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OBSESSION de Curry Barker [Critique Ciné]

Obsession

Se trainant en longueur, Obsession n’est pas la claque horrifique attendue

Nous rêvons tous de se mettre en couple pour au final être bien souvent rapidement déçu en réalisant que le quotidien avec notre partenaire n’est au final pas si idyllique que ce que nous pouvions imaginer. C’est peut-être bien de ce constat qu’est parti le réalisateur et scénariste Curry Barker pour son premier film Obsession dont l’une des affiches dans le métro est couverte de critiques dithyrambiques. Certainement trop d’ailleurs car ce long métrage horrifique est loin d’être aussi réussi que nous pouvions l’espérer 

Obsession raconte l’histoire de Bear. Un jeune homme travaillant dans un magasin d’instruments de musique qui aimerait avouer ses sentiments à sa collègue Nikki. Mais alors qu’il s’apprêtait à se lancer, il a bien senti que la jeune femme ne voit en lui qu’un bon ami et un confident. Juste avant de faire sa déclaration il comptait lui offrir un petit objet qui garantissait de réaliser un vœu. Mais à la vue de la tournure des événements, il va finalement préférer utiliser lui-même l’objet pour que Nikki l’aime plus que tout au monde. Son vœu sera exaucé au delà de ses espérances au point qu’il le regrettera très rapidement.

Simple coïncidence, comme dans le récent film français La Poupée dans lequel Vincent Macaigne fuyait sa love doll transformée en véritable femme au lieu de tomber amoureux de celle qu’il chérissait tant, dans Obsession, Bear aura la même curieuse réaction de rejet envers Nikki lorsqu’elle deviendra un peu trop follement amoureux. Il faut dire que ce jeune homme au cœur de l’intrigue ne semble pas être pas un exemple de courage mais plutôt le même genre de pleutre que Robert Pattinson dans The Drama. Un type sans cervelle ni consistance auquel il sera difficile de s’attacher ou de se reconnaitre en lui tant il semble incapable de prendre ce problème à bras le corps.

Il y a deux manière de voir l’histoire d’Obsession. La plus évidente serait de voir Bear comme une sorte de violeur car par son vœu, il a en quelque sorte forcé le consentement de Nikki. Chaque relation sexuelle qu’il aura avec elle peut donc être vu comme une véritable agression d’une personne semi-consciente de ce qui lui arrive sans avoir la capacité de réagir contre. D’autres spectateurs y verront peut être simplement une allégorie d’une relation toxique et de jalousie excessive. Nous verrons bien pourtant que la véritable victime dans cette affaire n’est autre que Nikki et non pas Bear, Celui-ci n’a au final que ce qu’il mérite lorsque cette fille qu’il a contraint à l’aimer va à la place faire de sa vie un véritable enfer.

Certains voudraient voir en Curry Barker un cinéaste dans la lignée de Zach Cregger, le réalisateur de Barbare et d’Évanouis. C’est donner un peu trop de crédits à cet apprenti-réalisateur qui cache son manque d’inspiration par un rythme très lent. À une époque où nous souffrons tous d’un manque de concentration, il n’y a bien qu’au cinéma que nous pourrons rester accroché à cette histoire sans réelle surprise dont tout est quasiment déjà montré dans la bande annonce. Au crédit de Curry Barker, Obssession comptera tout de même quelques passages bien sanguinolents et une esthétique générale soignée qui nous avaient justement incité à découvrir ce long métrage qui ne tient malheureusement pas toutes ses promesses.

Obsession doit surtout son intérêt à la prestation sans failles de son actrice principale Inde Navarette principalement connue pour son rôle dans la série Superman & Lois. Elle saura parfaitement nous faire craquer pour elle avant de devenir vraiment flippante. Quel dommage de ne pas avoir trouver mieux à mettre en face d’elle que Michael Johnston, un comédien de doublage qui avait à juste titre encore jamais tenu de rôle marqiant à la télévision comme au cinéma. Ils ne sont pas aidés non plus par les personnages secondaires joués par Cooper Tomlinson et Megan Lawless qui incarnent les ami de Bear dont l’histoire est mal développée.

Le fait qu’Obsession soit produit par Blumhouse aurait dû nous mettre la puce à l’oreille que ce premier film de Curry Barker  ne serait pas la claque escomptée. Bien que très bien interprété par Inde Navarette, cette histoire manque de surprises et de réels moments de suspense pour réussir à nous scotcher à notre fauteuil. L’ennui l’emportera haut la main sur la terreur tant le réalisateur fait traîner son histoire pour cacher son manque d’inspiration.

MON AVIS :
Noté 2 sur 5

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