THE GREATEST SHOWMAN de Michael Gracey [Critique Ciné]

 

The Greatest Showman

 

Six ans après Les Misérables, Hugh Jackman revient à la comédie musicale avec The Greatest Showman, création originale inspirée vaguement de la véritable histoire de P.T. Barnum.

 

 

SYNOPSIS : Rejeté de tous depuis sa tendre enfance par sa pauvreté P.T. Barnum va prendre sa revanche sur le monde en créant un spectacle de cirque hors du commun qui va devenir un énorme succès dont la réputation va largement dépasser les rues de New York. Grisé par cette réussite, ce véritable showman en voudra toujours plus sans réaliser la souffrance qu’il peut causer à ses proches.

 

Maintenant que Wolverine est mort et enterré dans Logan, Hugh Jackman peut désormais tranquillement revenir à ses premiers amours pour la comédie musicale où il a commencé. Bien aidé par le succès critique et public du La La Land de Damien Chazelle vainqueur de six Oscars en 2017 mais également avant cela par celui de l’adaptation de Les Misérables où il jouait Jean Valjean qui a remporté trois Oscars, le producteur Laurence Mark et le scénariste Bill Condon tentent à leur tour de faire une razzia sur les cérémonies des prix en sortant The Greatest Showman pile à temps. Cela n’a malheureusement pas bien marché puisqu’en dehors de la chanson que l’on peut entendre déjà partout, le film n’a pas reçu d’autres nominations. Doit on y comprendre qu’il ne mérite pas mieux ? C’est plus que probable.

 

The Greatest Showman

 

Les spectateurs qui ne savaient pas The Greatest Showman était une comédie musicale parce qu’ils ont choisi de voir le film sans se renseigner auparavant vont très vite comprendre leur souffrance car le long métrage démarre immédiatement par une chanson. Pas sur cependant que les véritables fans du genre soient plus enchanté car celle ci d’un style très moderne aux accents R’n B et aux paroles presque rappées par un Hugh Jackman en Monsieur Loyal ne sont clairement pas ce que l’on pouvait attendre d’une comédie musicale se déroulant dans les années 1800. On pensera immédiatement plutôt au coté décalé voulu par Baz Luhrmann dans Moulin Rouge mais c’est Michael Gracey, un réalisateur de publicités qui a dirigé l’acteur dans un spot dansant pour Lipton qui se retrouve pour la première fois à la tête d’un long métrage et cela se ressent immédiatement car si les images sont belles, The Greatest Showman semble plus chercher à enchaîner les clips musicaux que nous raconter une véritable histoire.

Si vous vous attendez à découvrir toute la vie de P.T. Barnum en allant voir The Greatest Showman, vous pouvez passer immédiatement votre chemin car les scénaristes ne font que survoler à vitesse grand V le parcours incroyable de cet homme parti de rien pour devenir une star internationale. En l’espace d’une chanson on le découvre passer de jeune orphelin à un véritable homme revenu après une carrière dans les chemins de fer dont on ne saura rien s’emparer de sa belle pour l’entraîner dans sa nouvelle vie. C’est quasiment avec la même rapidité que l’on le verra entre deux chansons réussir à monter son musée et le transformer en cirque à succès. C’est un portrait très flatteur qui est dressé de cet homme alors que l’on sait qu’il n’était pas ce grand benêt tout le temps réjoui et inconscient du mal qu’il pouvait faire autour de lui par son égoïsme dans sa quête de la réussite. Même lorsque ses circassiens hors du commun réaliseront qu’il n’a au fond rien à faire d’eux, il n’y aura même pas de véritable révolte mais juste une nouvelle chanson.

 

The Greatest Showman

 

The Greatest Showman est un projet bancal car si la vie de P.T. Barnum n’attirera pas les jeunes, les chansons du film et les diverses chorégraphies semblent vouloir vraiment séduire les spectateurs de MTV et de Disney Channel. Les compositions sont particulièrement faiblardes par rapport aux grands classiques de la comédie musicale signés Stephen Sondheim (Sweeney Todd) ou Andrew Lloyd Webber (Le Fantîome De L’Opera). Elle symbolisent bien la médiocrité de la musique commerciale actuelle faite de morceaux jetables qui correspondent à une mode éphémère et seront vites oubliés. Curieux aussi de mettre en scène un chanteuse lyrique et ne pas être capable de composer une véritable chanson qui sonnerait un peu plus comme un véritable opéra au lieu des chansons pop qu’elle chante. Seul les chorégraphies feront l’intérêt de ces passages chantés même si là encore la modernité des pas de danse détonne dans cet univers Victorien.

Présent quasiment dans chacune des scènes, Hugh Jackman semble être comme un poisson dans l’eau dans ce rôle chanté et dansé tant il paraît à l’aise. Rien  à redire sur cette nouvelle interprétation impeccable. Habitué aux rôles dramatiques, Michelle Williams semble être moins à sa place dans cette comédie musicale en épouse de P.T. Barnum. L’aspect Disney du film est renforcé par la présence de Zac Efron devenu célèbre par son rôle dans High School Musical et Zendaya de la série Shake It Up. Autre problème pour la jolie actrice, elle n’est clairement pas assez noire pour pouvoir jouer une actrice stigmatisée pour sa couleur de peau. Tous les autres « Freaks » du film ne sont malheureusement que des figurants dont les rôles ne seront jamais développé. On se rappellera cependant de Keala Settle en (fausse) femme à barbe qui chante le titre phare du film déjà récompensé d’un Golden Globe.

 

The Greatest Showman

 

Avec les compositeurs de La La Land et un Hugh Jackman déjà excellent dans Les Misérables, on ne s’attendait certainement pas à être aussi déçu par The Greatest Showman. Mais entre les chansons trop modernes et agaçantes par leur mélange entre un R’n B peu inspiré et un style proche des chansons des dessins animés Disney les plus ratées et la vie de P.T. Barnum et de son entourage trop vite survolée, le film est un ratage complet dont on ne retiendra pas grand chose.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

BONUS : la bande originale de The Greatest Showman

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Michael Gracey
  • AVEC : Hugh Jackman, Zac Efron, Michelle Williams, Zendaya & Rebecca Ferguson
  • SCÉNARISTE : Bill Condon & Jenney Bicks
  • COMPOSITEUR : Benj Pasek et Justin PaulJohn Debney & Joseph Trapanese
  • GENRE : Comédie Musicale
  • DURÉE : 1h44
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : 20th Century Fox France
  • SITE OFFICIELhttps://www.foxmovies.com/movies/the-greatest-showman
  • DATE DE SORTIE : 24 janvier 2018