OVERLORD de Julius Avery [Critique Ciné]

 

Overlord

 

Après les invasions extra-terrestres de Cloverfield, c’est à l’invasion allemande que J.J. Abrams s’intéresse avec sa nouvelle production Overlord entre film de guerre et film d’horreur mais plus proche de la série Z que du bon blockbuster.

 

INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS

 

 

SYNOPSIS : Vingt quatre heures avant le débarquement, un  groupe de soldats américains est envoyé en reconnaissance dans un petit village français pour y détruire une tour de communication cachée dans le clocher d’une église. Leur mission va cependant prendre une tournure inattendue lorsqu’ils découvriront que sous cette église, les nazis mènent d’horribles expériences qui leur ont permis de développer un sérum capable de ressusciter les morts et de créer ainsi une race de super soldats.

 

Cultivant le même sens du mystère que pour la saga Cloverfierld, on a longtemps cru que Overlord, la dernière production de J.J. Abrams, serait le quatrième volet de la franchise après The Cloverfield Paradox sorti directement sur Netflix en février 2018. Mais ce nouveau long métrage clairement inspiré par les jeux vidéo Wolfenstein et Call Of Duty en mode Zombie est bel et bien une toute nouvelle histoire inédite imaginé de toutes pièces par J.J. Abrams et  Billy Ray, le scénariste de Hunger Games et Captain Phillips. La réalisation en a été confiée au quasi-inconnu Julius Avery dont le précédent film Son Of A Gun est sorti directement en vidéo en France. Un chemin qu’aurait peut être dû également emprunté ce Overlord bien loin de tenir ses promesses en termes d’action et de frissons.

 

Overlord

 

Alors que tout bon film d’action commence en général par une scène vraiment spectaculaire, histoire de chauffer le public, c’est avec un long tunnel de dialogue que commence Overlord. En guise d’introduction, nous allons faire la connaissance des soldats héros du film lors d’une grande scène de dialogues entre eux  à bord de l’avion qui doit les mener à leur mission. Le temps paraîtra bien long avant que l’avion connaisse une importante avarie qui déclenchera enfin la première scène d’action. Le problème est que l’on voit clairement que cette scène a été tournée spécialement pour les projections en 4DX où les fauteuils bougent dans tous les sens tellement elle fait dans la surenchère digne d’une attraction de fête foraine. Passé cette première scène d’action, le film nous replongera rapidement à nouveau dans l’ennui dans une succession de scènes sans le moindre intérêt où les soldats se planque chez l’habitant pour mettre au point des plans d’attaques. Et lorsqu’ils passeront enfin à l’action, cette mission  se montrera  au final bien moins excitante que ce que l’on nous promettait.

En terme de scénario, on s’étonnera de l’auto-plagiat éhonté auquel se prête J.J. Abrams. Il n’hésite pas à mettre en scène ici deux personnages qui ressemblent énormément à Rey et Finn de l’Episode VII de Star Wars qu’il a lui même écrit et réalisé. L’un des héros d’Overlord est en effet un soldat noir qui se demande un peu ce qu’il fait ici tandis que la  seule héroïne du film est une rebelle qui récupère tout ce qu’elle peut pour se faire un peu d’argent. D’abord opposé, ils vont rapidement se lier d’amitié pour mener à bien leur mission. Comme dans les nouveaux Star Wars, ils sont là aussi il sont joués par deux acteurs encore quasiment inconnus :  la française Mathilde Ollivier qui fait ses premiers pas sur grand écran et Jovan Adepo vu dans de petits rôles dans le Mother! de Darren Aronofsky ou Fences.

 

Overlord

 

Si la bande annonce laisse croire qu’Overlord est un film d’horreur, il est cependant avant tout qu’un tout petit film de guerre. On appréciera le fait que chaque personnages parle réellement sa langue anglais, français ou allemand comme dans Inglourious Basterds  même si au final il paraissent tous facilement trilingues lorsqu’ils échangent entre eux. Si vous pensiez voir des tonnes de monstres gores et effrayants, autant passer votre chemin car en dehors de deux ou trois super soldats, il n’y aura pas grand chose à se mettre sous la dent. De plus lorsque ces monstres sortiront enfin en nombre, la scène ne durera qu’à peine quelques secondes. Seul une scène de transformation et la confrontation avec le grand méchant de l’histoire nous donnera quelques moments horrifiques appréciables à regarder. Ce ne sont cependant pas les quelques fusillades et la dernière scène d’évasion à nouveau taillée pour la 4DX qui nous tireront de notre ennui.

Overlord est avant tout un duel entre Wyatt Russell vu récemment dans Everybody Wants Some et 22 Jump Street qui est à la tête des soldats américains et qui se démènera le plus dans les scènes physiques sans pour autant qu’on ait envie de s’attacher à lui. De l’autre coté le plus connu Pilou Asbaek vu dans Lucy ou Ghost In The Shell est bien plus intéressant en haut gradé nazi. Lui que l’on voit plus souvent dans des rôles de gentil casse ici son image avec ce rôle de salopard. Dommage que la pauvreté du scénario ne lui laisse pas plus l’occasion de profiter de son talent avant qu’il ne se transforme en simple monstre de foire plus vraiment crédible.

 

Overlord

 

Décidément nous n’arriverons pas avoir à un film d’horreur potable en cette fin d’année ! Encore une fois piégé par une bande annonce alléchante, on se retrouve dans une très mauvaise séries Z au scénario famélique dans laquelle il ne se passe quasiment rien et qui ne suscitera pratiquement aucun frisson. On retiendra seulement les prestations de la nouvelle venue Mathilde Ollivier que l’on espère revoir très vite et de Pilou Asbaek étonnant en chef nazi.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Julius Avery
  • AVEC : Jovan Adepo, Mathilde Ollivier, Pilou Asbæk, Wyatt Russell et John Magaro
  • SCÉNARISTE : Billy Ray et Mark L. Smith d’après une histoire de Billy Ray et J.J. Abrams
  • COMPOSITEUR : Jed Kurzel
  • GENRE : Action, Horreur
  • DURÉE : 1h50
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Paramount Pictures France
  • SITE OFFICIEL  https://www.paramount.com/movies/overlord
  • DATE DE SORTIE : 21 novembre 2018