SLAYER : REPENTLESS (2015) [Chronique CD]

 

Slayer : Repentless

 

Six ans après World Painted Blood, Slayer revient avec Repentless un album marqué par la disparition tragique du guitariste Jeff Hanneman, principal compositeur du groupe, et le limogeage sans ménagement du batteur Dave Lombardo. De quoi légitimement s’inquiéter sur la réussite de cet album.

 

La question se pose, Slayer devait il continuer sans Jeff Hanneman? le guitariste est en effet à l’origine des plus grands chansons du groupe à ce jour avec un don pour réussir à mélanger des riffs ravageurs et un sens de la mélodie venu de ses influences heavy metal. C’est Kerry King qui se retrouve donc désormais seul compositeur de ce nouvel album qui poursuit dans une veine entre thrash et punk plus proche de ses influences avec toujours la volonté de montrer que malgré les années Slayer est toujours le maître du thrash metal.

 

Slayer par Andrew Stuar

 

La nouvelle formation de Slayer intègre désormais le guitariste Gary Holt, pilier du groupe Exodus, qui remplaçait déjà Jeff Hanneman sur scène depuis que le guitariste souffrait d’une nécrose du bras. C’est cependant un cancer du foie qui a emporté le musicien donnant à Gary Holt l’opportunité de rejoindre définitivement Slayer.  Repentless marque aussi le retour derrière les fûts du batteur Paul Bostaph qui avait déjà remplacé Dave Lombardo entre 1994 et 2002.

Avec Repentless, Slayer semble opérer un retour à la période Divine Intervention, un album déjà dominé par les compositions de Kerry King quasiment omniprésent et par l’arrivée de Paul Bostaph dans le groupe. Le son de Repentless est très semblable à celui de ce disque de 1994. Il sort aussi un 11 septembre comme ce fût le cas de God Hate Us All sorti le terrible jour de l’attaque du World Trade Center en 2001. Ne pouvant se mettre d’accord avec le producteur Rick Rubin, Slayer a quitté American Recording pour Nuclear Blast et a fait appel à l’incontournable Terry Date (Soulfly, Deftones) pour produire Repentless.

Après Delusions Of Saviour, une introduction toute instrumentale totalement épique, Slayer commence les offensives avec Repentless affichant clairement que le groupe veut avancer malgré tout. Un titre très agressif qui donne le ton, Slayer s’impose en maître sur son trône du thrash rentre dedans mélangeant le punk le plus hardcore. Le troisième titre Take Control commence aussi fort mais se calme un peu sur les refrains. Le son se fait très lourd sur Vices mais le titre est moins rentre dedans que les deux premiers, il demande cependant un travail considérable au batteur Paul Bostaph en breaks et double grosse caisse.

 

 

Les choses se calment un peu sur les titres suivants Cast The First Stone et surtout When The Stillness Comes qui misent tout deux sur une ambiance plus heavy. Le chant de Tom Araya est pour une fois bien calme sur les couplet de ce dernier titre. Il reprend cependant très vite les gueulantes sur Chasing DeathPaul Bostaph y va de son coté à fond en double pédale. L’intro de Implode sera bien trompeur lorsque le titre se révèle à juste titre dès son premier couplet. C’est du Slayer féroce comme ils nous en servent depuis les années 90

Sur cet album, Slayer n’hésite pas à faire du recyclage en proposant une nouvelle version du titre Atrocity Vendor déjà sorti sur la face B du single World Painted Blood qui devient du coup une des meilleures chanson de ce nouvel album et d’utiliser tout de même une composition de Jeff Haneman,  Piano Wire sur lequel nous n’aurons cependant pas l’occasion de l’entendre puisque les deux titres ont étés réenregistré avec le nouveau line up. Piano Wire montre bien la supériorité du regretté Jeff Hanneman dont on n’aurait malheureusement pas d’autre occasion de réentendre à moins que Slayer ne trouve  d’autres fonds de tiroirs.

You Against You choisi pour le deuxième clip surprend dans son intro par ses interruptions soudaines. Le reste du titre n’est cependant que du Slayer très classique mais diablement efficace dans sa brutalité. Repentless se termine par un Pride In Prejudice mid tempo où Tom Araya peut poser un peu plus son chant. Les solos sur l’ensemble de l’album ressemble exactement à ceux des précédents disques sans réels surprises en dehors du fait que Gary Holt a apparemment pas eu de mal à s’adapter et forme un duo parfait avec Kerry King.

 

 

Une impression de déjà entendu domine l’ensemble de ce douzième album de Slayer. Cependant on ne peut s’empêcher d’aimer cette déferlante de riffs acérés au son lourd. Même sans son guitariste Jeff Hanneman, le groupe a peut être encore quelques belles années à vivre. On sait déjà depuis 94 que Slayer ne cherche plus vraiment à innover et nous sert régulièrement la même formule mais peut on vraiment leur en vouloir à une époque où même les jeunes groupes cherchent à sonner old school ? On a quand meme connu Slayer plus en forme, peut être qu’avec des titres composés en collaboration avec Gary Holt, le prochain disque pourra se montrer un peu plus surprenant.

 

MON AVIS : 4/5

 

 

TRACKLISTING :

  • 01. Delusions of Saviour
  • 02. Repentless
  • 03. Take Control
  • 04. Vices
  • 05. Cast the First Stone
  • 06. When the Stillness Comes
  • 07. Chasing Death
  • 08. Implode
  • 09. Piano Wire
  • 10. Atrocity Vendor
  • 11. You Against You
  • 12. Pride in Prejudice

 

LINE UP :

  • Tom Araya : Chant, Basse
  • Kerry King : Guitares
  • Gary Hoult : Guitares
  • Paul Bostaph : Batterie

 

FICHE TECHNIQUE :

  • PRODUCTEUR : Terry Date
  • MIXAGE : Terry Date
  • GENRE : Thrash Metal
  • DURÉE : 41 minutes
  • LABEL : Nuclear Blast
  • SITE OFFICIELhttp://www.slayer.net/
  • DATE DE SORTIE : 11 septembre 2015

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *