pour sauver Okja, elle pourra compter sur un groupe de militants pour la défense des animaux bien décidés à sauver ces cochons géants.

 

Le voici ci enfin ce fameux Okja qui a fait couler tant d’encre durant le Festival de Cannes ! Généralement lorsqu’un film créé la polémique à Cannes c’est par son contenu sulfureux mais là ce n’est pas vraiment le film qui est en cause mais son producteur et diffuseur Netflix, invité pour la première fois en compétition au Festival de Cannes avec deux longs métrages. Cela n’était en effet pas du goût des petits exploitants de salles qui comptent généralement sur les film de Cannes pour remplir leur salles. Ce n’est pourtant pas Netflix qui est fautif dans cette affaire mais la loi française sur la chronologie des médias qui oblige la plateforme de SVOD à respecter un délai de trois ans avant de pouvoir proposer un film sorti en salles en France. Ne souhaitant pas priver ses clients français de l’un de leur plus gros long métrage pendant tout ce temps, Netflix n’a pas voulu sortir le film au cinéma comme cela leur était demandé mais directement ce mercredi 28 juin 2017 sur son service.

 

Okja

 

C’est d’autant plus idiot d’en vouloir à Netflix qu’Okja n’aurait peut être jamais vu le jour si le géant du streaming ne l’avait pas produit. On devrait en effet plutôt les remercier de nous offrir l’opportunité de découvrir le nouveau film de Bong Joon-h00 qui n’en a visiblement pas fini avec son aventure américaine après Snowpiercer, Le Transperceneige. Avec Okja, il renoue avec le film de monstre comme dans The Host qui l’avait fait connaître mais c’est en fait ici un monstre tout gentil puisqu’il s’agit simplement d’une nouvelle race de cochons géants censé être la solution à la faim dans le monde. Rappelant beaucoup le récent remake live de Peter & Elliott Le Dragon mais aussi par moment le dessin animé Mon Voisin Totoro, Okja est une nouvelle histoire d’amitié entre un enfant et une créature étrange que les adultes ne comprennent pas et lui veulent forcement du mal.

Malgré un pitch vu et revu maint fois, le réalisateur Bong Joon-Hoo arrive tout de même à nous étonner avec ce nouveau film. Après une courte scène d’introduction pour situer l’histoire, Okja ressemble dans sa première partie à un film coréen où l’on suit la jeune Mija âgée de 14 ans dans son quotidien avec son grand père qui l’élève et son cochon géant baptisé Okja dans un paysage de montagne. Leur quotidien va être bouleversé par l’arrivée des américains à l’origine de la création du cochon géant qui veulent le récupérer. Souhaitant sauver son ami elle bascule dans la seconde partie dans un film plus américain où tout le monde sauf elle parle désormais anglais et se déroulant dans un univers urbain entre Seoul et New York.

 

Okja

 

Si nous sommes passé pas loin d’un très grand film, le rythme du film plombe l’ensemble.  Se déroulant sur un rythme plutôt lent avec pas mal de tunnels de dialogue, le film est cependant sauvé par des passages de comédies ou d’action trépident qui relèvent l’ensemble. Question effets spéciaux nous sommes bien servis car certaines scènes mettant en scène Okja sont particulièrement réussies comme une incroyable course poursuite dans Seoul. Alors certes la créature n’est pas toujours bien incrusté à l’image mais l’ensemble est tout de même un grande réussite avec une véritable interaction entre Okja et les acteurs live.

Okja révéle la jeune Ahn Seo-Hyun, déjà vue il y a sept ans dans The Handmaiden,  qui tient le rôle principal et domine une distribution pourtant impressionnante. Dans l’équipe d’activistes qui l’aideront on trouve Paul Dano (There Will Be Blood), Steven Yeun (The Walking Dead) ou Lily Collins (The Mortal Instruments). Curieusement du coté de la multinationale Mirando, Tilda Swinton et un Jake Gyllenhaal quasi-méconnaissable ont un l’air volontairement très cartoonesque dans leur prestation qui diffère beaucoup des autres rôles du film sans que cela leur soit pour autant préjudiciable, bien au contraire.

 

Okja

 

Loin de la polémique cannoise qui ne le concernait pas directement , Okja est une très belle histoire d’amitié entre un enfant et une créature pleine de tendresse mais aussi doté d’un véritable message écologique sur l’épuisement de nos ressources naturelles et sur la maltraitance animale qui devrait en pousser certains à devenir végétarien. Alors certes, il est dommage de ne pas pouvoir découvrir un tel long métrage sur grand écran mais ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir.

 

MON AVIS : 3/5