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ÉVANOUIS de Zach Cregger [Critique Ciné]

Évanouis de Zack Cregger

Zach Cregger s’impose comme un nouveau genre de maître de l’horreur avec son surprenant Évanouis.

Comment avoir plus faux que l’équipe marketing française de Warner Bros pour nous vendre leur nouveau film d’horreur Évanouis. Au lieu d’afficher clairement comme aux États Unis qu’il s’agit du nouveau film de Zach Cregger dont tous les fans d’horreur ont pu apprécier l’original Barbare, le studio préfère mettre en avant qu’ils sont les producteurs des franchises Ça et Conjuring. Deux sagas qui n’ont strictement rien à voir avec ce que nous réserve le cinéaste pour cette nouvelle histoire qui risque de déconcerter plus d’un spectateur s’attendant à un long métrage horrifique des plus conventionnels.

A cause du Covid, Barbare n’avait pas pu sortir au cinéma en France et avait échoué directement sur Disney+ avant de pouvoir ensuite arriver récemment sur Netflix où il a fait à nouveau sensation. Tout fan de films d’horreur qui se tient un peu à l’affut n’avait pas pu échapper au buzz que le long métrage avait causé outre-Atlantique nous donnant très envie de découvrir cette curiosité. Et nous n’avions clairement pas été déçus du résultat. Producteur entre temps de l’excellent Companion, Zach Cregger veut clairement sortir des sentiers battus du genre au grand dam de Warner Bros qui fait n’importe quoi pour tromper le spectateur. Cela commence dès le  titre passé sans raisons de Weapons (armes) en version originales à Évanouis.

Évanouis de Zack Cregger

C’est une voix d’enfant qui nous présentera le point de départ d’Évanouis. La disparition mystérieuse d’un groupe d’enfants qui à 2h17 du matin ont volontairement quitter leur maison pour partir en courant bras en arrière comme Naruto et disparaitre en ligne droite dans la nature. Ils étaient tous les élèves de  la classe de Justine Gandy dont un seul enfant n’a curieusement pas disparu. Alors que les autorités restent impuissantes face à ce mystère, les parents en colère mettront tout sur le dos de leur institutrice pourtant tout aussi désemparée qu’eux face à ce phénomène.

Le début d’Évanouis donnera plus l’impression de se retrouver devant un thriller qu’un film d’horreur. Hormis cette mystérieuse disparition, il ne se passe rien de véritablement effrayant dans les premières scènes d’introduction. Évanouis est conçu en chapitre centré à chaque fois sur un personnage différent pour présenter le déroulé des faits depuis différents point de vue : L’institutrice, un parent en colère, un flic, un junkie, le proviseur, et le seul enfant rescapé. Dans leur histoire nous distinguerons rapidement que les seuls éléments horrifiques sont dans leur rêves. Cependant l’apparition régulière d’une étrange figure d’apparence presque clownesque viendra particulièrement nous intriguer. Prenant vraiment son temps pour dérouler son intrigue, ce n’est que très tard que nous découvrirons qui est cet étrange personnage. C’est à partir de là qu’Évanouis prendra vraiment sa dimension horrifique mais impossible d’en dire plus sur le scénario pour ne pas gâcher la découverte. 

Évanouis de Zack Cregger

Le rythme lent propre aux œuvres fantastiques pour faire monter l’angoisse a ici le défaut de donner à Évanouis l’impression de se trainer un peu trop en longueur. Nous ne pourrons nous empêcher de relever quelques incohérences dans le comportement de certains personnages comme l’institutrice qui préfère prévenir son proviseur plutôt que son ami policier en découvrant des faits étranges. La construction en chapitre demandera aux spectateurs de reconstituer en permanence la frise chronologique des événements mais nous aurons parfois du mal à pouvoir tout replacer correctement dans l’ordre. Et puis il y a la scène finale complétement folle et irrésistiblement drôle. C’en est même à se demander si c’était vraiment l’effet recherché tant cela est étonnant mais c’est en tout cas un final explosif que nous  ne lasserons jamais de revoir.

Après le navrant Wolf Man, cela fait plaisir de retrouver Julia Garner dans le rôle de cette pauvre institutrice pour laquelle nous pourrons nous empêcher de compatir. Le plus étonnant sera de retrouver ici Josh Brolin parfait pour incarner le père en colère d’un des jeunes disparus. Clairement nous n’aimerions pas être face à lui ! Entre la nouvelle Surfeuse d’Argent et Thanos nous retrouverons aussi Benedict Wong célèbre pour son rôle dans le Marvel’s Cinematic Universe qui joue ici le proviseur gay dont le sort va marquer les esprits. Nous aurons presque une hésitation avant de reconnaitre Alden Ehrenreich, ex-jeune Han Solo, dans le rôle de policier loser qui nous amusera dans ses déboires. Il ne faut pas oublier Amy Madigan absolument effrayante dans le rôle clé du film.

Évanouis de Zack Cregger

C’est presque un nouveau genre de film d’horreur que Zach Cregger cherche à créer avec Barbare et maintenant Évanouis. Des histoires très bien écrites qui ne cherchent pas  à provoquer l’effroi à tout bout de champ mais réserve de grands moments étranges, dérangeants et parfois vraiment violents avec des effets gores très réussis. Certes moins fort que Substitution – Bring Her Back, Évanouis devra être vu par tous les fans d’épouvante lassé par les films trop formatés qui sortent à lon gueur d’année.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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