CREATIVE CONTROL de Benjamin Dickinson [Critique Ciné]

 

Creative Control

 

Pour son second film, Creative Control, le réalisateur Benjamin Dickinson s’imagine en Woody Allen du futur en mélangeant science fiction et drame.

 

 

SYNOPSIS : Dans un futur proche à Brooklyn, David se voit confier le contrôle créatif de la campagne de la marque de lunettes de réalité augmentée Augmenta. Alors qu’il est chargé de découvrir le produit, il va s’en servir pour réaliser un de ses fantasmes et va petit à petit perdre pied avec la réalité.

 

Même si la réalité augmentée sera certainement adoptée par le grand public d’ici peu, elle continue encore à effrayer et inspire de nombreux réalisateurs. Le dernier en date est Benjamin Dickinson avec ce Creative Control. Au premier abord, le film pourrait ressembler à un épisode de la série Black Mirror ou un film dans la lignée de Her ou Ex-Machina avec un noir et blanc esthétique et des ambitions qui donnent envie de le découvrir. Mais en fait derrière cette fausse image donnée par la bande annonce se cache en réalité un tout autre film.

 

Creative Control

 

Creative Control perd en effet très vite son coté science fiction pour n’en faire que le fond d’un drame sur l’usure du couple. Bien qu’en couple avec une très belle prof de yoga, David ne peut s’empêcher de tomber sous le charme de la copine de son meilleur ami. Après avoir réussi à lui voler un baiser, il ne pensera plus qu’à elle et son couple va commencer à sérieusement battre de l’aile. En attendant de pouvoir la conquérir, il créé un double virtuel sur ses nouvelles lunettes de réalité augmentée lui donnant rapidement l’impression que leur couple est devenu réalité alors que tout se passe dans sa tête.

En plus de réaliser et écrire le film, Benjamin Dickinson est aussi l’acteur principal de Creative Control. Son look de hipster donne clairement le ton du long métrage. Visiblement bien prétentieux, le réalisateur s’imagine déjà comme le digne successeur de Woody Allen pour le thème de son histoire mais ses dialogues sont rarement au niveau du maître de la comédie New Yorkaise. Pour la mise en scène c’est du coté  de Stanley Kubrick que lorgne Benjamin Dickinson : Ralentis, musique classique et un plan sur une moquette rappelant celle de Shinning, les clins d’œil sont flagrants mais sont bien moins esthétiques.

 

Creative Control

 

C’est probablement aussi pour se donner des allures de réalisateurs indépendants  qu’il a opté pour un film en noir et blanc comme devaient le faire les metteurs en scène avant le numérique lorsqu’ils n’avaient pas assez d’argent pour tourner en couleur. Le problème est toujours le même, le noir et blanc en numérique n’a pas le charme de l’argentique et rend le film beaucoup moins esthétique qu’il semblait l’être. Cela manque de contraste et de grain pour donner du charme au film et ne donnera même pas le coté froid que l’on attend d’un film d’anticipation.

C’est d’autant plus dommage que Creative Control nous permet de retrouver la charmante Nora Zehetner qui avait troqué des débuts prometteurs au cinéma au début des années 2000 pour une carrière à la télévision dans les séries Heroes, Grey’s Anatomy et Mad Men. Elle joue ici la copine de David dont on aura plus envie de prendre le parti. Dans le rôle de son fantasme on trouve Alexia Rasmussen encore inconnue chez nous, elle finira certainement par faire parler d’elle car elle démontre ici un véritable potentiel.

 

Creative Control

 

Avec Creative Control, Benjamin Dickinson donne plus l’impression d’avoir tournée une démo technique de son prétendu talent qu’un véritable long métrage. Le réalisateur perd trop de temps dans des scènes totalement inutiles juste pour se faire passer pour un véritable artiste mais il ne suffit pas de tourner au ralenti avec un fond de musique classique pour être le nouveau Kubrick. Creative Control est clairement un film de hipster pour les hipsters et laissera les autres spectateurs sur le carreau face à ces personnages horripilants et un sujet mal exploité. Reste quelques scènes amusantes et la beauté des des deux actrices pour donner un minimum d’intérêt à ce long métrage.

 

MON AVIS : 1/5

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  • RÉALISATEUR : Benjamin Dickinson
  • AVEC : Benjamin Dickinson, Nora Zehetner, Alexia Rasmussen et Dan Gill
  • SCÉNARISTES : Benjamin Dickinson et Micah Bloomberg
  • COMPOSITEUR : Drazen Bosnjak
  • GENRE : Science Fiction, Anticipation, Drame
  • DURÉE : 1h37
  • NATIONALITÉ : Américain
  • DISTRIBUTEUR : Damned Distribution
  • SITE OFFICIELhttp://creativecontrolmovie.com/
  • DATE DE SORTIE : 9 novembre 2016

 

 

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