SIRAT de Óliver Laxe [Critique Ciné]

Récompensé du Prix Du Jury à Cannes, Sirāt est pourtant l’une des plus grosses purges de l’année.
Une chose est sûre nous n’irons jamais au cinéma avec Juliette Binoche ! Présidente du Jury du dernier Festival de Cannes, l’actrice ne sait visiblement juger les films que pour leurs messages et non pas pour leurs qualités cinématographiques. Son palmarès correspond parfaitement à l’image élitiste et ennuyeux que la majorité des gens ont du festival. Récompensé du Prix du Jury alors qu’il y avait pourtant de bien meilleurs films en compétition, Sirāt est le parfait exemple du long métrage pompeux que seul l’Intelligentsia parisienne ira voir et fera semblant d’apprécier.
Bien que récompensé également du Prix de la Meilleure Bande Originale, c’est sur un fond noir sans aucune musique que défile le générique d’ouverture de Sirāt. Et pour cause puisque les enceintes ne seront installées que dans la toute première scène du film ! Les préparatifs d’une rave party où un mur d’enceintes dressé face à une impressionnante montagne va bientôt ambiancer une bande de marginaux sous substances, en trance sans même suivre le rythme de la musique. Dans cette teuf, un père accompagné de son jeune fils est à la recherche de sa fille disparue, distribuant des avis de recherche à tous les ravers. Sans résultat dans ses recherches, il décidera de suivre un petit groupe de teufeurs en route vers leur prochaine Rave Party dans le désert marocain.

Alors que la bande annonce était monté très habilement pour nous faire croire à un Road Movie entre Le Salaire De La Peur et Mad Max Fury Road, où un groupe de voyageurs finira par sombrer dans la folie face aux dangers du désert, nous ne tarderons pas à nous rendre compte que nous nous sommes bien fait avoir et que Sirāt n’est pas du tout le film que nous nous étions imaginé. Pour un film de rave party, ce n’est visiblement pas sous ecstasy qu’Oliver Laxe semble avoir tourné son long métrage mais plutôt sous Xanax tant le film se montrera immédiatement beaucoup trop lent et rempli de scènes inutiles.
À l’image des dramaturgies grecques, Sirāt se voudrait être non pas un Feel-Good Movie mais plutôt un film cathartique demandant aux spectateurs d’aller puiser en eux leurs plus sombres réflexions sur la mort. Un soudain accident dramatique très mal amené en plein milieu du film est censé marquer le début de cette introspection. Mais pour le spectateur plus terre à terre attaché à ce que propose réellement les images et le scénario, il verra surtout une bande de ramollis du ciboulot incapable de réagir à temps pour éviter le drame. Le Sirāt est une sorte de fuite en avant où il ne semble jamais possible de revenir en arrière.

Très mal mis en scène, il se dégage de Sirāt l’impression d’être plus devant un documentaire qu’à une fiction devant cette bande de teuffeurs composée d’acteurs amateurs qui semblent tenir leurs propres rôles. Alors qu’il manque à l’un une jambe et à un autre une main, un t-shirt du film Freakshow porté par l’un des personnages laisse à penser qu’Oliver Laxe a cherché à reproduire une sorte de parade monstrueuse. C’est en fait par simple envie d’inclusion que le réalisateur a du choisir ces malheureux handicapés pour montrer les épreuves que nous pouvons traverser dans la vie. Dommage qu’il n’ait pas pensé à mieux développer leur back story pour les rendre plus attachants autrement que dans des tunnels de dialogues tellement ridicules qu’ils semblent être totalement improvisés.
À notre grande surprise Sirāt tournera subitement à l’absurde dans une dernière partie explosive. Après s’être ennuyé ferme pendant plus d’une heure, impossible de ne pas exploser de rire face au sort subitement réservé a cette insupportable bandes de losers. Il faudra croire que ce sont plutôt nos nerfs qui sont en train de craquer plutôt qu’une réelle volonté du réalisateur de tout d’un coup se prendre pour Quentin Dupieux mais ces quelques minutes de franche rigolade resteront le meilleur passage du film.

Oui vous allez souffrir devant Sirāt. Non pas pour les vertus cathartiques voulues par Oliver Laxe mais juste parce que ce long métrage est un vrai calvaire à regarder. Avec pour seule ambition de nous rappeler que nous allons tous mourir un jour Sirāt est une véritable purge qui vous plongera dans un ennui mortel avec pour seule respiration quelques minutes de franche rigolade lors d’un final explosif totalement absurde.
A Lire Aussi
PRIMETIME de Lance Openheimer [Critique Ciné]
Robert Pattinson incarne un autre type de justicier dans l’excellent Primetime sorti trop discrétement ce mercredi.
HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]
Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.
RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]
Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.
SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]
Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.
PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]
Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.
