CROWS ZERO I & II de Takashi Miike [Critique Blu-Ray]
Les films cultes Crows Zero I & II de Takashi Miike sont réédités dans un superbe coffret chez Roboto Films.
Avec plus de 100 films et séries à son effectif, le réalisateur japonais Takashi Miike a une filmographie tellement riche que chaque fan pourra avoir son film préféré. Si le monde entier retient surtout Audition, Ichi The Killer ou Visitor Q, les amateurs de castagne gardent aussi en tête les films Crows Zero I & II. Á l’approche de leur vingtième anniversaire, ces deux films déjà sortis en Blu-Ray en 2012 mais épuisés depuis ressortent en coffret chez Roboto Films en ce mois de mai 2026 dans une sublime édition qui pourrait bien être qualifiée d’ultime par la qualité de son image et ses très nombreux bonus.
Habitué aux adaptations live de manga, Takashi Miike réalise avec Crows Zero I & II une prequel au manga Crows écrit et dessiné par Hiroshi Takahashi qui avait été publié entre 1990 et 1998. Mais au lieu de reprendre les héros du manga qui ne feront que de brèves apparitions, les films scénarisés par Shōgo Mutō ont pour principaux héros deux personnages qui ne figurent pas dans l’histoire d’origine. Deux élèves de terminal du lycée Suzuran, Genji Takiya et Tamao Serizawa qui vont s’affronter pour en devenir le roi.
Crows Zero I commence au début de l’année scolaire dans le lycée Suzuran. Un établissement malfamé et insalubre qui a pour réputation de n’accueillir que des élèves en échec scolaire. Ce sont ce qu’on appelle au Japon des « Furyō », une sorte de voyous au look particulier reconnaissables par leurs coiffures souvent excentriques. Parfait représentant du genre, Genji Takiya vient d’être transféré en terminal dans ce lycée. Il découvrira très vite que celui ci est dominé par Tamao Serizawa recherché à la fois par les Yakuza et par la police. D’un premier regard presque complices, les deux élèves finiront par devenir rivaux lorsque Genji va revéler ses intentions de prendre le contrôle sur le lycée.
Sorte de génération perdue, les élèves de Suzuran ne semblent être que des Yakuza en devenir tant ils paraissent connaitre que la violence. Le personnel enseignant s’y fait tellement discret que les élèves peuvent librement se livrer toute la journée à d’immenses batailles entre eux. Uniquement poings et pieds autorisés mais cela suffira pour les mettre bien souvent en piteux état. C’est bien là que nous nous rendrons compte que Crows Zero est tiré d’un manga car malgré les nombreuses blessures qu’ils pourront se faire, ces lycéens sont assez miraculeusement capable de guérir d’un jour à l’autre sans être pourvu pourtant de superpouvoirs pour pouvoir se battre à nouveau le lendemain.
Dépassant tous les deux les deux heures, Crows Zero I & II sont vraiment des films de baston où le scénario n’est que prétexte à plus d’affrontements. S’il y a bien une histoire derrière ces deux films, elle ne prendra beaucoup de place dans les films. Le réalisateur prend tout son temps pour installer ses intrigues durant une grosse première partie avant de finalement conclure son histoire au milieu de la grande bataille finale montrant bien le peu d’importance que lui accorde Takashi Miike. Crows Zero I aborde pourtant des sujets intéressant et dramatiques déjà sur l’avenir d’une telle jeunesse mais aussi la relation que Genji peut entretenir avec son père Yakuza et avec un autre Yakuza raté qui va devenir une sorte de mentor rigolo. Il se profile aussi une romance avec une jeune chanteuse qui sera au final très peu exploitée. Peut être trop de sujets en fait pour un simple long métrage.
Crows Zero II donne lui l’impression au début de ne plus être centré sur Genji Takya et Tamao Serizawa mais sur Noboru Kawanishi. Un nouveau personnage qui a passé deux ans en maison de redressement pour avoir accidentellement tué un membre de l’école rivale Hosen. A son retour à Suzuran, cette bande rivale va venir demander réparation et la trêve entre les deux écoles va prendre fin. Sans grand avenir, Noboru souhaite devenir Yakuza et devra pour cela commetre un acte grave. Tandis que celui-ci partira se mettre au vert après cela, Genji repassera au centre pour tenter encore de rallier derrière lui les élèves de Suzuran pour affronter cette bande rivale.
Si cela n’en donne pas l’air comme cela, Crows Zero I & II ne manquent vraiment pas d’humour. Les deux films compte de nombreuses scènes vraiment très amusantes dans un esprit manga pas toujours très réaliste mais ajoutant à la réussite du film. Takashi Miike semble avoir eu les moyens pour créer de remarquables décors dans les deux longs métrages. Dirigé avec beaucoup de précisions, les scènes d’affrontement sont bien souvent spectaculaires dans le nombre d’acteurs impliqués et leur mise en scène sur fond de punk rock japonais. Les maquillages sont eux aussi vraiment très réussis pour simuler à la perfection des blessures souvent bien sanguinolentes.
Il faudra se montrer plutôt physionomiste pour garder en tête qui sont tous les nombreux personnages de Crows Zero I et II. En cela, les coupes de cheveux très particulières aideront bien. Le film met en scène des acteurs très charismatiques dont certains pourront faire craquer les spectatrices par leur aspect bad boy sexy et cool. En plus de très bien jouer, ils se montreront pour la plupart des combattants hors pair. Il s’agit de Shung Oguri héros récent du drama Romantics Anonymous et Takayuki Yamada revu récemment dans le film Good News pour ne citer que les deux principaux mais tout l’ensemble le mériterait bien. Seul personnage féminin d’importance, l’actrice chanteuse et mannequin Meisa Kuroki tient le rôle de la potentielle petite amie que nous entendrons aussi chanter mais qui ne sera malheureusement pas assez présente dans les deux films.
Formant une sorte de même film en deux parties Crows Zero I & II mériteraient largement d’être plus souvent cités parmi les meilleurs films de Takashi Miike. Deux grands longs métrages de furyō à l’histoire captivante et aux scènes d’action spectaculaires qui ont tout pour satisfaire aussi bien les amateurs d’intrigues mafieuses que de baston. De vrais classiques du genre à voir et à revoir encore.
LE BLU-RAY : L’image de Crows Zero I & II est particulièrement somptueuse au point que nous pourrions croire à du 4K rendant cette nouvelle édition vraiment indispensables. Comme dans de nombreux films, il y a cependant une grosse différence de volume avec des scènes musicales bien plus fortes que celle de dialogues. Question bonus nous sommes particulièrement gâté avec un très long making of de Crows Zero I qui laisse vraiment voir comment le film a été tournés et un autre plus court sur Crows Zero II dans la même veine mais un peu moins riche. Il y a aussi l’amusante avant première japonaise, une courte interview du réalisateur et deux interventions intéressantes d’un connaisseur de Takashi Miike et d’une lectrice de mangas sur les Furyō.
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