CinémaCritique Ciné

LA VOIE DU SERPENT de Kiyoshi Kurosawa [Critique Ciné]

La Voide Du Serpent

Kiyoshi Kurosawa pose sa caméra en France pour un remake de son propre thriller La Voie Du Serpent.

Troisième film de Kiyoshi Kurosawa à sortir en France en l’espace de deux mois après l’excellent moyen métrage Chime et le très bon Cloud,  La Voie Du Serpent était peut-être le moins attendu des trois. Propre remake d’un film que le cinéaste avait réalisé en 1998, le fait qu’il est choisi de tourner cette nouvelle version en France avec des acteurs français avait de quoi nous refroidir un peu. Grand mal nous en a pris puisque ce nouveau thriller est une véritable réussite qui prouve que même loin de chez lui et sans maitriser notre langue, Kiyoshi Kurosawa reste vraiment un maitre en la matière.

Débutant sans générique par l’apparition soudaine d’un plan fixe au milieu d’une rue de Paris typiquement reconnaissable par son architecture aura de quoi nous surprendre même en sachant que La Voie Du Serpent a été tourné en France. Nous y découvrirons la célèbre actrice et chanteuse japonaise Kō Shibasaki accompagnant Damien Bonnard dans l’enlèvement d’un homme joué par Mathieu Almaric. Ayant préparé leur plan depuis longtemps mais visiblement pas experts en la matière, c’est non sans mal qui le conduiront dans une usine désaffecté où tout a été préparé pour le séquestrer et le questionner.

La Voide Du Serpent

Très bien choisi pour ce rôle, Damien Bonnard tient ici le rôle d’Albert. Un homme à la recherche des assassins de sa fille qui n’a aucun doute sur la responsabilité d’une association humanitaire censée aider les orphelins dans cette affaire. l’homme qu’il a enlevé en est le comptable forcément au courant des moindres faits et gestes de l’association. Mais rapidement nous verrons qu’Albert ne semble pas si sûr de lui et paraît être quelqu’un d’assez fragile et facilement manipulable. Le tout sera de savoir par qui et pourquoi ?

Comme toujours nous pouvons compter sur Kiyoshi Kurosawa pour distiller le suspense. Si nous pensons avoir une petite longueur d’avance sur ce que sait Albert sur cette affaire, le doute planera autour du personnage de Sayoko interprétée par Kō Shibasaki. Une des personnes qu’ils séquestreront dira d’elle qu’elle a le regard d’un serpent. Nous pourrions avoir presque un doute sur l’orthographe exact du titre entre « la voie » et « la voix » tant cette femme semble capable de manipuler qui elle veut du son de sa voix avec son charmant accent japonais tel un venin qui s’infiltrerait doucement. C’est vraiment une très bonne idée d’avoir féminiser ce personnage par rapport au film d’origine car cela le rend encore plus trouble grâce  à la prestation impeccable de l’actrice.

La Voide Du Serpent

Beaucoup de questions nous viendront à l’esprit en suivant cette histoire pleine de rebondissements et de mensonges orchestrés. C’est vraiment le style de Kiyoshi Kurosawa de savoir ainsi créer le suspense et de nous laisser encore une fois le soin de tenter par nous-même de tout démêler à la fin en ne nous apportant pas toutes les réponses. Un deuxième visionnage ne sera pas de trop pour mieux cerner qui sont tous les personnages que nous croiserons dans La Voie Du Serpent et notamment la sous-intrigue avec l’acteur japonais Hidetoshi Nishijima qui semble être destinée à approfondir un peu le personnage de Sayoko.

La Voie Du Serpent a beau avoir été tourné en France avec une équipe  intégralement française à tous les postes techniques, le film garde étonnamment vraiment un style très japonais. Se déroulant bien souvent dans des entrepôts désaffectés rappelant Cloud, il n’y a que dans les rues de Paris et par le casting que l’on voit bien que nous sommes dans notre pays. Malgré la barrière de la langue, Kiyoshi Kurosawa a parfaitement su diriger ses équipes pour nous offrir le même soin de réalisation qu’à son habitude. De longs plans séquences ou parfois des plans fixes particulièrement bien composé où il préfère jouer sur les focales que faire du bête champ / contrechamp. Une véritable leçon pour tous ceux qui pensent qu’on ne peut pas faire de thriller de qualité en France.

La Voide Du Serpent

Si nous pouvions craindre qu’en posant sa caméra en France, Kiyoshi Kurosawa ne pourrait pas faire aussi bien qu’au Japon, c’était bien sous-estimer le cinéaste japonais. Malgré la barrière de la langue, il a dirigé à la perfection toute son équipe et l’ensemble de ses acteurs pour signer un nouveau grand thriller comme il en a le secret. Il y a peu de chances de trouver un meilleur thriller « français » que ce La Voie Du Serpent que nous espérons voir en bonne place dans les favoris pour les prochains César.

MON AVIS :
Noté 5 sur 5

A Lire Aussi

Her Private Hell

HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]

Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.

Resident Evil de Zach Cregger

RESIDENT EVIL de Zach Cregger [Critique Ciné]

Il aura fallu 24 ans pour enfin voir une adaptation réussie du jeu vidéo Resident Evil au cinéma.

Sham de Takashi Miike

SHAM de Takashi Miike [Critique Ciné]

Le réalisateur Takashi Miike revient dans les salles de cinéma françaises avec le captivant Sham.

Pressure

PRESSURE de Anthony Maras [Critique Ciné]

Pressure met en lumière le travail méconnu mais crucial des météorologistes lors de la Seconde Guerre Mondiale.

The Dog Stars

THE DOG STARS de Ridley Scott [Critique Ciné]

Ridley Scott n’apporte rien de neuf au genre du Survival Post-Apocalyptique avec The Dog Stars.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.