Critique Ciné : BIG EYES de Tim Burton

 

Big Eyes

 

« Le meilleur film de Tim Burton depuis des années » nous dit la critique du site The Wrap en tête de l’afffiche de Big Eyes. Depuis quand Dark Shadows, Frankenweenie, Alice Au Pays Des Merveilles ou Sweeney Todd et autres ne sont pas des bons films ? On se demande bien a quoi sert cette accroche destinée à convaincre ceux qui n’aiment clairement pas l’univers si particulier de Tim Burton d’aller voir le film et peut être dissuader ceux qui pourraient trouver ce nouveau film un peu trop sage de ne pas y aller. Mais plutôt que se poser des tas de questions le mieux est bien sur d’aller se faire son propre avis en faisant confiance à un réalisateur qui n’a jamais déçu. 

 

 

 

Artiste peintre encore inconnue Margaret a fui un premier mariage pour aller s’installer à San Francisco avec sa fille. Là-bas elle tombe sous le charme du peintre Walter Keane qui n’a jamais rencontré le succès malgré ses talents d’embobineur. C’est en s’appropriant les oeuvres de sa femme qu’il va connaître un immense succès. D’abord complice de cette supercherie, Margaret va supporter de moins en moins de rester dans l’ombre.

Si le nouveau film de Tim Burton paraît plus sage que d’habitude, c’est parce qu’il s’agit d’une histoire vraie. le destin dramatique de Margaret Keane, victime d’un mari roublard et beau parleur qui l’a privé pendant des années du succès qu’elle méritait. Le réalisateur renoue en fait ici avec des longs métrages comme Ed Wood ou Big Fish, un peu plus classique, mais dans lequel on retrouve tout de même toujours sa patte. Il fait d’ailleurs à nouveau équipe ici avec les scénaristes Scott Alexander & Larry Karakszewski qui avaient écrit pour lui le script d’Ed Wood.

Big Eyes

Big Eyes n’est pas un projet personnel du réalisateur qui est arrivé sur le tard sur le projet pour remplacer les deux scénaristes préssentis pour également mettre en scène cette histoire.  Il a cependant réussi a faire venir sa costumière fétiche Colleen Atwood ainsi que son fidèle chef décorateur Rick Heinrichs sans oublier Danny Elfman qui signe à nouveau la bande originale du film. Tous ensemble, ils ont réussi une reconstitution très réussie des années 60 emprunt de nostalgie malgré un budget ridicule de 10 millions de Dollars seulement.

Sans jamais tomber dans la revendication, Tim Burton signe un long métrage en soutien de la cause féminine. On ne peut être que touché par l’histoire de Margaret Keane qui a eu beaucoup de mal à s’émanciper de l’emprise des hommes sur sa vie à une époque où cela était quasiment impossible. Big Eyes dénonce aussi quelque chose qui n’a toujours pas vraiment changé : peu importe le talent,  un artiste qu’ils soit peintre, réalisateur ou chanteur doit avant tout faire parler de lui dans les médias pour être reconnu. Walter Keane l’avait bien compris et s’en est largement servi au point certainement d’ouvrir la voie à d’autres.

Big Eyes

Ce n’est pas parce qu’il parait plus classique, que Big Eyes n’est pas réussi. Tim Burton arrive tout de même à glisser une part de son univers particulier dans le film. Notamment dans des scènes d’hallucinations où Margaret voit tous les gens autour d’elle avec de gros yeux. En tant que fan de cet artiste, le réalisateur a probablement été lui même influencé par son travail. Cela se voit dans pas mal de ses illustrations mais aussi dans certains de ses personnages les plus fous comme ceux des Noces Funèbres

On aurait bien imaginé retrouver Helena Bonham Carter et Johnny Depp pour incarner Margaret et Walter Keane. Mais le réalisateur est désormais séparé de la première et son acteur fétiche était peut être trop occupé. C’est donc Amy Adams et Christoph Waltz qui ont finalement été choisis après que deux autres couples soient un moment prévus. La jeune actrice qui monte a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie pour ce rôle. Ce qui est bien mérité tant elle se montre touchante dans son incarnation de cette femme courageuse. Christoph Waltz assure à nouveau le show avec ce personnage excentrique dont il s’est forgé une image pas forcement réel mais absolument irrésistible. Le choix de la  jeune actrice qui joue la fille de Margaret est absolument Burtonien. Le film regorge aussi de second rôles savoureux joués par Krysten Ritter en meilleure amie fictionnelle de Margaret, Danny Huston en journaliste mondain et narrateur de l’histoire, Jason Schwartzman en galériste jaloux et Terence Stamp dans un petit rôle de critique vénimeux.

 

Big Eyes

 

 

 MON AVIS

 4/5 

Très réussi, Big Eyes n’est pas pour autant meilleurs que les dernières réalisations de Tim Burton. L’homme a plusieurs facettes que chacun est libre d’apprécier ou pas. Les fans inconditionnels ne devraient en tout cas pas bouder leur plaisir, ils ne seront certainement pas déçus. Taillé pour les Oscar, le film n’a pas eu la chance d’être nommé alors qu’il aurait tout pour y faire un malheur. Amy Adams et Christoph Waltz sont tous les deux excellents dans deux registres totalement opposés l’effacée Margaret et l’exhuberant Walter dans un duel au sommet. Vous allez en prendre plein les yeux !

 

 

FICHE TECHNIQUE :

  •  – REALISATEUR : Tim Burton
  •  – AVEC : Amy Adams, Christoph Waltz & Krysten Ritter
  •  – SCENARISTES : Scott Alexander & Larry Karaszewski
  •  – GENRE : Biopic
  •  – DUREE : 1h47
  •  – MUSIQUE : Danny Elfman
  •  – NATIONALITE : Américain / Canadien
  •  – DISTRIBUTEUR : Studio Canal
  •  – SITE OFFICIELhttp://bigeyesfilm.com/
  •  – DATE DE SORTIE : 18 Mars 2015

 

 

A LIRE AUSSI :