NÉ UN QUATRE JUILLET d’Oliver Stone [Critique Blu-Ray 4K]
Pour son 35ème anniversaire, le film Né Un Quatre Juillet d’Oliver Stone ressort dans un combo 4K + Blu-Ray chez l’Atelier D’Images.
Si au début de sa carrière, Tom Cruise s’est régulièrement aventuré dans un registre dramatique, aujourd’hui il semble avoir totalement abandonné tout idée d’être véritablement reconnu en tant qu’acteur de talent pour se contenter d’enchaîner les films d’action bien plus lucratifs. Pour les nostalgiques de ses débuts et pour ceux qui ne l’ont jamais vu, le drame Né Un Quatre Juillet d’Oliver Stone vient de ressortir pour son 35ème anniversaire dans un luxueux digibook 4K Ultra HD + Blu-Ray le 15 avril 2025.
Trois ans après son film de guerre Platoon, Oliver Stone se retrouvait à nouveau à parler de la Guerre du Vietnam dans Né Un Quatre Juillet. Un biopic consacré au vétéran Ron Kovic dont il devait initialement n’être que scénariste avant d’être propulsé réalisateur du projet après bien des difficultés pour financer le long métrage. Grand bien lui aura pris puisque ce drame a été récompensé des Oscars de la meilleure réalisation et du meilleur montage et des Golden Globes de Meilleur Film Dramatique, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario et Meilleur Acteur Dans Un Drame pour Tom Cruise.
On ne peut pas faire plus patriotique que Ron Kovic qui comme le titre du film l’indique est né le 4 juillet 1946, jour de la Fête Nationale américaine. Prenant quelques libertés avec la réalité, Oliver Stone semble vouloir imiter le style de Steven Spielberg pour raconter la jeunesse de son héros. Elevé dans une famille américaine moyenne mais rêvant à un brillant avenir qui selon les rêves de sa mère pourrait le conduire à devenir un homme politique influent tel le président John Fitzgerald Kennedy. Avec en plus John Williams à la musique pour accentuer la ressemblance, cette première partie très académique pleine de jolies images et de bons sentiments étonne de la part d’Oliver Stone.
Nous reconnaitrons bien plus sa touche dans le prochain chapitre du film consacré à la période où Ron Kovic est parti faire la guerre au Vietnam et où il a été gravement blessé. Il y a un vrai contraste entre ces deux premières parties passant presque de la comédie au film d’horreur avec des plans qui semblent avoir été filmés camera à l’épaule pour accentuer la violence et l’ignobilité de la guerre. Mais les scènes les plus dures seront celles qui suivent dans l’hôpital complètement délabré de Brooklyn où il a été soigné pendant de long mois après la blessure qui l’a rendu paraplégique.
Le troisième et dernier acte reprendra une réalisation plus classique dans la forme mais où Oliver Stone va exprimer tout son engagement politique qui lui vaut bien des difficultés à faire financer ses longs métrages. Encore très patriotique en revenant de la guerre malgré sa blessure, Ron Kovic prendra conscience de la réalité de la situation et se ralliera finalement du coté des manifestants anti-guerre après s’être battu contre le traumatisme de la guerre qui l’a plongé dans l’alcool. Une période de dépression qui l’a conduit à se réfugier au Mexique où Willem Dafoe joue lui aussi un autre vétéran de guerre avec des scènes très marquantes face à Tom Cruise.
Là où le choix de Tom Cruise semble particulièrement judicieux pour incarner Ron Kovic est qu’on imagine bien l’acteur avoir eu un peu la même enfance pleine d’ambition. En voyant le personnage se battre pour remarcher malgré l’avis des médecins, nous pouvons aussi nous imaginer que Tom Cruise ferait exactement la même chose s’il venait un jour à se blesser gravement dans une de ses dangereuses cascades. Il démontre en tout cas ici ses véritables talents d’acteur, malheureusement trop éclipsés ces dernières années, avec une véritable transformation physique et psychologique de son personnage. Alors que nous avons l’habitude de le voir quasiment toujours avec la même coiffure dans ses différents rôles, il y a ici une véritable évolution capillaire étonnante même si les perruques et fausses moustaches sont un peu trop voyantes.

Taillé pour les Oscars afin de rendre l’hommage qu’il mérite à Ron Kovic, Né Un Quatre Juillet a été dignement récompensé pour cela mais étonne par un classicisme qui laisse à penser qu’Oliver Stone a délibérément caché sa vraie patte pour mieux faire passer son message politique. A voir Tom Cruise s’impliquer dans un rôle avec une vraie évolution comme ici nous fait vraiment regretter qu’il se soit désormais uniquement transformé en cascadeur de luxe.
LE BLU-RAY 4K : Simple remasterisation en 4K, l’image de Né Un Quatre Juillet bénéficie ici d’une définition jamais vue pour le film qui rend les scènes de paysages et les éclairages naturels vraiment magnifiques mais qui n’a pas l’éclat d’un véritable film tourné au format. C’est même à se demander si les problèmes de perruques ne sont pas plus flagrant avec cette qualité d’image. Question bonus le disque 4K ne contient que le commentaire audio d’Oliver Stone forcément très intéressant en terme d’anecdotes de tournage et analyse de plans. (NDLR : il faudra regarder sur le Blu-Ray que je n’ai pas eu en test pour y trouver deux documentaires supplémentaires)
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