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AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES de James Cameron [Critique Ciné]

Bien parti pour être le carton de l’année, Avatar De Feu Et De Cendres est pourtant une immense déception.

Avec simplement trente et un films dont seulement cinq français ayant réussi à dépasser le million de spectateurs en France cette année, la sortie d’Avatar : De Feu Et De Cendres ce mercredi 17 décembre 2025 était à nouveau attendu comme le messie par les exploitants de salles. Sortant dans pas moins de 728 salles à travers le pays, le troisième volet de la trilogie de James Cameron ne laisse quasiment aucune chance aux autres films de la semaine pour se faire une place. Et pourtant, il y aurait clairement mieux à voir en ce moment au cinéma que cet autoproclamé chef d’œuvre annoncé dans la pub diffusé à la télé qui n’apporte rien de neuf à la franchise.

Même s’il a mis trois ans à sortir en salles, Avatar : De Feu Et De Cendres a pourtant été tourné en même temps que le deuxième volet Avatar : La Voie De L’Eau, Sans prendre en compte le temps écoulé entre les deux sorties, ce nouveau volet semble reprendre au lendemain du deuxième. Spider que nous pensions avoir trahi la famille de Jake Sully en sauvant son paternel le Colonel Miles Quaritch, vit dans la joie et la bonne humeur avec eux dans la station balnéaire où la famille s’est réfugiée après la destruction de leur foyer. Tandis que tous pleurent encore la mort du fils ainé Neteyam,  Jake Sully fait son deuil en allant récolter toutes les armes à feu dans les épaves environnantes afin de se tenir prêts pour le combat à venir.

Avatar : De Feu Et De Cendres

Avatar De Feu Et De Cendres confirme rapidement exactement ce que la bande annonce laissait présager. Comme si ce troisième volet n’était en fait que la moitié du deuxième film laissée de coté, il se dégage une furieuse impression de déjà-vu devant cette suite. Rarement nous avons vu un réalisateur se moquer ainsi du public en sortant un film aussi peu imaginatif. Au lieu de deux films de plus de trois heures, il aurait clairement pu condenser ces deux suites en un seul et même long métrage en supprimant toutes les scènes inutiles. C’est bien beau de chercher à développer un univers fantastique comme ont pu le faire J.R.R. Tolkien ou George Lucas mais s’il n’y a pas  d’histoire à raconter cela ne sert clairement pas à grand chose.

Délaissant la majorité des Na’Vis pour trop se focaliser sur le personnage de Spider, le film semble vouloir s’accrocher au seul humain restant dans cette histoire pour aider le spectateur à s’identifier plus facilement qu’à un Jake Sully qui semble passer au second plan maintenant qu’il n’est plus qu’un Na’Vi. Pourtant, cet espèce de Tarzan paraît si ridicule avec son pagne et ses dreadlocks qu’il sera bien difficile de lui porter le moindre intérêt. Ayant créer cet univers, James Cameron est libre d’y imaginer ce qu’il veut, nous aurons bien du mal à trouver crédible la transformation qu’il connait dans l’histoire. Au centre du deuxième film, les enfants de la famille passent vraiment en arrière plan de ce troisième volet à l’exception de l’exaspérante Kiri.

Avatar : De Feu Et De Cendres

Alors que le réalisateur nous promettait un film plus sombre se déroulant dans une autre partie de Pandora plus volcanique, ce sont en fait les Na’Vis de cette région appelés les Mangkwan qui vont s’inviter sur les terres que nous connaissons déjà en jouant les pilleurs. Ce troisième volet introduit une nouvelle méchante en la personne de leur chef la tsahik Varang. Une sorte de sorcière qui se sert de sa tresse neuronale pour attaquer. Cependant pas assez menaçante, elle devra faire équipe avec le Colonel Quaritch qui va leur fournir un puissant arsenal d’armes à feu pour s’imposer sur le territoire aquatique.

Visiblement à la peine question scénario, James Cameron finira par nous recaser strictement la même histoire que dans le deuxième dans la dernière partie. Alors que le Colonel Quaritch avait réussi à retrouver Jake Sully et Spider, il va pour des raisons inconnues retrouver dans sa base la scène suivante sans les avoir affronter et finira par les reperdre de vue. Comme dans le deuxième volet, il sera à nouveau obligé de venir encore massacrer d’innocents Na’Vis des côtes pour retrouver sa trace. Mais le comble sera le retour des chasseurs de baleines  pour ce qui sera le climax de ce troisième volet. Alors qu’ils avaient détruit leur base flottante, Jake Sully et ses compagnons se retrouveront à se battre sur une nouvelle base strictement identique. Et comme dans le deuxième film alors que la saga se veut écolo et poétique, cette dernière partie sombre à nouveau dans une ultra violence gratuite où les morts brutales s’enchaînent. De quoi traumatiser les plus jeunes spectateurs et les plus sensibles qui ne s’attendaient pas à cela. 

Avatar : De Feu Et De Cendres

Contrairement à la majorité des films qui sortent en ce moment qui commence par les logos de Canal+, OCS, TFI ou M6 qui rappellent que le film que nous nous apprêtons à voir passera à la télé ou sur les plateformes quatre mois plus tard, la seule vraie force de cette saga est de proposer un spectacle complet que nous ne pouvons vivre qu’au cinéma. Des séances 3D  où même 4DX en HFR (high frame rate) donnant une définition d’image encore plus nette et lumineuse  qui justifie de payer sa place au prix fort. Mais si vous optez pour une séance sans suppléments, l’image 2D HFR laisse bien trop voir les moments où la 3D se fait plus intense avec un effet de brillance assez dérangeant donnant l’impression d’être devant une cinématique de jeu vidéo. Constitué majoritairement d’images de  synthèse où est parfois incrusté des humains et des éléments de décors physique ne devrions nous pas considérer Avatar De Feu Et De Cendres comme un film d’animation plus qu’un film live ?

Au final, c’est à se demander pourquoi James Cameron se donne tant de mal à passer par la Motion Capture et tourner tout son film en studio avant de tout retravailler en image de synthèse lorsque nous voyons en face un Zootopie 2 qui nous en met tout autant plein la vue sans se donner autant de mal. Une saga avec de tels scores au Box Office aurait du faire de Sam Worthington la plus grande star au monde mais aujourd’hui quasiment personne ne se souvient de lui depuis qu’il est remplacé par son double en synthèse. C’est à peine si au final nous reconnaissons les acteurs derrière ces extraterrestre au physique particulier. En le voyant en version originale nous reconnaitront pour certains au moins leurs voix mais faire jouer une ado par Sigourney Weaver ne marche vraiment plus tant la voix fait bien plus âgée que le personnage.

Avatar : De Feu Et De Cendres

Attendre trois ans pour une suite qui donne la furieuse impression d’un simple copier/coller c’est vraiment se moquer du public qui se précipitera en toute confiance en salles pour découvrir cet Avatar De Feu Et De Cendres. Il faudra être particulièrement fans pour pouvoir endurer près de trois heures de mièvreries  pour vingt minutes d’action bien trop violente et manquant clairement d’originalité. Il faudrait mieux que James Cameron se concentre sur une nouvelle histoire plutôt que poursuivre cette saga dont ce troisième épisode montre déjà l’essoufflement. 

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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