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BAISE-EN-VILLE de Martin Jauvat [Critique Ciné]

Baise-En-Ville

Baise-En-Ville est la meilleure comédie française que vous pourrez voir en ce début d’année.

« Baise-En-Ville« , en voila un titre bien curieux pour un film. Nous imaginerions bien une pièce de boulevard avec portes qui claquent avec un titre pareil mais il s’agit là du deuxième long métrage écrit, réalisé et interprété par Martin Jauvat. Un jeune cinéaste de 31 ans dont le nom n’est pas encore très connu du grand public mais qui semble avoir déjà ses entrées dans la grande famille du cinéma français . Son premier film Grand Paris sorti dans trop peu de salles et ce nouveau Baise-En-Ville ont en effet déjà tous les deux reçu les faveurs du Festival De Cannes en étant projetés sur la Croisette . Sept mois plus tard, cette nouvelle comédie toujours aussi décalée sort enfin en salles depuis le 28 janvier 2026 et il serait bien dommage de passer à coté.

En plus d’être réalisateur, Martin Jauvat cultive un look qui fait de lui le parfait héros de comédie. Il incarne ici Corentin Périer, surnommé « Sprite« . Un jeune homme revenu s’installer chez ses parents à 25 ans à la suite d’une rupture sentimentale. Sans emploi, il procrastine à la maison avec pour principal loisir de rester à songer dans sa baignoire avec un fond d’eau. Pour le forcer à se bouger, sa mère va confisquer le bouchon de baignoire. Mais pour trouver un job, Corentin a besoin du permis. Sans argent pour le payer, il devra se démener pour trouver l’argent.

Baise-En-Ville

Le Baise-En-Ville du titre fait référence à ce petit sac très prisé à une époque qui permettait de découcher de chez soi en transportant le strict minimum pour la soirée : des capotes, une brosse à dent et éventuellement des affaires de rechange. Pour payer son permis, Corentin a trouvé un boulot de nuit chez Allo Nettoyo. Une agence qui mériterait d’être réellement créée si cela n’existe pas, chargée de faire partir les invités et nettoyer les restes de fêtes en fin de soirée. C’est sa monitrice d’auto-école Marie-Charlotte qui va lui donner ce Baise-En-Ville afin de lui permettre de passer chaque soir la nuit chez une fille pas loin de sa prochaine mission pour lui éviter de galérer dans les transports tard le soir.

Se déroulant à Chelles, Baise-En-Ville semble former une sorte de diptyque avec Grand Paris, le premier film de Martin Chauvat, sur les galères quotidiennes que peuvent vivre tout jeune en Banlieue Parisienne. Une « coming of age comedy » (comédie de maturité) qui va suivre Corentin dans ses problèmes de boulot mais aussi au niveau sentimental. Ce nouveau long métrage démontre le véritable talent de Martin Chauvat pour avoir su s’inspirer de ce style de comédie très courant aux Etats Unis pour imaginer des scènes à l’humour décalé parfois même à la limite de l’absurde. Le jeune cinéaste est également très fort pour écrire de formidables dialogues dont certaines répliques pourraient rentrer dans les annales du cinéma.

Baise-En-Ville

C’est sans doute grâce à l’ensemble de ces qualités que Martin Jauvat  a réussi à convaincre Emmanuelle Bercot d’incarner  Marie-Charlotte la monitrice d’auto-école complétement barrée de Baise-En-Ville. En cheveux court et en jogging avec des airs de garçon manqué au langage fleuri, c’est un formidable personnage de comédie qu’elle interprète ici à mille lieux des rôles où nous avons l’habitude de la voir. Tous les spectateurs qui l’apprécient dans un registre dramatique devrait vraiment voir cette transformation !

À l’image du lunaire Corentin, la majorité  des personnages sont tous bien barrés. Nous y retrouvons William Lebghil bien plus habitué à ce genre de personnages décalés qui incarne ici Walid le beau frère de Corentin. Un fidèle du réalisateur qu’il avait rencontré sur la comédie déjantée Yves et qui jouait déjà dans Grand Paris. Tout comme le moins connu Sébastien Chassagne qui tient ici le rôle plein d’humour du patron d’Allo Nettoyo. Preuve que le talent de Martin Jauvat est de plus en plus reconnu, Michel Hazanavicius et Géraldine Pailhas ont accepté d’incarner ses parents dans le film. Nul doute que nous n’avons pas fini d’entendre parler de ce jeune réalisateur qui sait très bien s’entourer. 

Baise-En-Ville

Tout espoir n’est pas perdu pour l’avenir de la comédie française ! Dans la lignée de Quentin Dupieux et d’autres cinéastes à l’humour décalé, Martin Jauvat assure déjà la relève avec cette comédie pleine de bons sentiments  et de poésie aussi riche dans ses dialogues que dans ses situations. Une comédie absurde mais beaucoup plus intelligente que celles qui ont le malheur de cartonner ces derniers temps. Ne profitant pas de la même exposition médiatique, espérons que le bouche à oreille se fasse pour permettre au jeune réalisateur de poursuivre sa prometteuse carrière.

MON AVIS :
Noté 4 sur 5

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