THE WITCH de Robert Eggers [Critique Ciné]

 

The Witch

 

Après The Door et The Neon Demon, l’été horrifique 2016 se poursuit dans les salles obscures avec The Witch, la sensation horrifique de Sundance et Gerardmer. Mais attention car le long métrage de Robert Eggers est loin du film d’horreur traditionnel et ne s’adresse pas forcement aux fans du genre.

 

 

SYNOPSIS :  Banni de leur colonie, un couple de dévots s’installe à la lisière de la forêt avec leurs cinq enfants. Rapidement des événements tragiques vont bouleverser la famille : leur bébé qui disparaît subitement et la perte de leur récolte de maïs vont les pousser les uns contre les autres s’accusant d’être possédé par le mal.

 

Contrairement à tout ce qu’on peut lire sur l’affiche du film, The Witch n’est pas un film d’horreur ou tout du moins n’a rien à  voir avec ce qu’on attend habituellement de ce genre de long métrage. La volonté première de Robert Eggers, scénariste et réalisateur du film, était avant tout de faire un film historique sur le début de la chasse aux sorcières. Il pousse le réalisme dans chaque détail du film que ce soit les décors, les costumes et même dans les dialogues et situations tous issus de fait réels extraits de documents d’époque.

 

The Witch

 

Si The Witch est classé en film d’horreur c’est parce qu’il parle de sorcières et de démons mais c’est avant tout une dénonciation de l’extrémisme religieux représenté ici par un couple tellement extrême dans son interprétation de la Bible qu’ils seront chassés de la colonie où ils s’étaient installé après leur départ d’Angleterre. Il faut voir a quel point leurs enfants sont traumatisés par les paroles de leur père et terrorisés par la crainte d’aller en Enfer. Si la religion peut aider dans la vie, trop y croire expose généralement à de graves problèmes psychologiques.

C’est cette dévotion extrême qui va pousser les membres de cette famille à la folie. Chacun y va de ses suspicions sur les autres pour lui faire endosser la responsabilité des malheurs qui s’abattent sur eux. La première à en souffrir est la plus grande des enfants Thomasin qui d’un jeu pour faire peur à sa petite sœur va finir par être accusée pour de bon de sorcellerie par les siens. Mais que dire de ces deux petits jumeaux capable de parler avec le bouc Black Phillip qui semble exercer sur eux une véritable fascination ?

La pure horreur se fait en réalité attendre longtemps car le réalisateur préfère jouer sur l’aspect psychologique de la peur et la suggestion plutôt qu’abuser facilement de Jump Scare trop faciles. L’ambiance horrifique repose surtout sur la bande originale glaçante de Mark Korven qui accompagne la folie des personnages et l’aspect dramatique de la situation. Ce n’est seulement que vers la toute fin du film que l’on  aura le droit à de véritables scènes chocs violentes et perturbantes.

 

The Witch

 

Tous les membres de cette famille de malades sont absolument exceptionnels. Il y a tout d’abord Anya Taylor Joy, véritable révélation du film dans le rôle de Thomasin et qui enchaîne depuis les rôles horrifiques. Le père complètement atteint est joué par Ralph Ineson, spécialiste des seconds rôles pour la première fois en tête d’affiche. Kate Dickie incarne la mère qui a perdu complètement les pédales à la disparition de son bébé, une spécialiste des rôles de folle vue en Lysa Arryn dans Game Of Thrones. Pas encore connu, Harvey Scrimshaw est le jeune Caleb particulièrement touchant. Même les deux plus jeunes Ellie Grainger et Lucas Dawson sont vraiment épatants.

The Witch se rapproche beaucoup de The Neon Demon dans la forme et le fond. Il s’agit clairement de deux films d’auteurs qui cherchent avant tout à dénoncer par l’horreur les dérives de la religion chez l’un et de la mode chez les autres en jouant d’un coté sur une esthétique austère et de l’autre sur un coté glamour le tout souligné à chaque fois par des bandes originales parmi les plus réussies de cette année. Ils ont de plus tout deux pour personnage principal une jeune héroïne au visage angélique qui en fascine certains mais qui est détestée de la majorité. Enfin les deux films  ne sombrent dans l’horreur pure que dans leur tous derniers instants. Même si cela n’est qu’une simple coïncidence, ils représente un diptyque vraiment intéressant à enchaîner.

 

The Witch

 

The Witch n’est pas le film d’horreur conventionnel auquel on aurait pu croire en lisant les compliments vus dans les différentes bandes annonces. Du coup le premier visionnage du film pourrait bien décontenancer ceux qui s’attendaient à être scotché à leur fauteuil pendant 1h30. Robert Eggers signe une oeuvre intelligente qu’il faudra certainement revoir une seconde fois en connaissance de cause pour être apprécié à sa juste valeur. Tout le monde ne pourra en revanche que saluer l’exceptionnelle prestation des membres de cette famille et la musique du film pour le coup vraiment flippante.

 

MON AVIS : 3/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Robert Eggers
  • AVEC : Anya Taylor Joy, Ralph Ineson, Katie Dickie & Harvey Scrimshaw
  • SCÉNARISTE : Robert Eggers
  • COMPOSITEUR : Mark Korven
  • GENRE : Épouvante, Fantastique, Historique
  • NATIONALITE : Américain, Canadien
  • DISTRIBUTEUR : Universal Pictures International France
  • SITE OFFICIELhttp://thewitch-movie.com/
  • DATE DE SORTIE : 15 juin 2016

 

 

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