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LA FEMME DE MÉNAGE de Paul Feig [Critique Ciné]

La Femme De Ménage

Paul Feig renoue avec le thriller en adaptant au cinéma le best-seller à suspense La Femme De Ménage qui ne plaira qu’aux fans.

Après les deux films L’Ombre D’Emily dont le deuxième volet a été sacrifié sur Prime Video au lieu de sortie en salles, le réalisateur Paul Feig délaisse une nouvelle fois le registre de la comédie qui l’a rendu célèbre avec Mes Meilleures Amies pour s’attaquer à un nouveau thriller dont les rôles principaux sont encore tenus par des femmes. L’adaptation du premier tome de la saga littéraire La Femme De Ménage, immense succès de libraire écoulé rien qu’en France à 630 000 exemplaires en 2024 qui a été imaginé par la romancière Freida McFadden en 2023 et qui compte aujourd’hui pas moins de quatre tomes. De quoi imaginer une nouvelle potentielle franchise cinématographique mais pas sur après avoir vu ce premier films que nous ayons encore envie d’en voir une suite.

Sans avoir lu le roman, il faut bien avouer que la bande annonce de La Femme De Ménage donnait déjà une furieuse impression de déjà-vu. Combien de fois avons nous déjà eu le droit à ce genre de thriller domestique dans un environnement bourgeois qui finit en règlement de compte entre employeur et employé ? Même le titre original The Housemaid a été utilisé de nombreuses fois notamment pour un classique sud-coréen déjà sulfureux. De cette intrigué usée jusqu’à la trame, le seul doute qui restait était de savoir laquelle des deux héroïnes serait la plus  psychopathe.

La Femme De Ménage

Véritable erreur de traduction dans le titre français du roman et donc du film, The Housemaid aurait plus judicieusement dû s’appeler La Bonne À Tout Faire. Car c’est bien cela qui est demandé à Millie. Une jeune femme en probation obligée de dormir dans sa voiture qui a vu en l’annonce posée par les Winchester comme une chance de s’en sortir. Logée sur place dans leur magnifique demeure, elle devra faire le ménage, les courses, la cuisine et s’occuper de leur petite fille mais la maîtresse de maison Nina qui avait l’air très sympathique va rapidement montrer son véritable visage peu après l’embauche de Millie.

Ce que la bande annonce ne montrait pas c’est que le mari joue un rôle important dans ce que nous était présenté comme une rivalité de femmes. Véritable cliché ambulant du male alpha avec petite barbe et gros muscles saillants, nous comprendrons très vite pourquoi la salle de cinéma est remplie en majorité de spectatrices. D’autant plus que dans le même genre, le jardinier en fera encore fantasmer plus d’une avec son petit accent étranger. Le voir apparaître à l’écran nous donnera immédiatement l’impression d’être tombé dans un traquenard de roman « mommy porn » à la Cinquante Nuances De Grey.

La Femme De Ménage

Datant de 2023, La Femme De Ménage ne semble clairement pas s’inscrire dans le mouvement d’émancipation des femmes. Il reste ancré dans des clichés présents depuis trop longtemps d’un certain idéal aujourd’hui archaïque. La femme au foyer parfaite à nouveau tendance aux Etats Unis et l’homme riche à ne pas savoir qu’en faire grâce à sa famille qui fait apparemment encore trop fantasmer de femmes qui rêvent toujours du Prince Charmant. Le déroulée de l’histoire ne fera que confirmer l’impression de déjà-vu qui se dégageait de la bande annonce. L’intrigue cherche à créer des rebondissements en changeant de point de vue mais il se passe bien trop de choses totalement invraisemblables pour en faire un bon thriller. D’Autant plus que de trop nombreuses scènes d’exposition nous aurons déjà permis d’anticiper en partie ce qui aller se passer au cours du film.

Le rôle de La Femme De Ménage a été confié à Sydney Sweeney, la révélation de la série Euphoria. Cette intrigue archaïque colle bien à l’étiquette pro-républicaine collée à l’actrice depuis la polémique de l’été dernier. Sans talent particulier, c’est à se demander si elle a été engagée pour sa forte poitrine débordante de ses vêtements à chaque scène. Car plus que pour son intrigue à suspense qui sent le réchauffé, c’est certainement bien plus l’aspect sulfureux de cette histoire qui a fait le succès du livre et fait aujourd’hui se déplacer les spectateurs et spectatrices en masse. Une bonne partie d’entre eux est certainement là pour attendre la première scène de sexe entre La Femme De Ménage et le mari. Ils en auront pour leur argent car elle est digne d’un véritable film érotique tant les deux acteurs ne cachent pas grand chose de leur avantageuse anatomie. Habituée à jouer les gentilles filles, Amanda Seyfried trouve ici un rôle à contre emploi en maitresse de maison. Une femme bipolaire à moitié folle et autoritaire qui tente de cacher son jeu sous une apparence angélique. Le rôle du mari est interprété par le quasi inconnu Brandon Sklenar qui le restera certainement avec ce personnage qui n’aura d’intérêt que dans la dernière partie du film.

La Femme De Ménage

S’égarant ces derniers temps dans des styles très variés avec très peu de résultats probants, Paul Feig devrait bien mieux retourner vite à la comédie que perdre son temps avec ces thrillers à l’intrigue de romans de gare. Avec un livre déjà éreinté par une bonne partie des critiques littéraires, il ne pouvait pas tirer de chef d’œuvre de cette intrigue sentant fort le réchauffé. Tout juste bon pour se rincer l’œil, La Femme De Ménage risque de marcher rien que pour cela mais sera certainement très vite oublié.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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