BLANCHE NEIGE de Marc Webb [Critique Ciné]

C’est maintenant au tour de Blanche Neige, le plus grand classique Disney, de subir une adaptation live qui n’aurait jamais du voir le jour.
Avec la cancel culture grimpante, Blanche Neige le premier grand classique Disney sorti en 1937 était devenu embarrassant pour les bienpensants. Pour y remédier, les pontes du studio ont eu la mauvaise idée de vouloir en faire un remake live qui gommerait les « erreurs » du passé. À peine annoncé, le projet fut immédiatement rejeté par tous les fans. Entre le choix d’une actrice sud américaine pour jouer Blanche Neige, des nains devenu des créatures magiques et autres polémiques durant le tournage, le film aurait dû être annulé une bonne fois pour toute. Mais prêt encore à perdre des millions de dollars, Disney a choisi de tenir bon et de sortir le film ce mercredi 19 mars. Entre Les Bodin’s et Prosper, il ne sera peut être pas le pire film de la semaine mais sans aucun doute tout de même l’un des pires de cette année.
Confié à Marc Webb, réalisateur de (500) Jours Ensemble et des Spider-Man d’Andrew Garfield, il pouvait rester l’espoir d’une bonne surprise au final en pensant qu’on ne pourrait jamais faire pire que la version de 2012 avec Julia Roberts et Lily Collins. Et pourtant, il sera difficile de trouver quelque chose à sauver dans cette nouvelle adaptation. Un film qui voudrait se montrer fidèle au dessin anime et au conte des Frères Grimm tout en prenant cependant de nombreuses libertés, rallongé par de nouvelles chansons insupportables et une sous intrigue risible.

À vouloir corriger ce qui causait aujourd’hui problème dans le dessin animé de 1937, Disney ne fait en réalité qu’empirer les choses avec cette adaptation live. Après avoir remplacé les animaux par de l’image de synthèse dans tous ses films les plus récents pour éviter tout risque d’être accusé de maltraitance, c’est aujourd’hui les acteurs de petites tailles qui se voient privés de l’opportunité de jouer dans ce nouveau Blanche Neige parce que Peter Dinklage, célèbre héros de Game Of Thrones, s’est scandalisé que l’on reproduise encore l’image archaïque de nains vivants tous ensemble dans la même maison et travaillant à la mine. Résultat, nous avons le droit à la place à d’affreux personnages en image de synthèse tellement cartoonesque qu’ils dénotent vraiment à coté des acteurs en chair et en os. Déjà retiré du titre du film, ils ne seront d’ailleurs jamais appelés nains et se retrouvent dotés de pouvoirs magiques les rendant capables de transformer la roche en minerais précieux. Si certains plans font des clins d’œil à des scènes du dessin animé, il est vraiment regrettable de voir que la plupart de leurs scènes ont été clairement massacrés par rapport à l’original.
Disney a également trouvé bon de supprimer le Prince Charmant débarquant à la fin pour sauver la belle. Il est remplacé par le chef d’une troupe de bandits rebelles totalement ridicule. Si les scénaristes auraient réfléchis un peu plus, ils auraient pu se servir de cette idée de fidèles à l’ancien roi disparu pour étoffer le rôle des « nains » et les sortir de leur mine plutôt qu’ajouter cette bande qui ne sert a rien. En plus, cette adaptation live ne corrige même pas le baiser volé à Blanche Neige endormie alors qu’il suffisait d’adapter à la lettre le conte des Frères Grimm pur corriger le problème. Dans l’histoire originale, Blanche Neige recrache le morceau de pomme empoisonné lorsque son cercueil est déplacé et se réveille tout simplement.

Très critiqué, le choix de Rachel Zegler pour incarner Blanche Neige n’est pas si mauvais. Depuis que nous l’avons découverte dans le West Side Story de Steven Spielberg, l’actrice nous avait frappé par son visage de poupée très « Disneyen ». Elle a aussi pu démontrer ses capacités de chanteuse dans ce film ainsi que dans le dernier Hunger Games. La justification de son prénom Blanche Neige non pas à cours de la couleur de sa peau mais à cause d’une tempête de neige respecte à moitié le conte des Frères Grimm et ce n’est clairement pas sa peau légèrement plus bronzée qui nuit au film mais plutôt sa coupe de cheveux raté. Il y aurait plus à critiquer cette version de Blanche Neige qu’on lui donne à jouer qui copie toutes les dernières héroïnes Disney de Rebelle à Vaïana 2 qui se veulent moins ingénue et plus courageuse. Courageux et novateur au début, à force de matraquer ce message avec des chansons toujours très similaires cela sent vraiment maintenant le réchauffé.
Il fallait forcement une belle actrice pour jouer la méchante Belle-Mère et le choix de Gal Gadot pouvait être une bonne idée. Malheureusement son maquillage et son costume ne la mettront vraiment pas en valeur et l’ancienne Wonder Woman montrera clairement ses limites en tant qu’actrice. Jamais elle n’arrivera à nous faire ressentir la peur que pouvait susciter son alter ego animé de 1937. Et que dire du reste du casting composé d’acteurs méconnus et dénués du moindre talent à commencer par ce faux Prince Charmant anti-charismatique au possible.

Rallongé par de nouvelles chansons insupportables et des changements dans l’histoire totalement ridicules, ce nouveau Blanche Neige rivalise de médiocrité avec celui de 2012 avec Lily Collins et Julia Roberts. Pauvres enfants obligés de se farcir toutes ces adaptations live toutes plus ratées les unes que les autres au lieu d’avoir eu la chance comme leurs parents de découvrir les grands classiques animés de Disney. Il serait grand temps que le studio change de politique et se consacre à nouveau à l’animation traditionnelle pour nous offrir de véritables nouveaux véritables classiques au lieu de continuer à massacrer les anciens.
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