HOKUM de Damian McCarthy [Critique Ciné]

Usant de grosse ficelles,Hokum aura du mal à faire frissonner les fans inconditionnels de films d’horreur.
Savez vous que le mot Hokum signifie « foutaises » en anglais ? Forcément, il n’était pas possible de traduire ce titre pour une sortie au cinéma en France sous peine de faire fuir tous les spectateurs qui choisissent les films qu’ils vont voir à leur affiche. Il est tout de même bon de le savoir car c’est un peu ce qui nous attend avec ce long métrage qui est loin de ce qu’il prétend être. En attendant la troisième saison de Severance, les fans de l’acteur Adam Scott y trouverons peut être leur compte mais certainement pas les amateurs d’épouvante.
Hokum commence par un prologue suivant un conquistador en armure perdu dans un vaste désert accompagné seulement d’un enfant. Une scène qui paraît vraiment artificielle qui est en fait, comme nous pouvions le penser, le fruit de l’imagination d’Ohm Bauman, un écrivain à succès pas franchement inspiré pour conclure sa saga. Sans que nous sachions trop pourquoi, il décidera sur un coup de tête de partir en Irlande dans l’hôtel où ses parents décédés avaient passé leur lune de miel. Il apprendra sur place que la suite nuptiale est aujourd’hui condamnée car elle serait hantée par une sorcière. Après avoir trop bu, il décidera de se pendre dans sa chambre mais sera sauvé in-extremis par une employé de l’hôtel. En retournant là bas après sa convalescence pour la remercier, il apprendra que celle-ci a disparu dans des circonstances mystérieuses.

Écrit et réalisé par Damian McCarthy qui s’était fait remarqué au Festival Fantastique de Gérardmer avec son précédent film Oddity, l’histoire d’Hokum semble être beaucoup inspiré par les œuvres de Stephen King. Comme ici, le maitre de l’horreur a souvent pris pour héros un écrivain en manque d’inspiration traumatisé dans son passé. Dans Hokum, c’est la mort tragique de sa mère tué d un coup de revolver et un père qui a sombré par la suite dans l alcoolisme qui hantent la mémoire d’Ohm Bauman. Le voir déambuler avec une lampe à huile dans des endroits sombres fera aussi immanquablement penser au jeu vidéo Alan Wake, lui aussi très inspiré par Stephen King.
Hokum voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’un film d’horreur mais son histoire est pourtant bien plus celle d’un thriller sur lequel se greffe quelques éléments fantastiques. Sur un rythme très lent, Damian McCarthy fait monter le suspense sur l’intrigue du film mais en vérité, le réalisateur ne semble pas avoir grand chose à raconter. C’est avec de grosses ficelles bien connues qu’il tentera d’installer une ambiance horrifique. Quelques jumpscares bien amenés mais surtout une musique angoissante et beaucoup de sons inquiétants alors qu’il ne se passe strictement rien à l’écran.

Il y a bien une sorcière dans l’histoire d’Hokum mais ses apparitions fugaces ne serviront souvent à rien. Pour étirer la durée de son long métrage, Damian McCarthy semble avoir demandé à ses acteurs de fonctionner au ralenti. Ohm Bauman est un froussard qui passera un temps fou pour explorer une pièce dans l’obscurité de la même manière que nous pouvons le faire en jouant à un survival horror. À ce rythme, le suspense que le réalisateur veut créer finira par tourner à l’ennui. Quand viendra le dénouement, nous nous interrogerons encore quel est le lien entre l’employée disparue et cette sorcière. D’autant plus que des champignons hallucinogènes viendront mettre encore plus de flou sur la conclusion de cette histoire.
Porté par Adam Scott, éternel second rôle de comédie devenu désormais la star de la série Severance, l’acteur est souvent seul à l’écran et n’aura rien d’autre à jouer que l’angoisse sans quasiment aucun dialogue. De quoi se demander l’utilité d’aller chercher une célébrité pour ce rôle si ce n’est pour rendre le film plus attirant. Il lui arrivera tout de même de croiser quelques acteurs habitués aux petits rôles dont les locaux Peter Coonan et David Wilmot dans des performances pas des plus marquantes.

Inspiré par les œuvres de Stephen King et les survival horror, Hokum ne méritait clairement pas plus que les précédents longs métrages de sortir au cinéma. Un simple thriller déguisé artificiellement en film d’horreur avec des sons angoissants qui n’arrivera jamais à nous faire frissonner. C’est à se demander ce qu’Adam Scott est venu faire dans ce long métrage où il n’a rien à défendre et où l’ennui l’emporte sur l’angoisse.
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