DIMMU BORGIR + BEHEMOTH – IN LEAGUE WITH SATAN EUROPA 2026 – ZENITH – PARIS – 16 OCTOBRE 2026 [Chronique Concert]
Les géants du Black Metal Dimmu Borgir, Behemoth et Dark Funeral unissaient leurs forces pour un concert événement au Zénith de Paris ce vendredi 16 octobre 2026
Quatre semaines après la venue du Pape à Paris, c’est au tour des adorateurs de Satan d’avoir le droit à leur grande messe. Les deux plus grand groupes de Black Metal Dimmu Borgir et Behemoth donnaient rendez vous à leurs adeptes ce vendredi 16 octobre 2026 non pas au Stade de France mais au Zénith de Paris pour un grand concert en co-headlining accompagné en première partie des non moins prestigieux Dark Funeral dans le cadre de leur tournée en commun In League With Satan Europa 2026. Une tournée débutée le 9 octobre 2026 à Zurich et qui devrait s’achever le 30 octobre 2026 à Coppenhague dont cette date à Paris est la sixième étape. Un évènement qui a de quoi voir s’ouvrir les portes de l’Enfer au point visiblement d’en effrayer certains. Car malgré cette monumentale affiche, le Zénith en petit configuration n’affichait malheureusement pas plus complet que pour Amon Amarth mardi dernier.
Impossible de traiter Dark Funeral comme une simple première partie. Fondé en 1993, le groupe suédois est un des pionniers du Black Metal dans leur pays face à la domination norvégienne sur le genre. Venus pour la dernière fois à Paris en janvier 2025, en tête d’affiche à La Machine Du Moulin Rouge, ils font déjà leur retour dans notre capitale pour défendre leur tout nouvel album « A Beast To Praise » paru le 21 août 2026. À 18h55 une intro faite de bruits de chaînes et de grondement a préparé l’arrivée du groupe. Figés sur scène, les musiciens étaient alors éclairés un par un par une poursuite. Disposant uniquement de l’avant scène Dark Funeral a amené tout de même une belle déco avec plusieurs bannières et un large backdrop dans le fond. Débutant leur concert par une intro très mélodique, nous pouvions presque qu’ils allaient commencé par une ballade. Ce n’était en fait vraiment pas le cas car le tempo montera très vite sur les deux premiers morceaux de leur set. Il n’en aura fallu pas plus pour entendre le premier « Hail Satan » de la soirée avant que les musiciens ne déchainent le feu des enfers sur le titre suivant.
La même introduction sonore résonnera ensuite à nouveau avant que le batteur débute un solo rejoint par une basse très groove. L’ouverture d’un morceau au tempo un peu plus lent qui permet mieux de se rendre compte du talent des musiciens. Car les autres morceaux très rapides où les guitares se mêlent à des chœurs ou des nappes d’orgue sur séquenceur permettent moins de discerner les riffs complexe et rapides. En revanche c’est sans difficultés que nous pourrons appréier le jeu exceptionnel de leur batteur. De quoi subjuguer un public resté étrangement bien calme dans la fosse malgré la brutalité des chansons de Dark Funeral. D’une durée d’à peine une demi-heure, ce set nous a à peine permis de profiter du groupe mais ce fut en tout cas une très bonne entrée en matière car il impossible d’être fan de Dimmu Borgir et Behemoth sans l’être aussi des talentueux Dark Funeral qui n’ont strictement rien à leur envier.
De passage à Paris quasiment tous les ans, le retour de Behemoth est moins événementiel que celui des plus rares Dimmu Borgir. Bien qu’ils soient les ainés de cette soirée, le groupe polonais formé en 1991 a donc été le deuxième à se produire ce soir sur la scène du Zénith. Après leur venue à l’Olympia le 11 avril 2025, ils avaient une bonne raison de revenir puisqu’ils ont depuis sorti un nouvel album « I Sculptor » le 4 septembre 2026 en vue de cette tournée événement. Un rideau blanc a été dressé pour cacher la préparation de la scène pour Behemoth. Celui-ci servira ensuite d’écran pour l’intro du show après le titre « Noce Szatana » du groupe KAT qui ouvre tous leurs concerts.
