PUR-SANG de Cory Finley [Critique Ciné]

 

Pur-Sang

 

C’est dans la plus grand discrétion que sort ce mercredi l’étonnant thriller Pur-Sang réunissant les talentueuses Olivia Cooke et Anya Taylor-Joy qui devrait séduire les spectateurs en quête de films pas comme les autres.

 

 

SYNOPSIS : Dans une banlieue du Connecticut, Amanda et Lily, deux amies d’enfance qui avaient fini par prendre leur distances à l’adolescence, vont renouer à la demande de la mère d‘Amanda pour l’aider à entrer à l’université. Si au début leurs différences va créer une distance entre elles, leurs soucis respectifs vont rapidement les faire se rapprocher pour trouver le moyen d’améliorer leurs vies.

 

Découvert au Festival de Sundance en janvier 2017, Pur-Sang aura finalement mis près d’un an et demi avant de sortir au cinéma en France. Autant dire que l’on commençait à croire que ce serait directement en DVD et en Blu-Ray que nous allions pouvoir le découvrir. Même si le réalisateur Cory Finley signe ici son premier long métrage, ses deux interprètes principales Olivia Cooke, star du Ready Player One de Steven Spielberg découverte dans la série Bates Motel et Anya Taylor-Joy la révélation de The Witch revue dans Morgane et Split méritaient à elles seules de découvrir ce film dans les meilleures conditions possibles et on ne peut que s’en réjouir. Au final, vu le nombre de copies disponibles aujourd’hui, la sortie de Pur-Sang en salles ressemble fort à une sortie technique très régulière lorsque vient l’été pour vider les fonds de tiroir. Pourtant ce thriller pas comme les autres aurait largement mérité une bien meilleure exposition et il serait dommage de passer à coté si vous avez l’occasion de trouver une salle près de chez vous qui le diffuse.

 

Pur-Sang

 

Il est certains que Pur-Sang n’est pas le genre de film capable de séduire le grand public mais si vous êtes à la recherche d’une histoire qui sort de l’ordinaire et si vous êtes sensibles aux belles images, Il y a de forte chances que vous soyez séduit par ce long métrage. Conçu en quatre chapitres, le début de Pur-Sang pourrait rebuter. Alors que les deux filles se retrouvent pour bachoter, on aura du mal à comprendre leur conversation tellement le niveau d’anglais est élevé et le débit rapide en version originale. Fort heureusement, les choses deviendront plus simple par la suite lorsque les deux filles vont commencer à faire tomber les barrières et se rapprocher un peu. Les trois prochains chapitres sont une escalade dans le thriller avec des retournements de situation et des scènes particulièrement fortes mais n’en dévoilons pas plus !

Pur-Sang surprend dans sa distribution en confiant à Olivia Cooke, un rôle d’associal qui casse l’image de gentille fille que l’on pouvait avoir d’elle depuis la série Bates Motel où on l’a découverte. Même dans ses différents rôles au cinéma, on ne l’avait jamais encore vue comme ça. Elle incarne ici Amanda, une jeune fille dénuée d’émotion traitée comme une paria après avoir elle même mis à mort son cheval mal au point qui a quitté l’école et rêve d’un parcours à la Steve Jobs. Tout le contraire de Lily jouée par Anya Taylor-Joy qui au premier abord paraît être la petite bourge élève modèle et très coquette. Petit à petit, le naturel d‘Amanda va contaminer Lily et faire craquer le vernis alors que les véritables personnalité des deux jeunes femmes vont se révéler.

 

Pur-Sang

 

C’est sur un rythme très lent que Cory Findley déroule son intrigue laissant tout le temps aux effets de réalisation avec de nombreux très long plans séquences qui mettent surtout en avant le talent des deux jeunes actrices et leur beauté mais aussi avec des passages tendus soulignés par la musique très originale de Erik Friedlander faite d’instruments rares et de bruits divers et répétitifs comme celui du rameur qu’utilise le beau père de Lily qu’elle ne peut plus supporter. Une vraie leçon de réalisation qui fait beaucoup pour la réussite du film. Le réalisateur aime aussi beaucoup  joué sur la suggestion en laissant aux spectateurs le soin de s’imaginer ce qui se passe hors cadre. La plus belle illustration de ce procédé est une des dernières scènes du film qui vous scotchera avec un plan fixe et un son envoûtant.

Pur-Sang est aussi l’occasion de retrouver dans un de ses tout derniers rôles, le regretté Anton Yelchin, le héros de Green Room décédé en 2016 dans un bête accident avec sa voiture. Il tient ici le rôle d’un loser et paria qui rêve de réussite mais galère en dealant et en enchaînant les petits boulots. Il va devenir le souffre douleur des deux filles qui voulaient à la base qu’il leur rende un grand service. Leur face à face est source d’une scène d’un humour noir et grinçant qui mettra une petite respiration dans cette sombre histoire. Dans le rôle de l’exaspérant beau père de Lily, Paul Parks, vu dans House Of Cards ou  Boardwalk Empire, se montrera particulièrement détestable.

 

Pur-Sang

 

Pur-Sang est vraiment un long métrage à découvrir ne serait-ce pour ses deux actrices principales Olivia Cooke et Anya Taylor-Joy qui trouvent ici des rôles qui marqueront sans aucun doute leur jeune carrière. Si vous ne les connaissez pas encore, ce sera l’occasion de vous rendre compte à quel point elles mériteraient de se voir offrir plus souvent de grands rôles. Avec son premier film, Cory Finley démontre aussi un talent évident qui donne envie de suivre attentivement sa carrière. Parce qu’il n’est clairement pas comme les autres et qu’il est rempli de scènes marquantes, ce long métrage méritait bien mieux que sa sortie technique.

 

MON  AVIS : 4/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • TITRE ORIGINAL : Thoroughbreds
  • RÉALISATEUR : Cory Finley
  • AVEC : Olivia Cooke, Anya Taylor-Joy, Anton Yelchin et Paul Sparks
  • SCÉNARISTE : Cory Finley
  • COMPOSITEUR : Erik Friedlander
  • GENRE : Thriller, Drame
  • DURÉE : 1h33
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Universal Pictures France
  • SITE OFFICIELhttp://focusfeatures.com/thoroughbreds
  • DATE DE SORTIE : 27 juin 2018