SEULS de David Moreau [Critique Ciné]

 

Seuls

 

Après une escapade dans la comédie avec Vingt Ans d’Ecart, le réalisateur David Moreau revient au film de genre avec Seuls, un long métrage fantastique qui voudrait concurrencer les sagas adolescentes à succès du genre Le Labyrinthe et Hunger Games. Un projet audacieux mais reste à voir si il est réussi…

 

 

SYNOPSIS : Leïla se réveille un matin en découvrant que ses parents ont disparus sans laisser de traces. En sortant, elle découvrira que c’est en fait toute la population qui semble s’être évaporée. Alors qu’elle parcourait la ville à la recherche d’explications, elle finira par tomber sur Terry et Camille puis Dodji et Yvan. Livrés à eux-mêmes, les cinq enfants vont tenter de comprendre ce qui leur arrive et quel est  ce brouillard toxique qui commence à envahir les abords de la ville.

 

Se dire que le dernier Hunger Games a été tourné en partie en région parisienne et que le cinéma français n’a jamais eu le courage jusque là de se lancer dans ce genre de blockbuster, c’est un constat assez affligeant. Notre pays compte pourtant grand nombre de bande dessinés ou de romans qui auraient largement le potentiel pour donner d’aussi grands films. Il semblerait que les choses évoluent cependant un peu cette année puisqu’en attendant de découvrir l’adaptation de Valerian par Luc Besson, c’est la bande dessinée Seuls qui devient un film ce mois ci sous la caméra du réalisateur David Moreau, le réalisateur de Vingt Ans D’Écart qui avait débuté sa carrière dans le film de genre avec les films d’horreurs Ils et The Eye.

 

Seuls

 

A la base, Seuls est une bande dessinée de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzoti parue en 2006 tout d’abord dans Spirou Magazine avant de sortir en librairie et qui compte maintenant onze tomes. Ce n’est que tout récemment que David Moreau l’a découverte et a décidé d’en tirer une ambitieuse adaptation en plusieurs longs métrages. Autant le dire tout de suite, le film s’adresse clairement plus aux spectateurs lambdas qu’aux véritables fans de la bande dessinée car cette adaptation des cinq premiers tomes en un film d’une heure et demi a pris énormément de liberté sur le matériel de base.

En feuilletant les pages de la bande dessinée, on pourrait se dire que celle ci ne paye pas de mine au premier abord. Le style graphique très ressemblant au style de Spirou ne laisse pas deviner que l’histoire est en fait plutôt sombre. David Moreau lui adopte une photographie qui donne tout de suite le ton, rendant bien plus sérieuse l’atmosphère du film. Mais la plus grosse liberté qu’il a pris sur la bande dessinée est de changer radicalement l’âge des personnages ainsi que leur histoire personnelle. Au lieu de gamins de huit à 12 ans, c’est une bande d’adolescent de 12 à 16 ans qui sont les héros du film, probablement pour faciliter le tournage mais aussi pour ressembler un peu plus à la cible de spectateurs visés.

 

Seuls

 

Comme la BD, les héros de Seuls représente la « France Black Blanc Beur » mais David Moreau a accentué cet aspect un peu maladroitement jouant sur des clichés tropfaciles qui font de Leïla une petite beurette « vénèr » des banlieues et de Dodji une racaille en garde à vue. C’est Sofia Lessafre, qui tenait un rôle un peu similaire dans Les Trois Frères, Le Retour, qui incarne Leïla et l’humoriste Stéphane Bak qui semble s’être inspiré du rôle qui avait permis de découvrir John Boyega dans Attack The Block, qui joue Dodji. Ce sont eux qui sont clairement les héros du film alors que les autres sont appelés les gamins mêms s’ils ont presque le même age. Jean-Stan Du Pac est Terry, Paul Scarfoglio joue Yvan, le premier héros de la BD et Kim Lockhart est Camille. De jeunes acteurs encore inconnus mais qui délivrent une prestation vraiment convaincante.

Outre le manque de respect à la bande dessinée, on pourra surtout reprocher à cette adaptation d’avoir totalement effacé son originalité pour en faire une histoire que l’on a déjà bien trop vu. David Moreau se focalise sur les rues désertes à la manière de The Walking Dead, 28 Jours Plus Tard et bien d’autre. Dans le début d’explication sur ce qu’il est arrivé à ces cinq ados, nous n’aurons pas de réponses sur cette impression que tout le monde semble avoir disparu dans l’urgence. D’autre part la fin en cliffhanger du film est assez risquée puisqu’on n’est pas certain encore de voir un jour la suite au cinéma.

 

Seuls

 

Il faut saluer cette nouvelle tentative de film de genre français mais on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu par le manque d’ambition du projet. Le film est tout de même une grosse production mais n’arrive clairement pas à la cheville de ses modèles américains. Seuls impressionnera certainement plus le jeune public principalement visé que les fans de films fantastiques plus agés à la recherche d’un grand film de genre. Les fans de la bande dessinés seront certainement les plus déçus de voir que le film ose beaucoup de changements et de raccourci dans son adaptation. De quoi en dissuader plus d’un d’aller voir le film et condamner ainsi les chances de suite.

 

MON AVIS : 2/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : David Moreau
  • AVEC : Sofia Lesaffre, Stéphane Bak, Jean-Stan du Pac, Kim Lockhart et Paul Scarfoglio
  • SCENARISTES : David Moreau d’après l’oeuvre de Fabien Vehlmann & Bruno Gazzoti
  • GENRE : Fantastique
  • DURÉE : 1h30
  • NATIONALITÉ : Français
  • DISTRIBUTEUR : StudioCanal
  • SITE OFFICIELhttp://www.seuls-labd.com/index.php
  • DATE DE SORTIE : 08 février 2017