MY SUNSHINE de Hiroshi Okuyama [Critique Ciné]
Porté par un sublime trio, My Sunshine touchera au cœur tous les fans de cinéma asiatique.
Révélé par son film Jésus sorti judicieusement en France le 25 décembre 2018 le réalisateur Hiroshi Okuyama fait son retour au cinéma tout juste six ans plus tard avec My Sunshine. Un nouveau mélodrame de premier amour adolescent sur fond de patinage artistique qui n’aura pas de peine à séduire tout amateur de cinéma asiatique mais qui risque encore de surprendre les non initiés à ce genre de récit.
My Sunshine a pour héros le jeune Takuya. Toujours la tête en l’air même quand il est en train de jouer au baseball ou au hockey sur glace. Mais lorsqu’il va découvrir les exploits de patinage de la jeune Sakura, il sera totalement subjugué. Mais est-ce par le patinage ou par la jeune fille ? Probablement un peu les deux. En tout cas, pour la première fois il se prendra vraiment de passion pour un sport au point de s’y essayer avec ses patins de hockey qui ne sont pas le mieux adapté pour cela.

En le voyant se démener comme cela, Arakawa verra en lui le jeune patineur qu’il était. Ancienne star de cette discipline, il se retrouve prof de patinage dans cette petite ville de l’île d’Hokkaido au grand étonnement de ses habitants. Décidant de le former, il va l’associer à la jeune prodige qu’il entraine. Bien que visiblement réticente a cette idée, Sakura se sentira un peu obligé d’accepter. Tout en douceur, My Sunshine suivra leurs étonnants progrès sur la glace.
Comme d’habitude avec ce genre de mélodrame japonais, ce sera aux spectateurs de tenter d’imaginer les réflexions intérieures de ce trio de personnages alors que le réalisateur Hiroshi Okuyama se contente de les filmer en train de songer. Nous nous étonnerons de voir les deux ados pouvoir se tenir par la hanche et par la main dans leur pratique de leur sport alors que dans de nombreux manga et drama japonais même les jeunes couples n’osent le faire. Malheureusement jamais nous n’aurons accès aux véritables pensées de ces trois personnages principaux.

Si sur le coup cela ne se montrera pas gênant, c’est en repensant au film en sortant de la séance que l’on se dit que nous aurions aimé que le cinéaste nous en montre plus au lieu de devoir se construire un peu par nous même cette histoire pleine de non-dits. Cette liberté d’imaginer ce que pensent les deux enfants et leur entraîneur et comment cette histoire pourrait se poursuivre est plaisante mais quelles étaient les véritables intentions de Hiroshi Okuyama en filmant cette histoire ? Nous ne le saurons peut être qu’en allant lire ses interviews. Abordant des sujets graves qu’il ne révélera sur le tard, il donne l’impression de ne pas avoir osé aller au bout de son message en nous laissant tirer nous même les conclusions.
Les amateurs de ce genre de mélodrames japonais seront certainement subjugués par la beauté des images de My Sunshine avec ses magnifiques plans de patinoires éclairées par les rayons de soleil qui donnent leur nom au film. Sur fond de variantes du morceau Clair De Lune de Debussy, le film rappellera aussi un peu le Perfect Days de Wim Wenders avec les k7 de classique rock qu’écoute l’entraineur Arakawa. Après avoir soigné sa mise en scène et sa bande son, il ne reste plus à Hiroshi Okuyama d’aller au bout de ses idées de scénario même si ce genre de mélodrames japonais est très souvent conçu ainsi.
My Sunshine est une très beau film plein de nostalgie sur les premiers amours et les regrets dans la vie. Très plaisant à suivre, il y a cependant quelque chose de frustrant dans cette manie de devoir nous même percer le mystère de ce que peuvent réellement penser les personnages dans leur tête. A chacun d’en tirer ses conclusions même si certains spectateurs risquent de rester sur leur faim.
A Lire Aussi
PRIMETIME de Lance Openheimer [Critique Ciné]
Robert Pattinson incarne un autre type de justicier dans l’excellent Primetime sorti trop discrétement ce mercredi.
HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]
Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.
RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]
Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.
SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]
Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.
PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]
Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.


