THE LAST SHOWGIRL de Gia Coppola [Critique Ciné]
Gia Coppola offre le rôle de sa vie à Pamela Anderson dans son nouveau film The Last Showgirl.
Devenue célèbre pour son mythique bikini rouge qui laissait peu de place à l’imagination dans la série Alerte à Malibu, Pamela Anderson a fini par disparaitre des écrans radars maintenant qu’elle a passé le cap de la cinquantaine. Il faut dire que jusque là, sa tentative de carrière au cinéma compte plus de nanards que de véritables réussites. Mais comme Demi Moore avec The Substance, elle trouve enfin le rôle de sa vie dans The Last Showgirl. N’hésitez pas à un instant pour laisser tomber tous vos préjugés et foncez le découvrir, vous ne serez clairement pas déçu.
Troisième film de Gia Coppola, fille posthume de l’acteur Gian-Carlo Coppola et petite fille de Francis Ford Coppola, après Palo Alto et Mainstream, The Last Showgirl était à l’origine une pièce de théâtre écrite par Kate Gersten qui n’a jamais pu être montée. En découvrant ce texte, la réalisatrice a immédiatement pensé à Pamela Anderson pour en être l’héroïne tant cette histoire semblait lui correspondre et elle n’aurait voulu personne d’autre à la place. Une chance inouïe pour l’actrice qui ne devait même plus rêver d’une telle opportunité.

Dans The Last Showgirl, Pamela Anderson incarne Shelly Gardner. Une danseuse de revue du Razzle Dazzle, le tout dernier spectacle de ce genre de Las Vegas. Alors que le show n’attire désormais plus beaucoup de spectateurs, une mauvaise nouvelle va remettre l’avenir de Shelly en question et la faire s’interroger sur son choix de carrière. Elle qui avait tout sacrifié pour ce métier va se retrouver maintenant totalement désemparée.
Filmé en pellicule avec une image chargée en grain et des plans parfois flous, The Last Showgirl a un aspect documentaire qui rappelle dans le style le film The Wrestler de Darren Aronofsky. Nous pourrons aussi voir en cette histoire une sorte de suite au célèbre film Showgirl de Paul Verhoeven auquel il sera impossible de ne pas penser. Là où celui-ci racontait l’ascension d’une danseuse vers le sommet, le film de Gia Coppola aurait très bien pu reprendre le même personnage pour raconter sa fin de carrière mais aussi la fin d’une époque. Difficile d’imaginer Las Vegas sans ses fameuses showgirls mais pourtant aujourd’hui, ce sont apparemment des spectacles plus salaces qui attirent les foules.

Rapidement nous nous trouverons submergé par l’émotion de voir le destin de ces femmes totalement bouleversé. A cinquante sept, Shelly est la dernière représentante de l’époque flamboyante des Showgirls. Elle est entourée maintenant de filles plus jeunes la considérant un peu comme leur mère et qui n’ont pas du tout la même conception du métier qu’elle. Tandis que Shelly se voit comme une véritable artiste, ses collègues n’y voit seulement que le moyen de gagner leur vie. Le reflet d’un monde où seul l’argent compte et où les personnes réellement passionnées sont souvent incomprises.
Il y a aussi toute la vie privée de Shelly qui nous sera dévoilée au cours du film. Pas de véritable suspense mais des révélations surprenantes qui nous plongera encore plus dans cette histoire en nous donnant l’envie de tout savoir. Les personnages secondaires sont aussi très soignés avec une ancienne danseuse de la revue incarnée par Jamie Lee Curtis aujourd’hui devenue serveuse dans un casino ou le régisseur du spectacle interprété par Dave Bautista.

C’est sans aucun maquillage que Pamela Anderson incarne cette Shelly lorsqu’elle n’est pas sur scène. A l’image de Demi Moore et Nicole Kidman, Pamela Anderson a choisi de se montrer telle qu’elle est vraiment à 57 ans. Et si les traces du temps sont bien là, l’actrice est malgré tout encore très belle. Ce naturel renforce le personnage le rendant plus touchant. Elle ne sera pas la seule au générique à assumer son âge car nous serons surpris de retrouver aussi ici une Jamie Lee Curtis transformée recouverte d’auto-bronzant. Autrefois surnommée The Body pour son corps de rêve elle assumera ici sans aucun complexes des rondeurs propre à son âge.
The Showgirl offre aussi de très beau rôles à Kiernan Shipka, héroïne des Nouvelles Aventures de Sabrina, et Brenda Song issue de Grey’s Anatomy en jeunes danseuses de revues. Mais aussi à Dave Bautista qui passe en une semaine du pire avec son rôle dans le catastrophique In The Lost Lands au meilleur avec ce rôle dramatique qui démontre qu’il peut être bien plus qu’une simple montagne de muscle écervelée. Nous y retrouverons aussi Billie Lourd, fille de la regrettée Carrie Fisher, qui a peut être un peu connu ce que son personnage traverse.
Tout en contraste entre strass et paillettes et des rues de Las Vegas désertes qui ressemblent à l’envers du décor, The Last Showgirl est un film très émouvant qui célèbre la passion qui se perd de plus en plus au profit de l’argent. Plein de surprises sur la vie privée de son héroïne, le film fera se questionner le spectateur sur les choix et sacrifices que nous sommes parfois amené à faire. Jamais nous aurions pensé voir Pamela Anderson aussi crédible dans un rôle loin de la bimbo qu’elle était au sommet de sa carrière. Il faut dire qu’elle est très bien entourée par des acteurs tous très impliqués pour donner le meilleur d’eux mêmes.
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