EXIT 8 de Genki Kawamura [Critique Ciné]
Pour son nouveau film, Genki Kawamura adapte très fidèlement le jeu vidéo horrifique Exit 8.
Écrivain et producteur de Your Name. et Belle, Genki Kawamura change radicalement de genre pour son nouveau film en tant que réalisateur. Après le drame N’Oublie Pas Les Fleurs en 2023, il passe à l’horreur psychologique pour son deuxième long métrage avec Exit 8. L’adaptation très fidèle d’un jeu vidéo à petit prix devenu un grand succès sur consoles, PC et Smartphones. Présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes à la séance de minuit en mai dernier, le film sort maintenant ce mercredi 3 septembre 2025 dans toutes les bonnes salles de cinéma.
En guise de clin d’œil au jeu vidéo, Exit 8 débute en vue subjective à travers les yeux de son personnage principal. Alors qu’il se rend au travail en métro, il va recevoir un coup de fil de son ancienne petite amie qui va lui annoncer une nouvelle qui va profondément le perturber. Alors qu’il cherche à sortir du métro, il va se retrouver pris au piège dans un étrange couloir dont il n’arrivera pas à trouver l’issue.
Reproduit totalement fidèlement à l’exception des illustration des affiches publicitaires propre au film, ce couloir est le cœur du jeu vidéo. C’est cependant lorsque le personnage principal connu seulement sous le nom de The Lost Man (l’homme perdu) y mettra le pied que Genki Kawamura quittera la vue subjective pour une réalisation plus cinématographique. Pas facile de mettre en image de manière originale un simple couloir carrelé en blanc avec uniquement une bande de carrelage jaune au sol, quelques affiches et trois portes métalliques comme accessoires de décors. Pourtant le réalisateur y parvient parfaitement pour ne pas susciter la lassitude devant la répétition des événements.
Là où de nombreuses adaptations de jeu vidéo se sont ratés en s’éloignant trop de leur sujet, Genki Kawamura se contente tout simplement de suivre vraiment à la lettre le principe du jeu. Le héros comprendra très vite que lorsqu’il découvrira quelque chose qui sort de l’ordinaire en traversant ce couloir, il devra immédiatement faire demi-tour. De là, le spectateur pourra s’amuser à tenter de trouver les anomalies plus vite que les protagonistes de cette histoire et frissonnera encore plus lorsqu’il en trouvera une que notre héros n’a pas remarqué.
Ce Lost Man n’est pas le seul à être coincé dans ce couloir. À chaque fois il y croise The Walking Man (l’homme qui marche), figure marquante du jeu mais aussi du film puisque c’est lui qui est sur l’affiche. Plus qu’une simple curiosité, il deviendra un temps le personnage principal du film pour nous permettre de percer un bout du mystère. Il croisera lui même une jeune lycéenne mais aussi un petit garçon qui prendra de l’importance dans l’histoire.
Annoncé comme un film d’horreur, il ne faudra pas à s’attendre à être terroriser à tout bout de champ devant Exit 8. Nous serons surtout pris par le suspense de savoir si The Lost Man va finir par réussir à se sortir de là. Une pression qui ressemble plus à de l’horreur psychologique. Cependant certaines traversées de ce couloir pourront parfois se montrer vraiment flippantes voir même dérangeantes pour les âmes les plus sensibles. Genki Kawamura ne délaisse pas tout à fait le drame en construisant une vraie histoire autour de cet étrange couloir. À la manière de Kiyoshi Kurosawa, il laissera au spectateur le soin de réfléchir à sa propre conclusion sur cette histoire qui gardera une bonne partie de ses mystères. Peut être pour une suite ?
Comme quoi il suffit de pas grand-chose pour susciter l’angoisse, il y a de fortes chances qu’Exit 8 vous fera hésiter à arpenter les couloirs du métro en sortant du cinéma. Très fidèle au jeu, cette adaptation surprendra sans doute plus les spectateurs qui n’y ont pas joué que les fans. La construction d’une intrigue dramatique inédite autour montre le talent du réalisateur Genki Kawamura qui marche clairement dans les pas de Kiyoshi Kurosawa.
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