PIRATES DES CARAÏBES : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg [Critique Ciné]

 

Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar

 

Après la déception du quatrième épisode, Disney tente de relancer la franchise Pirates Des Caraïbes avec La Vengeance de Salazar, un cinquième opus aux allures de soft reboot à la Star Wars Episode VII.

 

 

SYNOPSIS : En abandonnant sa boussole fétiche, le Capitaine Jack Sparrow libère malgré lui un ancien ennemi, le redoutable Capitaine Salazar bien décidé à se venger de la malédiction dont il a été victime. Seul le légendaire Trident de Poséïdon pourra sauver les pirates de la vengeance de Salazar mais Jack n’est pas le seul à vouloir mettre la main sur ce puissant artefact.

 

Comment sauver une franchise en bout de course ? La recette est désormais bien connue à Hollywood, il suffit de lancer un reboot. Mais comme il est inenvisageable de voir un jour un épisode de Pirates Des Caraïbes sans Jack Sparrow, c’est toujours autour du personnage mythique incarné par Johnny Depp que Disney tente de sauver la franchise qui a pris l’eau avec un troisième et quatrième épisode bien décevants. Pirates Des Caraïbes : La Vengeance de Salazar semble reprendre la même stratégie que la nouvelle trilogie Star Wars en mélangeant une nouvelle génération de héros avec les personnages mythiques de la franchise dont certains font exceptionnellement leur retour dans ce cinquième épisode.

 

Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar

 

Après Gore Verbinski, jugé désormais trop cher par Disney depuis le flop de Lone Ranger,  et Rob Marshall qui n’a pas convaincu sur le précédent opus, le producteur Jerry Bruckheimer a porté son choix pour Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar sur le duo Joachim Rønning et Espen Sandberg, deux réalisateurs norvégiens qui ont prouvé qu’ils étaient doués pour les odyssées marines avec le film Kon Tiki, sorti chez nous directement en DVD en 2015,  mais que l’on connait surtout pour avoir réalisé en 2006 le western Bandidas avec Salma Hayek et Pénélope Cruz. Une bonne manière pour faire des économies avec deux réalisateurs qui ont l’air d’être plus de bons exécutants que des visionnaires tant ce nouvel épisode semble se contenter de  suivre le cahier des charges de la franchise sans apporter la moindre innovation. Et pourtant ce cinquième opus a bénéficié du plus gros budget de la franchise avec 320 millions de Dollars qui ont servi pour les effets spéciaux mais aussi certainement pour convaincre les stars de la saga à rempiler.

Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar commence par le retour d’Orlando Bloom mais il ne faudra pas se réjouir trop vite car ce n’est que pour une courte scène histoire d’introduire son fils, nouvel héros de ce soft reboot. C’est avec ce nouveau personnage que l’on découvrira aussi le nouvel ennemi le Capitaine Salazar. Comme dans Star Wars Episode VII, le film met aussi en scène une nouvelle héroïne courageuse abandonnée à la naissance et qui ne sait pas qui est ses parents. Ce nouveau film semble vouloir nous faire oublier La Fontaine De Jouvence avec ce nouveau casting. Si on ne sait pas vraiment d’où ressort Jack Sparrow, le seul détail qu’il reste du précédent film est que le Black Pearl est encore dans la bouteille où Barbe Noire l’avait enfermé. En revanche, malgré ce que nous laissait croire la scène post générique du précédent film, le personnage de Penelope Cruz est visiblement resté sur son île déserte.

 

Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar

 

On se rendra rapidement compte que malgré le bouleversement dans le casting, Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar n’apporte rien de nouveau  à la franchise. On y retrouve exactement le même genre de scènes comme si il suffisait de remplir des cases pré-établies : un méchant fantomatique en quête de vengeance, le sauvetage de personnes sur le point d’être exécutées, de long tunnels de dialogues et heureusement des scènes d’action absolument spectaculaires qui réveilleront un peu l’ensemble. Mais malgré l’énorme budget accordé à ce cinquième épisode, les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur avec notamment une version rajeunie en image de synthèse de Johnny Depp absolument catastrophique. On regrettera aussi que la grande bataille navale finale se passe dans une obscurité un peu trop marquée. Même en Imax 3D on aura du mal à s’en prendre plein la vue tant le film nous donne une furieuse impression d’un manque cruel d’imagination aussi bien dans ces images que dans son scénario et ses gags qui peinent à se renouveler.

Plus les épisodes passent et plus on a l’impression que Johnny Depp ne fait plus aucun effort pour donner corps à Jack Sparrow. Il semble ici totalement en pilotage automatique se contentant d’enfiler le costume et de tituber mais ne nous réserve plus la moindre surprise. Dans le rôle du nouvel héros, Brenton Thwaites, manque de scènes pour être vraiment mis en valeur comme si on n’avait pas le droit de voler la vedette à Johnny Depp, il est en fait aussi accessoire que l’était Sam Claflin dans le précédent film. Dans le rôle de la nouvelle Keira Knightley, Kaya Scodelario, révélée par la série Skins et vue dans la saga Le Labyrinthe, est déjà bien plus convaincante mais elle n’est clairement pas assez exploitée. C’est Javier Bardem qui joue le Capitaine Salazar, pas dur pour l’acteur qui nous a déjà fait frissonné dans No Country For Old Men et Skyfall, mais ce rôle ne se démarque en rien des précédents Capitaines terrassés par Jack Sparrow pour être vraiment marquant.

 

Pirates Des Caraïbes : La Vengeance De Salazar

 

Même en offrant le plus gros budget de la franchise à Pirates Des Caraïbes :  La Vengeance de Salazar, cet espèce de Soft Reboot à La Réveil De La Force n’arrivera pas à faire sortir la tête de l’eau à cette saga qui semble s’étirer artificiellement sans plus rien à avoir de nouveau à raconter. Le film ne manque cependant pas de scènes spectaculaires pour assurer le divertissement mais on ne pourra pas s’empêcher de ressortir déçu face au manque de surprises et de renouvellement. Avec un Johnny Depp qui ne fait même plus d’effort pour se renouveler un peu dans le rôle de Jack Sparrow, on se demande si il ne serait pas temps d’arrêter là plutôt que de déjà prévoir un sixième épisode.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Pirates Of The Caribbean : Dead Men Tell No Tales
  • RÉALISATEUR : Joachim Rønning et Espen Sandberg
  • AVEC : Johnny Depp, Javier Bardem, Brenton Thwaites, Kaya Scodelario et Geoffrey Rush
  • SCÉNARISTES : Jeff Nathanson & Terry Rossio
  • COMPOSITEUR : Geoff Zanelli
  • GENRE : Aventure, Action, Fantastique
  • DURÉE : 2h09
  • NATIONALITÉ  : Américain
  • DISTRIBUTEUR : The Walt Disney Company
  • SITE OFFICIELhttp://films.disney.fr/pirates-des-caraibes-la-vengeance-de-salazar
  • DATE DE SORTIE : 24 mai 2017