MICKEY 17 de Bong Joon Ho [Critique Ciné]
Après son Oscar, Bong Joon Ho plante une fois de plus sa caméra à Hollywood pour son nouveau long métrage Mickey 17.
Cinq ans après le succès de son dernier film Parasite, Oscar du meilleur film et Palme d’Or, le réalisateur Bong Joon Ho se laisse à nouveau séduire par les sirènes hollywoodiennes pour son nouveau long métrage Mickey 17. Un film de science fiction satyrique librement adapté du roman Mickey 7 de Edward Ashton par le réalisateur lui-même. Malheureusement à l’image de ses précédents films américains Snowpiercer – Le Transperceneige et OkJa, cette nouvelle histoire ne tient pas toutes ses promesses.
Mickey 17 débute par une scène rappelant fortement l’introduction de L’Empire Contre-Attaque où nous découvrirons que Mickey est coincé dans une caverne de glace avec une tenue rappelant beaucoup celle de Luke Skywalker. Mais avant de savoir quel sort lui sera réservé, l’histoire remontera dans le temps pour nous expliquer comment il est arrivé là. Lorsqu’il était encore sur Terre, Mickey Barnes s’est fortement endetté auprès d’un mafieux qui espère bien récupérer son argent. Pour lui échapper, Mickey décide de se faire engager comme « expendable » dans un voyage spatial de quatre ans vers une nouvelle terre promise sans trop savoir ce qui l’attend réellement.
Sans aucun rapport avec la saga de Sylvester Stallone et autres gros bras, ces « expendables » ou « remplaçables » sont des personnes qui acceptent de servir de cobaye à diverses sortes d’expériences où après leur mort inévitable, ils seront réimprimé en 3D. C’est ainsi qu’à force de mourir, nous sommes désormais à la dix septième incarnation de Mickey. Laissé pour mort, une dix huitième version a été imprimé mais lorsque Mickey 17 va finalement revenir à la base, les deux versions considérés comme des multiples ne vont pas pouvoir rester tous les deux en vie.
Cette première grande partie largement présentée dans la bande annonce est une indéniable réussite. Bong Joon Ho crée une galerie de personnages haut en couleurs dont nous aurons plaisir à suivre les péripéties. Dans un univers glacial qui semble presque se dérouler dans le même monde que Snowpiercer, Le Transperceneige, l’élite de la Société est à nouveau tourné au ridicule à travers le couple à la tête de l’expédition vers la terre promise. Bourré d’humour cette première partie est un vrai régal à voir Mickey mourir encore et encore dans des circonstances diverses et variées. Visuellement très réussi, le film part vraiment sur de très bonnes bases.
Malheureusement, Mickey 17 cache une dernier acte totalement décevant. Le film prendra une étrange tournure de vaudeville dans le soudain affrontement entre le dirigeant et les deux multiples Mickey 17 et 18. Se greffera à cela une guerre avec des créatures extraterrestres rappelant le Starship Troopers de Paul Verhoeven et le Nausicaa d’Hayao Miyazaki qui n’a plus grand rapport avec l’histoire de départ et s’éternise pour rien. Il y aurait été certainement possible de trouver mieux pour terminer cette histoire qui semblait vraiment bien partie.
C’est d’autant plus dommage que Bong Joon Ho a réussi à réunir une belle brochette d’acteurs pour ce nouveau long métrage. Robert Pattinson est excellent dans le rôle de ce looser pathétique Mickey Barnes et arrive à donner des personnalités très différentes aux Mickey 17 et 18. Après son passage chez Yórgos Lánthimos pour Pauvres Créatures, Mark Ruffalo étonne encore dans le rôle du dirigeant à la tête de l’expédition. Que ce soit Toni Colette, Steven Yeun, Naomi Ackie ou Anamaria Vartolomei tous semblent aussi avoir pris grand plaisir à jouer dans cette histoire pleine de folie.
Dans la lignée de Snowpiercer, Le Transperceneige et Okja, Mickey 17 n’est clairement pas ce que Bong Joon Ho a fait de mieux tant il semble bien trop s’inspirer d’autres classiques de la science-fiction sans proposer quelque chose d’innovant. Le long métrage reste cependant un excellent divertissement magnifiquement réalisé et très bien interprété qui aurait mérité un dernier acte plus recherché.
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