LE VERTIGE de Quentin Dupieux [Critique Ciné]
Toujours aussi étonnant, Quentin Dupieux se lance maintenant dans l’animation avec Le Vertige.
À chaque fois, nous ne savons jamais trop à quoi nous attendre en allant voir un film de Quentin Dupieux. Capable de faire un film sur un pneu tueur avec Rubber, un réalisateur à la recherche du cri parfait dans Réalité ou une histoire sur une trappe mystérieuse dans Incroyable Mais Vrai. Le cinéaste n’est jamais à court d’histoires totalement farfelues qui n’ont volontairement bien souvent aucun sens. Ainsi, lorsqu’il annonce se lancer dans l’animation, nous ne pouvions être que très curieux de voir ce que cela pourrait donner. En découvrant quelues temps plus tard que le résultat ressemblait à un jeu vidéo du niveau d’une Playstation 2, il y avait de quoi être à nouveau très intrigué par ce qu’il nous avait encore imaginé. Autant vous dire qu’il faudra encore une fois être vraiment familier de l’univers de Quentin Dupieux pour accrocher à cette nouvelle folie qui n’aura aucune peine à séduire les plus grands fans.
Au moment de sa sortie, la Playstation 2 nous avait émerveillé par la beauté de ses graphismes où les personnages en 3D paraissaient si réalistes. Mais plus de 20 ans plus tard, les consoles sont tellement capable de mieux que voir sur grand écran un film avec ce genre de graphismes ne parait clairement plus aussi beau. Il faudra un petit moment pour s’habituer à ces personnages sur lequel semble avoir été numérisé une photo du visage des acteurs. Un procédé sommaire à l’animation minimaliste qui ne permet malheureusement pas de faire passer vraiment les émotions.. À la décharge du réalisateur, ce nouveau film était pour lui plus une sorte d’expérimentation qu’un véritable nouveau film pour le cinéma mais c’est sa sélection à La Quinzaine des Cinéastes qui a convaincu le distributeur Diaphana de tenter une sortie en salles.
Pourquoi pas après tout tenter cette exploitation sur grand écran car derrière ce parti pris graphique hors du commun, Le Vertige reste un film tout à fait dans la lignée des précédentes œuvres absurdes de Quention Dupieux. Le fait de mettre en scène des personnages virtuels prend pour une fois tout son sens puisque le film raconte l’histoire d’un homme qui a pris conscience qu’il vit dans un monde qui n’a rien de réel en découvrant toute une série de bugs. Une boulangère avec huit doigts aux mains, un pigeon faisant du surplace dans une bouche d’égout ou bien un homme sans jambes, pour ne citer que trois exemples d’une longue liste qu’il va présenter à un ami en qui il a toute confiance. D’abord sceptique, celui-ci finira par se rendre à l’évidence de la véracité des faits et ils se lanceront ensemble dans une grande enquête pour percer ce mystère.
Cette intrigante histoire nous fera très vite oublier ces graphismes retro digne de GTA Vice City. Sans rien révéler, nous pouvons juste dire que Quentin Dupieux nous plonge ici dans une mystère qui pourra faire cogiter les spectateurs bien après la projection sur la probabilité de son histoire. Sans nul doute vous ne regarderez plus de la même manière cet objet du quotidien au cœur de l’intrigue. Toujours un peu absurde, ce scénario est en revanche loin d’être bête. N’avez vous jamais eu l’impression en regardant autour de vous que les passants ressemblent parfois à des PNJ de jeux vidéo dans leur look stéréotypés ou leurs attitudes ? De quoi se demander si nous ne vivons pas réellement tous dans une sorte de matrice ?
Au delà du mystère ou de ses graphismes, ce qui fait la réussite du film est avant tout l’humour dont sait toujours faire preuve Quentin Dupieux dans ses histoires. Le Vertige ne manquera pas de faire rire les fans de son univers décalé tout en laissant toujours aussi perplexe les spectateurs obtus qui n’en sont pas encore familier malgré le succès croissant des ses longs métrages.
Il faut dire que Le Vertige est porté par de talentueux acteurs déjà familier des œuvres de Quentin Dupieux dont le talent comique naturel n’es plus à prouver. Il a pour héros Alain Chabat déjà dans Réalité, Incroyable Mais Vrai et Fumer Fait Tousser et Jonathan Cohen déjà dans Daaaaaali! dont le personnage n’est pas loin encore de Serge Le Mytho. Premier rôle féminin mais plus en retrait Anaïs Demoustier est déjà à son cinquième film avec le réalisateur. D’habitude excellente, l’actrice semble avoir eu plus de mal à entrer dans ce personnages dont ils ont du se contenter de lire les dialogues en studio sans voir la moindre image ni même savoir que c’est leur première prise qui sera conservée. Nous ne pourrons pas nous empêcher de nous demander tout de même à quoi aurait ressembler Le Vertige s’il avait été tourné en prise de vue réelle.
Avec Le Vertige, Quentin Dupieux prouve une nouvelle fois qu’il n’a pas fini de nous étonner. Avec ce parti graphique hors normes, cette nouvelle comédie deviendra peut être culte chez les gamers les plus nostalgiques. Il ne faut cependant pas juger trop vite le film par son aspect visuel hors normes mais plutôt très vite oublier cela pour se laisser porter par une intrigue absurde mais qui prête à réflexion et bien sur pour son humour imparable porté par Alain Chabat et Jonathan Cohen en grande forme.
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