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LE MAÎTRE DU KABUKI de Lee Sang-Il [Critique Ciné]

Le Maître Du Kabuki

Profitez des vacances pour vous plonger dans l’art des onnagata dans Le Maître Du Kabuki au cinéma depuis mercredi.

S’il y a bien un pays où la fréquentation des salles de cinéma ne semble pas être en berne, c’est bien le Japon. En plus des anime, de nombreux films semblent aussi connaitre de très gros succès. Là où en France seulement cinq films français ont réussi à franchir la barre du  million de spectateurs, pendant ce temps le film Le Maître Du Kabuki devenait le film live ayant attiré le plus de spectateurs de tous les temps au Japon avec plus de douze millions de spectateurs. Un succès qui vaut au long métrage une sortie dans les salles françaises ce mercredi 24 décembre 2025. Si nous pouvons déjà être certain qu’il n’attirera pas autant de spectateurs, il serait pourtant bien dommage de ne pas lui offrir un certain succès dans notre pays tant il le mérite amplement.

Présenté en avant première lors de la Quinzaine des Cinéastes lors du dernier Festival de Cannes, Le Maître Du Kabuki est le nouveau long métrage de Lee Sang-Il. Un cinéaste originaire de Corée Du Sud qui a grandit au Japon. Cherchant pendant longtemps à réaliser un long métrage sur les onnagata et le kabuki, il avait eu une discussion avec l’écrivain Shuichi Yoshida qui a fini par en faire le sujet d’un roman. C’est cette histoire que nous raconte Le Maître Du Kabuki. Une fiction aux allures de véritable biopic qui ne fait seulement que simplement s’inspirer de la vie d’acteurs de kabuki pour un formidable résultat.

Le Maître Du Kabuki

À moins de s’y intéresser de près, il y a peu de chance que les spectateurs français soit familier du théâtre kabuki. un art ancré dans les traditions ancestrales où se mêle le chant, la danse et un certaine habilité technique. Les femmes ayant été interdit sur scène, ce sont les hommes qui ont du se grimer pour incarner les héroïnes de ces pièces. Les acteurs spécialisés dans ce genre de rôles sont appeler les onnagata. Loin des travestis du cabaret de Michou ou des drag-queens, ce sont des personnages pleins de grâce et de poésie admirés dans tout le Japon.

C’est plus précisément l’histoire de l’un de ces onnagata que raconte Le Maitre Du Kabuki. Fils  d’un puissant yakuza, Kikuo Tachibana a développé depuis un jeune âge un véritable don pour jouer les onnagata. Après un drame, il sera recueilli par le plus grand acteur de kabuki qui va le prendre pour élève. Du même âge que lui, Shunsuke le fils de ce célèbre acteur du même âge était naturellement appelé à prendre la relève mais le talent inné de Kikuo va venir compliquer les choses. C’est leur relation faite d’amitié et de rivalité que nous découvrirons au fil du film qui débute à la moitié des années 60 et s’étend jusqu’en 2015. Alors que le deux hommes connaîtront tous les deux des hauts et des bas dans leur carrière, il sera beaucoup question d’honneur et de sacrifice comme dans tout bon récit japonais.

Le Maître Du Kabuki

Heureusement que Le Maitre Du Kabuki sort durant les vacances car le film dure  pas moins de 2 heures et 54 minutes. Il fallait bien cela pour raconter près de cinquante ans d’une vie compliquée mais aussi pour laisser la place à de grandes scènes de kabuki. Tout amateur de culture japonaise ne devrait cependant pas voir passer le temps devant cette histoire dramatique ponctuée de nombreux rebondissements. En tant que non initié au kabuki les premières scènes de spectacles pourront paraître étrange mais plus nous avancerons dans le film et plus nous serons conquis par le charme de cet art très poétique.

Le Maitre Du Kabuki doit beaucoup aux deux acteurs principaux Ryō Yoshizawa et Ryusei Yokohama qui incarnent Kekuo et Shunsuke. Ne venant pas du kabuki, ils ont passé dix huit mois à apprendre cet art et s’en sortent à la perfection. Nous n’osons même pas imaginer la somme de travail que cela a du représenter pour arriver à faire parfaitement illusion en onnagata. Si les femmes sont interdites sur scène, elles jouent tout de même une part importante dans le film. Elles sont interprétées par des visages connues Nana Mori, Mitsuki Takahata et Ai Mikami tout aussi talentueuses dont les prestations reposent souvent sur des non-dits comme dans bien des mélodrames japonais.

Le Maître Du Kabuki

Il y avait de quoi avoir quelques hésitations à aller passer 2h54 devant Le Maître Du Kabuki avec la crainte que cet art ancestral puisse paraître ennuyeux mais en réalité le film de Sang Il-Lee est totalement prenant. Il se regarde comme une sorte de  biopic musical ou sportif à suivre la carrière de Kakuo pleine de haut de bas. Le film est aussi un belle introduction à l’art du kabuki et des onnagata qui en donnera pour leur argent aux amateurs grâce aux nombreux extraits de spectacles parfaitement interprétés par des acteurs prodigieux qui ont du tout apprendre pour le film.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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