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GRAFTED de Sasha Rainbow [Critique Ciné]

La réalisatrice Sacha Rainbow assure à son tour la relève dans le genre du Body Horror avec le très réussi Grafted au cinéma le 5 novembre.

Le genre du « Body Horror » ne cesse de faire des émules chez les réalisatrices du monde entier. Après Julia Ducournau qui a ouvert la voie avec son film Grave remarqué dans de nombreux festivals internationaux et Coralie Fargeat  dont le film The Substance est allé jusqu’aux Oscars, nous avons vu sortir plus discrètement le film suédois The Ugly Stepsister de Emilie Blichfeldt et maintenant Grafted. Le premier long métrage de la réalisatrice ?Néo-Zélandaise Sasha Rainbow qui après être passé par les plus grands festivals fantastiques sort maintenant ce mercredi 5 novembre 2025 dans un circuit malheureusement trop limité pour lui permettre d’obtenir le succès qu’il mériterait.

Grafted, qui signifie « greffé » en français, raconte l’histoire de Wei, une jeune chinoise plutôt jolie mais qui doit cacher une maladie de peau héréditaire qui la complexe. Alors qu’il tentait d’y trouver un remède, son père lui aussi atteint par la maladie est mort devant ses yeux en expérimentant sur lui même sa dernière tentative de greffe de peau. Quelques années plus tard, Wei a décroché une bourse pour partir poursuivre ses études en recherche biologique dans une prestigieuse université d’Oakland en Nouvelle Zélande. Alors qu’elle semblait être sur le point de trouver enfin la bonne formule recherchée par son père, un malheureux accident va définitivement faire basculer sa vie.

Grafted

Si Peter Jackson est désormais bien plus connu pour ses trilogies du Seigneur Des Anneaux et du Hobbit, il ne faut pas oublier qu’il a réalisé au début de sa carrière deux des plus grands films gore au monde Bad Taste et Braindead. Aujourd’hui bien assagi, le cinéaste Néo-Zélandais s’est peut être bien trouvé une nouvelle héritière en Sasha Rainbow. Si elle ne se destinait pas forcement a se tourner vers l’horreur, le scénario imaginé par Hweiling Ow lui a donné envie de s’approprier cette histoire. Sans s’être frottée jusque là au genre, la jeune cinéaste semble pourtant bien maitriser le sujet. Grafted est en effet  bourrée d’influences des plus grands maître du Body Horror David Cronenberg et Brian Yuzna qu’elle a su parfaitement digérer pour créer un premier film vraiment très réussi.

De par son esthétique très soigné et les influences partagées, Grafted fait beaucoup penser à The Substance même si les histoires sont différentes. Cela ne peut pour autant qu’être qu’une coïncidence car ces deux films ont été conçus sans doute quasiment dans la même période. En revanche, d’autres influences sont bien plus probables comme celle de The Neon Demon de Nicolas Winding Refn dans son esthétique. Grafted fera aussi  penser à de grands classiques de l’horreur dans ces expérimentations à la Re-Animator, des masques de peau humaine rappelant Massacre À La Tronçonneuse où l’utilisation d’une perceuse comme dans Driller Killer. Un film sans compromis qui aura de quoi satisfaire les fans du genre lassés des produits formatés de Blumhouse Productions.

Grafted

Grafted dépasse le cadre du simple film gore pour traiter de sujets très en vogue qui avaient déjà inspiré Julia Ducournau, Coralie Forgeat et Emilie Blichfeldt. Avant de basculer dans l’horreur, il est d’abord question d’intégration et de racisme dans Grafted. En arrivant à Auckland, la timide Wei aura bien du mal à se faire accepter par sa cousine chez qui elle vit et ses copines d’université de par ses différences culturelles. Forcement les taches sur son visage qui la complexe seront aussi l’occasion d’aborder le diktat de la beauté qui n’inspire pas que des films d’horreur.

Un tragique accident fera basculer Grafted dans un autre genre de film auquel nous nous attendions pas. Tant soit peu que le point de départ de cette histoire était crédible, cette nouvelle orientation surprenante déçoit un peu car la si gentille et attachante Wei dévoilera un nouveau visage très éloigné de celui qu’elle avait montré jusque là. Nous aurons alors l’impression de ne plus avoir d’héroïne à qui s’accrocher mais ce n’est pas pour autant que le reste du film ne se montrera pas à la hauteur avec beaucoup de tension mais aussi beaucoup d’humour. Tout cela grâce à ses trois actrices principales la débutante Joyena Sun et les valeurs montantes Jess Hong et Eden Hart qui se donnent à fond dans ces rôles à multiples facettes.

Grafted

En sortant après le très remarqué The Substance et le plus discret The Ugly Stepsister, Grafted pourrait paraître manquer un peu d’originalité alors qu’il a en réalité dû être conçu à la même période pour sorti si peu de temps après. Si vous avez aimé ces illustres prédécesseurs il n’y a aucune raison de bouder votre plaisir et de rater ce premier long métrage de la cinéaste Néo-Zélandaise Sasha Rainbow qui marche sur les traces de Peter Jackson.

MON AVIS :
Noté 5 sur 5

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