THE FLORIDA PROJECT de Sean Baker [Critique Ciné]

 

The Florida Project

 

En compétition  dans la catégorie Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes, The Florida Project arrive en cette fin d’année dans les salles de cinéma française pour nous dévoiler une Amérique rarement filmée de la sorte.

 

 

SYNOPSIS : Pendant les grandes vacances d’été la jeune Moonee âgée à peine de six ans a déjà le droit de vagabonder librement avec ses amis Jancey et Scooty aux alentours du motel de la banlieue du parc Disney World où elle vit avec sa mère Halley. Totalement livrés à eux même, les gamins enchaînent les bêtises sous l’œil mi agacé mi amusé de Bobby le responsable du motel toujours prêt à arranger les choses et  qui se montre particulièrement conciliant avec Halley qui a bien du mal toutes les semaines à trouver l’argent nécessaire pour payer leur chambre.

 

« Bienvenue au royaume enchanté » nous dit en gros l’affiche de The Florida Project mais ce n’est pas entièrement vrai car c’est plutôt en marge de ce royaume enchanté dans la zone des nombreux motels qui sont en périphérie du parc Disney World en Floride que nous emmène le réalisateur Sean Baker. Un monde en apparence très coloré mais dans lequel la vie est loin d’être rose pour la majorité de ses habitants. De manière très réaliste voir presque documentaire, le réalisateur a choisi de nous montrer le quotidien de ces exclus comme rarement on a pu le voir jusque là dans un film américain où tout du moins dans ceux qui parviennent à être distribué en France.

 

The Florida Project

 

Ceux qui ont vu Tangerine, le précédent film de Sean Baker, et le seul à  être parvenu en France, ne seront certainement pas surpris par le style de The Florida Project. Si le nouveau film se passe de l’autre coté des Etats Unis en Floride au lieu de Los Angeles, la patte du réalisateur est immédiatement reconnaissable dans sa façon de cadrer et dans son choix de couleurs très vives. C’est son co-scénariste Chris Bergogh qui avait remarqué ces familles en détresse qui vivent au bord de l’autoroute qui mènent à Disney World. Pour ne pas donné au film un coté trop misérabiliste, il a choisi au contraire d’inclure beaucoup d’humour à son récit en s’inspirant du comic strip Les Petites Canailles pour inventer l’histoire de la jeune Moonee et sa mère célibataire Halley qui cherche tous les moyens pour réussir à payer son loyer.

Comme souvent dans les longs métrages de Sean Baker, ce sont des amateurs qui tiennent la plupart des rôles de The Florida Project recruté par annonce comme l’épatante Brooklynn Prince qui joue Halley,  en casting sauvage comme Valerie Cotto qui joue son amie Jancey voir même sur Instagram comme Bria Vinaite qui joue la mère Halley. Cela permet au réalisateur d’obtenir ce coté plus réaliste que l’on voit rarement dans le cinéma américain toujours plus propre voir formaté même dans les comédies dramatiques indépendantes qui arrivent à  traverser l’Atlantique, notamment en les laissant beaucoup improviser. Peut être pour les cadrer un peu, il a fait une exception dans son casting en embauchant Willem Dafoe pour jouer le rôle du responsable du motel. Pour une fois, l’acteur ne nous donne pas l’impression de cachetonner comme il a tendance à trop souvent le faire dans ce rôle touchant de manager et en quelque sorte de père de substitution pour Halley et donc de grand père de substitution pour Moonee.

 

The Florida Project

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, The Florida Project repose vraiment entièrement sur les épaules de son héroïne de six ans présente dans quasiment toutes les scènes. On la suivra sans s’ennuyer à un seul moment tout le long d’un été dans une succession de scénettes où elle enchaîne les bêtises tel un petit démon capable de couper le courant de tout le motel voir même de mettre accidentellement le feu à une maison abandonnée. Honnêtement si on était obligé de vivre dans le même motel, on serait certainement très vite  exaspéré de la voir ainsi tous les jours faire tout ce qui lui chante sans respect pour la plupart de ses voisins. Mais en tant que spectateurs, ses bêtises nous amuseront beaucoup même si on ne pourra s’empêcher de craindre en permanence que cela tourne véritablement à la catastrophe.

Sans s’en douter sur le coup, on ne pourra s’empêcher de s’attacher à cette petite fille mais aussi à sa mère Halley très sexy avec ses tenues provocantes et ses tatouages sur tout le corps qui nous touchera par ses différentes tentatives pour gagner de l’argent. Si au début, on ne comprendra pas toute de suite pourquoi on voit souvent Moonee prendre son bain, le réalisateur amènera tout en finesse l’élément dramatique qui va finalement faire basculer l’histoire. C’est en ne pouvant éviter de verser une larme devant la conclusion de cette histoire que l’on comprendra a quel point Sean Baker a réussi son long métrage.

 

The Florida Project

 

Tout en illustrant la misère américaine de manière très réaliste voir quasiment à la  manière d’un documentaire comme on a rarement eu l’occasion de la voir au cinéma dans des productions hollywoodiennes, Sean Baker arrive aussi à nous faire rire des tribulations de sa jeune héroïne dans ce monde coloré qui contraste tellement avec la vie qu’elle mène avec sa mère. Si il parait que diriger des enfants est ce qu’il y a de plus dur à faire au cinéma, le réalisateur a réussi un véritable miracle en laissant improviser Brooklyn Prince âgée à peine de six ans que l’on reverra sans doute très vite au cinéma tant ce film pourrait être un véritable tremplin pour elle. Pour l’ensemble de son casting absolument parfait et pour l’histoire très touchante qu’il raconte The Florida Project est un incontournable de cette fin d’année.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Sean Baker
  • AVEC : Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Willem Dafoe, Valerie Cotto, Christopher Rivera & Mela Murder
  • SCÉNARISTES : Sean Baker & Chris Bergoch
  • COMPOSITEUR : Lorne Balfe
  • GENRE : Comédie Dramatique
  • DURÉE : 1h51
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Le Pacte
  • SITE OFFICIEL :
  • DATE DE SORTIE : 20 décembre 2017

 

 

Critique rédigée le 29 novembre 2017