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DESERT OF NAMIBIA de Yoko Yamanaka [Critique Ciné]

Desert Of Namibia

Récompensé à la Quinzaine des Cinéastes, le mélodrame japonais Desert Of Namibia mérite bien mieux que sa discrète sortie en salles.

Desert Of Namibia, un titre bien étrange pour un film japonais. D’autant plus qu’il ne dévoilera les raisons de ce choix que dans son générique de fin. Il s’agit là du nouveau film de la réalisatrice Yoko Yamanaka qui avait eu l’honneur d’être la plus jeune cinéaste à être sélectionné à la Berlinale avec son premier film. Pour ce nouveau long métrage, c’est au Festival de Cannes qu’il a eu l’honneur d’être sélectionné dans le cadre de la Quinzaine Des Cinéastes où il a remporté le Prix Fipresci de la critique internationale. Certains de n’attirer que les cinéphiles amateurs de ce genre de mélodrame japonais, c’est bien trop discrètement que le film sort dans les salles de cinéma françaises ce mercredi 13 novembre 2024.

Commençant par un plan large dans la rue nous ne saurons pas tout de suite qui est l’héroïne de Desert Of Namibia parmi les nombreux passants avant que la camera ne finisse par zoomer sur Kana. Une jeune femme hors normes portant un bob et qui donne l’impression d’être vraiment cool. Elle a rendez-vous avec une amie qui va lui parler du suicide d’une ancienne camarade de classe. Une nouvelle qui ne touchera pas vraiment Kana qui s’intéressera plus aux détails techniques de sa pendaison qu’aux raisons qui l’auraient pousser à commettre cet acte.

Desert Of Namibia

Une introduction qui sera à bien garder en tête mais qui n’aura pas de lien direct avec le reste de l’histoire. Desert Of Namibia s’intéresse en fait aux errances sentimentales de son héroïne. Alors en couple avec un homme très amoureux d’elle et très attentionné, Kana a pourtant senti le besoin d’aller voir ailleurs. Mais lorsqu’elle va se décider à quitter son copain pour partir vivre avec ce nouveau garçon, la passion des premiers instants va rapidement disparaitre

Desert Of Namibia s’inscrit dans la lignée de ces nombreux mélodrames japonais comme le récent La Beauté Du Geste qui nécessite de tenter de comprendre ce qui se passe dans la tête de son héroïne. De nombreuses scènes la verront en effet déambuler dans son appartement visiblement plongée dans ses réflexions. La jeune femme ressent beaucoup d’ennui et ne semble pas s’intéresser à grand chose. Elle ne voit pas d’intérêt à regarder un film, n’écoute jamais de musique ni ouvre un livre. Elle qui semblait pleine de vie va au fil du temps devenir de plus en neurasthénique mais aura aussi parfois des moments de colère et de violence inouïs. Des symptômes que certains spectateurs reconnaitront peut être tout de suite mais qui ne trouveront de véritables explications que dans les vingt dernières minutes du film.

Desert Of Namibia

Sur un rythme lent nous suivrons cette jeune femme en se posant bien des questions sur ce que cherche à nous raconter la réalisatrice Yoko Yamanaka. En la voyant ne pas s’épanouir dans ses relations avec ses copains, nous pourrions y voir un questionnement sur ce qui nous pousse à nous mettre en couple alors que nous avons tous besoin d’indépendance. Le mal-être de Kana semble reposer sur de nombreux maux à peine évoqués et d’autres qui ne semblent n’être que des choses qu’elle a inventé.

Il sera certainement difficile d’entrer dans l’histoire de Desert Of Namibia si on ne tombe pas immédiatement sous le charme de son actrice principale la bien nommée Yuumi Kawai. Une actrice que nous avons déjà pu voir sur Netflix dans le drama Extremely Inapropriate. En plus d’être vraiment très mignonne, elle dégage une forte personnalité et une fragilité qui la rendent très rapidement attachante. Une formidable actrice qui fait bien ressentir les tourments qui traversent son esprit même si nous les saisirons pas forcément tous sur le coup. Elle est entourée d’autres jeunes actrices dont nous aimerions également bien pouvoir suivre la carrière.

Desert Of Namibia

D’une durée de 2h15 qui s’écouleront lentement mais sans ennui, Desert Of Namibia laisse le temps aux spectateurs de tenter de comprendre ce qui se passe dans la tête d’une jeune japonaise de 21 ans. Superbement interprété par Yuumi Kawai qui arrive à faire passer bien des émotions même sans parler nous serons les témoins d’une lente dérive qui ne trouvera sa raison que vers la fin du long métrage. Une histoire vraiment touchante qui laisse à penser que la réalisatrice Yoko Yamanaka n’a pas fini de faire parler d’elle.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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