SEPTEMBER & JULY de Ariane Labed [Critique Ciné]
L’actrice Ariane Labed passe pour la première fois derrière la caméra pour l’émouvant September & July.
Découverte dans les films de Yórgos Lánthimos avant de se frotter aux blockbusters avec son rôle dans l’adaptation du jeu vidéo Assassin’s Creed, l’actrice Ariane Labed se lance dans la réalisation de son premier long métrage avec September & July. Un nouveau drame sur les affres de l’adolescence légèrement teinté de fantastique. Sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, le film ne bénéficie pas d’une large distribution ni même de beaucoup de promotion mais il mérite pourtant d’être découvert.
Pour ce premier long métrage, Ariane Labed a choisi d’adapter le roman Sœurs de Daisy Johnson. Une histoire qui semble s’inspirer en partie du film sud-coréen 2 Sœurs (A Tale Of Two Sisters) comme le suggère la premier scène où September et July sont prises en photo par leur mère se tenant la main et le visage teint en blanc dans de veilles robes aspergée de sang. C’est avant tout un hommage au Shining de Stanley Kubrick mais d’autres éléments de l’histoire nous y feront penser.
September et July sont deux sœurs qui comme leur prénom le laisse deviner n’ont que dix mois d’écart. Elles sont élevées par leur mère célibataire artiste photographe réputée. Une éducation hors norme qui vaut aux deux jeunes filles d’être régulièrement harcelées au lycée parfois même très violement. Très soudées, Les deux sœurs n’ont peu à faire des railleries de leurs camarades de classe et n’hésitent pas à répondre tout aussi violement. Ce qui conduira September à être régulièrement suspendue de l’école.
A la maison, September ne se comporte pas vraiment mieux. Nous découvrirons rapidement la relation assez toxique qu’elle entretient avec sa petite sœur. Elle la siffle comme un chien, l’appelle constamment « Silly July » (idiote July) et lui donne des ordres absurdes sous forme de « Jacques a dit ». « September Says » est d’ailleurs le titre original du film. Cela est presque mignon car September ne semble vraiment pas malintentionné. C’est plutôt une expression maladroite de l’amour qu’elle porte à July. Elles ont d’ailleurs souvent des moments de complicité amusants comme lorsqu’elles remplacent les voix de candidats de téléréalité par des bruits d’animaux,
A suivre leur quotidien, nous ne tarderons cependant pas à craindre que cette histoire se termine mal. Un événement brutal finira par bouleverser leur quotidien mais nous serons réellement surpris par le véritable twist de l’histoire auquel nous nous attendions vraiment pas. Des problèmes liés à l’adolescence de la première partie, le film basculera alors sur un tout autre sujet très intime et émouvant.
Toutes deux encore quasi-débutantes les deux jeune actrices Pascale Kann qui joue September et Mia Tharia qui joue July sont vraiment remarquables. Elles portent à merveille cette surprenante histoire. Pour ses débuts dans l’écriture et la réalisation d’un long métrage, Ariane Labed fait preuve d’une véritable originalité. Filmé à l’ancienne sur pellicule, le film comporte de très jolis plans. De quoi avoir envie de voir ce que réserve l’avenir de l’apprenti réalisatrice.
Nouvelle histoire sur les affres de l’adolescence, September & July aborde le sujet avec beaucoup d’originalité et de surprises. Formidablement bien interprété et magnifiquement mis en scène, il serait dommage de passer à coté du premier film d’Ariane Labed si vous aimez les films qui sortent de l’ordinaire.
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