JURASSIC WORLD RENAISSANCE de Gareth Edwards [Critique Ciné]
Malgré son titre Jurassic World Renaissance devrait enterrer la franchise par sa médiocrité.
« Mais pourquoi ? » C’est la question que nous nous sommes certainement tous posé en découvrant la sortie d’un septième épisode de la saga Jurassic Park / Jurassic World. Alors que le dernier film Jurassic World Le Monde D’Après semblait conclure pour de bon la saga en réunissant les acteurs des deux trilogies pour un baroud final, c’est à Steven Spielberg que nous devons l’initiative de ce Jurassic World Renaissance qui aurait mieux fait d’être baptisé « mort et enterré » tant ce nouvel épisode se moque carrément des spectateurs.
Inaugurant un été 2025, où vont se bousculer une série de nouveaux reboots, Jurassic World Renaissance voit le retour du scénariste David Koep, auteur des trois Jurassic Park, à l’écriture de ce septième film. Lui qui avait confié il y a quelques années qu’il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il pourrait écrire dans une nouvelle suite, s’est pourtant laissé convaincre de rempiler par la grande implication de Steven Spielberg dans ce nouveau volet là où la médiocrité de Jurassic Park 3 aurait du calmer leur ardeur. Pas si fou, Steven Spielberg n’a cependant pas voulu réaliser ce nouveau long métrage, préférant le confier à Gareth Edwards bien aiguisé aux films de monstres géants depuis le film Monsters qui l’avait révélé et avec les derniers Godzilla.

Jurassic World Renaissance débute comme un Destination Finale par un malicieux emballage de barre chocolaté provoquant la panne intégrale d’un laboratoire High Tech de création de dinosaures mutants libérant leur plus terrible création. Une nouvelle sorte de super prédateur ressemblant curieusement à un croisement entre un T-Rex et un Xénomorphe de la saga Alien. Dix sept ans plus tard, une puissante compagnie pharmaceutique va employer la mercenaire Zora Bennett et son équipe pour aller prélever de l’ADN de trois dinosaures mutants vivant encore aux environs de ce labo abandonné alors que les dinosaures ont quasiment disparu du reste de la planète.
Pour une soi-disant « renaissance », il sera difficile de ne pas ressentir immédiatement une furieuse impression de déja-vu devant cette expédition. Combien de mercenaires et de compagnies pharmaceutiques avons nous déjà croisé dans la saga ? Curieusement, le film ne fait aucune mention des événements des précédents films et surtout de la deuxième trilogie car la création d’un nouveau parc n’est jamais évoquée. Un petit rappel de la frise chronologique en début de film n’aurait pas été du luxe. La seule chose qui semble relier Jurassic World Renaissance au reste de la saga est la présence de nombreux easter eggs bien trop flagrants et la réutilisation des thèmes composés par John Williams de manière bien souvent totalement inappropriés aux événements à l’écran.

Et parce qu’il fallait bien ajouter un groupe de civils et d’enfants à l’histoire de Jurassic World Renaissance, viendra s’imbriquer une famille latino pour séduire la communauté très forte aux Etats Unis. Un père divorcé et ses deux filles, une de l’âge de partir à l’université qui a emmené son petit ami bien lourdingue avec elle et une toute jeune qui avec son sac à dos fait irrémédiablement penser à Dora L’exploratrice. Comme si nous regardions deux films en même temps, c’est en parallèle avec la mission des mercenaires que nous suivrons leurs exaspérantes mésaventures dans cette région hostile où ils n’auraient pas du survivre plus de cinq minutes. Ils finiront cependant toujours par se croiser de temps en temps avant que le groupe éclate encore.
Histoire de rendre attachant cette large galerie de personnages très clichés dont nous n’attendrons que la mort, David Koepp a choisi d’alourdir le film d’une bonne grosse couche de pathos que le réalisateur Gareth Edwards étalera avec générosité dans de longs tunnels de dialogues au cas où nous n’aurions pas compris qu’ils étaient tous malheureux. Mais qui ne l’est pas en ce moment ? Revenant régulièrement, ces scènes de dialogues sans intérêt semblent avoir été conçues pour laisser le temps aux spectateurs de passer aux toilettes et de refaire le plein de pop corn.

Lorsque les scènes d’action interviendront, la lassitude ne nous quittera pas face à des situations déjà vues dans les précédents films. Impossible de ressentir le moindre frisson en revoyant quasiment les mêmes situations que dans les précédents films. De plus le tout numérique semble avoir été cette fois ci privilégié au profit des effets prothétiques révolutionnaires du premier. Le pire sera que ces dinosaures numériques sembleront bien souvent mal intégrés et paraîtront pour le coup autant moins crédibles. Comme si cela était un passage obligé, le réalisateur a trouvé bon en plus de coller encore une nouvelle scène de parade amoureuse entre dinosaures géants rappelant celle de Monsters déjà reprise dans son Godzilla. Alors que les personnages passeront un long moment à s’émerveiller devant ce spectacle, la scène est tellement ratée qu’elle sera vite insupportable.
C’est certain, personne ne refuserait un rôle lorsque c’est Steven Spielberg en personne qui le propose. Cependant c’est à se demander ce que vient faire Scarlett Johanson dans cette galère si ce n’est comme son personnage pour le gros chèque qui va avec le rôle. Le reste de la distribution qui réunit d’autres vedettes du moment n’auront rien d’autre à jouer que des personnages très stéréotypés dont même les noms semblent avoir été piqués à d’autres films populaires. Tout ce que nous attendrons est de les voir mourir un par un mais malheureusement Gareth Edwards ne lésine pas sur les faux espoirs de voir disparaitre certains d’entre eux et le nombre de victimes sera particulièrement décevant.

Difficile de trouver un seul argument positif à ce Jurassic World Renaissance qui loin d’apporter du sang neuf à la franchise ne ressemble en fait qu’à une sorte de produit réchauffé faite de bouts de scripts et de passages des romans inutilisés jusque là. Un stand-alone qui mériterait d’enterrer pour au moins dix ans la franchise au lieu de la relancer en espérant que Gareth Edwards retourne à ses médiocres Godzilla plutôt que de donner une suite à ce ratage.
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