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	Commentaires sur : NOCTURAMA de Bertrand Bonello [Critique Ciné]	</title>
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	<description>Site d actus et critiques Cinéma, Métal, Rock, J-Pop, Jeux Vidéo, Blu-Ray et Séries TV</description>
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		Par : lanuitartificielle		</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lanuitartificielle]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Sep 2016 20:06:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le regard de Bonello sur la jeunesse n’est pas tendre. Il la montre, comme Arthur Penn le faisait avec Bonnie and Clyde en son temps, à bout de souffle, à bout d’idéal, mais dans une détermination sans limite à aller jusqu’au bout de ce qu’elle aura entrepris. Ici, il sera à peine question d’essayer de s’échapper et la mort réservée aux sept adolescents ressemblera par bien des côtés à l’issue fatale de la geste des deux gangsters. Car dès le départ, leur entreprise est désespérée et l’intrusion dans la Samaritaine montrée comme une auto-asphyxie.

Plus qu’un discours critique, Nocturama est donc un diagnostic extrêmement pessimiste sur l’état de tension auquel est parvenu la jeunesse et donc avec elle toute la société française. À cet égard, l’actualité lui a plus que donné raison en transformant ce qui relevait de la fiction quasi-parabolique en actualité brute. Néanmoins, on l’a vu, le film s’adosse à un certain nombre de croyances qui en font aussi la limite et rendent parfois son discours inactuel.

Ou peut-être utopique. Si la jeunesse existe encore comme entité, ce n’est plus positivement comme corps un, capable d’agir, mais négativement : comme corps malade. La seule force qui unisse tous les jeunes, c’est le trouble produit par le vide idéologique. Or, ce désarroi, il n’est pas sûr que le film le cerne complètement. Ou peut-être est-ce sciemment qu’il décide de maintenir l’hypothèse d’un corps un, par la fiction (fût-elle désespérée), dans un geste utopique.

Quoi qu’il en soit, l’Histoire a rattrapé et devancé la fiction, exhibant, au cœur du film comme dans tout le cinéma français, l’image manquante du présent : une image fidèle, c’est-à-dire capable d’en saisir la complexité, sans nécessairement renoncer à la fiction. Une image qui manque ici comme elle manque ailleurs et qui pallie (provisoirement ?) le vide politique. Sans combler ce vide, Nocturama s’aventure néanmoins sur un terrain où peu d’autres sont allés et il contribue sans aucun doute à dresser une cartographie du monde présent.

www.lanuitartificielle.wordpress.com]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le regard de Bonello sur la jeunesse n’est pas tendre. Il la montre, comme Arthur Penn le faisait avec Bonnie and Clyde en son temps, à bout de souffle, à bout d’idéal, mais dans une détermination sans limite à aller jusqu’au bout de ce qu’elle aura entrepris. Ici, il sera à peine question d’essayer de s’échapper et la mort réservée aux sept adolescents ressemblera par bien des côtés à l’issue fatale de la geste des deux gangsters. Car dès le départ, leur entreprise est désespérée et l’intrusion dans la Samaritaine montrée comme une auto-asphyxie.</p>
<p>Plus qu’un discours critique, Nocturama est donc un diagnostic extrêmement pessimiste sur l’état de tension auquel est parvenu la jeunesse et donc avec elle toute la société française. À cet égard, l’actualité lui a plus que donné raison en transformant ce qui relevait de la fiction quasi-parabolique en actualité brute. Néanmoins, on l’a vu, le film s’adosse à un certain nombre de croyances qui en font aussi la limite et rendent parfois son discours inactuel.</p>
<p>Ou peut-être utopique. Si la jeunesse existe encore comme entité, ce n’est plus positivement comme corps un, capable d’agir, mais négativement : comme corps malade. La seule force qui unisse tous les jeunes, c’est le trouble produit par le vide idéologique. Or, ce désarroi, il n’est pas sûr que le film le cerne complètement. Ou peut-être est-ce sciemment qu’il décide de maintenir l’hypothèse d’un corps un, par la fiction (fût-elle désespérée), dans un geste utopique.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, l’Histoire a rattrapé et devancé la fiction, exhibant, au cœur du film comme dans tout le cinéma français, l’image manquante du présent : une image fidèle, c’est-à-dire capable d’en saisir la complexité, sans nécessairement renoncer à la fiction. Une image qui manque ici comme elle manque ailleurs et qui pallie (provisoirement ?) le vide politique. Sans combler ce vide, Nocturama s’aventure néanmoins sur un terrain où peu d’autres sont allés et il contribue sans aucun doute à dresser une cartographie du monde présent.</p>
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