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KINDS OF KINDNESS de Yorgos Lanthimos [Critique Ciné]

Kinds Of Kindness

Fort de tous les éloges faits à Pauvres Créatures, Yorgos Lanthimos revient déjà avec le déstabilisant Kinds Of Kindness.

Avec le succès de Pauvres Créatures, récompensé de nombreux prix dont quatre Oscars et le Lion D’Or de la Mostra De Venise, le réalisateur Yorgos Lanthimos aurait très bien pu se reposer sur ses lauriers pendant un temps. Mais porté par l’inspiration, le voici pourtant déjà de retour avec Kinds Of Kindness. Un nouveau long métrage désarçonnant comme il en a le secret. Sélectionné au dernier Festival De Cannes, ce nouveau film de près de trois heures n’a pas autant convaincu les critiques mais a tout de même permit à son acteur principal Jesse Plemons de remporter le prix d’interprétation masculin. Éloges ou non, c’est sans hésitation que nous pouvons à notre tour nous forger notre propre avis ce mercredi 26 juin au cinéma  et les fans ne seront certainement pas déçus.

Kinds of Kindness pourrait laisser croire que Lorgos Lanthimos a kidnappé ses acteurs de Pauvres Créatures pour tourner dans la foulée ce nouveau long métrage. Nous y retrouvons en effet trois des acteurs principaux Emma Stone qu’il avait aussi dirigé dans La Favorite, Willem Dafoe et Margaret Qualley dans de nouvelles compositions tout aussi étonnantes que l’est ce nouveau film.

Kinds Of Kindness

Plutôt qu’un seul et même récit, Kinds of Kindness réunit trois histoires différentes vaguement reliées à un personnage très secondaire dont les initiales sont R.M.F. que nous croiserons dans chacune d’entre elles. La première raconte comment un homme va tenter de se racheter après avoir refusé la dernière demande d’un puissant homme d’affaires qui lui dictait tous ses faits et gestes et lui avait offert une vie de rêve. La deuxième histoire est celle d’un policier dont la femme disparue en mer va être retrouvée mais certains signes laissent à penser qu’il ne s’agit pas vraiment d’elle. La troisième histoire suit deux membres d’une secte à la recherche d’une élue capable de ressusciter les morts.

Dans sa rapidité d’écriture, son casting récurrent dans chaque histoire et son étrangeté, Kinds of Kindness fait beaucoup penser aux films de Quentin Durieux et risque fort de désarçonner ceux qui n’ont pas vu les tous  premiers longs métrages  grecs de Yorgos Lanthimos. C’est par le mystère et le suspense qu’il s’en dégage que nous serons vraiment scotchés aux deux premières histoires qui ne manquent pas non plus d’humour souvent noir. Le réalisateur  nous surprendra également avec une nouvelle scène de sexe aussi chaude que dans Pauvres Créatures. Peut être parce que nous avons déjà passé près de deux heures devant Kinds Of Kindness la troisième histoire paraitra moins captivante même si c’est cette fois ci Emma Stone qui occupe le rôle principal.

Kinds Of Kindness

Ce qui étonne vraiment c’est de voir les capacités de transformation du trio de tête de Kinds Of Kindness : Jesse Plemons, Emma Stone et Willem Dafoe entre les trois histoires. Changer de costume et de coiffure leur permet tout simplement de devenir des personnages radicalement différents prouvant réellement leur talent. Si Jesse Plemons a été récompensé à juste titre pour cette performance, c’est en fait l’ensemble de la distribution de Kinds Of Kindness qui aurait largement mérité d’être tous récompensés.

Plusieurs seconds rôles ne déméritent pas non plus comme Margaret Qualley qui tient même quatre rôles ici en jouant des jumelles dans le troisième segment. Hong Chau la révélation de Downsizing elle aussi présente dans les trois histoires tout comme Mamoudou Athie vu dans le dernier Jurassic World ou la série Archive 81. De rôles secondaires, il mériteraient largement de revenir dans le prochain Yorgos Lanthimos dans des rôles principaux.

Kinds Of Kindness

Moins captivant et magnifique que Pauvres Créatures, Kinds Of Kindness déçoit un peu mais mérite franchement d’être vu pour son originalité et sa folie caractéristique des films de Yorgos Lanthimos. S’il pourra surprendre les non initiés, tous les spectateurs ne pourront que saluer la prestation de l’ensemble de la distribution de ce long métrage à condition de réussir à tenir près de trois heures devant.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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