Ce sera alors le début d’un concert en forme de Best Of qui débutera par « Daimonos » qui ouvrait l’album « Evangelion » en 2009. Nous découvrirons alors un décor de scène à plusieurs niveaux permettant aux musiciens de prendre de la hauteur avec même une plateforme montant en avant scène. Le tout baignant dans un light show spectaculaire et dans un nuage quasiment permanent de fumigène au sol. Jouant un Black Metal très opératique, Behemoth alternera entre morceaux plus rapides et d’autres plus atmosphériques le long des treize titres de leurs concert. Du dernier album, ils ne joueront que le morceau « I Scvlptor » qui lui donne son nom. Le précédent « The Shit Ov God » sera mieux représenté avec deux morceaux dont le puissant « The Shit Ov God » lui-même qui devrait longtemps resté dans leurs playlist tant elle est taillée pour la scène.
Lorsque le chanteur guitariste Nergal prendra la parole pour la première fois ce sera pour saluer le mouvement lycéen d’un « Vive La France, Vive La Révolution, Vive Satan » en français dans le texte. Il nous dira un peu plus tard que ce concert à Paris est pour le moment le meilleur de ce début de tournée. Comme à son habitude, il changera régulièrement de costumes au fil de la setlist. Les musiciens de Behemoth aiment jouer avec le feu et s’en approcheront parfois même de près. Le chanteur troquera même sa guitare contre de petits lance-flammes sur l’une des chansons. Nous sommes encore loin des délires de Rammstein mais l’ambition est là. Tout le long de leur prestation, nous sentirons que le show est totalement millimétré dans les placements des musiciens pour assurer un show complet. Ce ne sera en fait qu’un bref aperçu car au bout d’une heure et douze titres, ce sera déjà le moment du rappel avec l’incontournable « O Father O Satan O Sun » en treizième et dernier titre.
Après la grosse claque mise par Behemoth, nous étions encore loin d’en avoir fini avec ce concert puisqu’il restait encore la pièce maitresse Dimmu Borgir à venir. la scène s’est à nouveau masqué d’un rideau portant le logo du groupe pour un changement complet du décor. Cela faisait déjà six ans que nous n’avions pas revu Dimmu Borgir à Paris. Leur dernier passage remonte en effet au 23 janvier 2020 où ils étaient venus avec Amorphis au Bataclan. Ce passage pour la première fois sur la scène du Zénith est l’une des plus grosses dates de leur carrière en France hors festival. Si les norvégiens n’étaient pas revenu dans notre capitale depuis si longtemps, c’est parce qu’ils ont pris leur temps avant d’enfin sortir leur dixième album « Grand Serpent Rising » enfin disponible depuis le 22 mai 2026.
Après un long jeu de lumières sur le rideau, Dimmu Borgir a débuté son show à 21h45 avec le titre « Ulvgjeld & Blodsodel » issu de leur dernier album avant d’enchaîner immédiatement sur deux grands classiques « Mourning Palace » et « Kings Of The Carnival Creation« . Nous découvrirons alors un décor de scène complétement différent aux allures de temple avec des structures rigides marqués de différents symboles qui pourront faire passer la lumière des spots. Nous serons aussi bien servi en matière de lightshow et d’effets pyrotechniques que pour Behemoth. Cela permettra depuis les gradins de profiter au moins d’un spectacle son et lumière au lieu de pouvoir vraiment voir les musiciens faute d’écrans géants. Un comble tout de même en 2026 où les écrans sont partout que le Zénith ne propose quasiment jamais cette possibilité alors qu’il y aurai largement la place de chaque coté de la scène.
Ne disposant eux aussi que d’une heure et quart, Dimmu Borgir tentera de faire la balance entre les tires récents et les classiques mais aussi d’alterner eux aussi entre morceaux ultra-rapides et titre plus atmosphériques. Il faut bien avouer que le show de Dimmu Borgir semble un peu moins mis en scène, laissant les musiciens simplement jouer comme ils leur semblent. À la difference de Dark Funeral et Behemoth, les norvégiens ont depuis toujours un vrai claviériste disposant d’au moins deux ou trois pianos mais le séquenceur servira tout de même beaucoup pour les nombreux chœurs sur les morceaux. Même si ils sont les troisième à se produire ce soir, il faudra encore quelques titres pour que le son des solos de guitare soit au même niveau que l’ensemble. Avec leur tempo élevé et la complexité des compos, connaitre les morceaux à l’avance aidera forcement à plus apprécier ses versions live.
Des douze titres de ce court concert, ils placeront les trois morceaux de leur dernier album qui ont fait l’objet d’un clip. Les neufs autres chansons iront vraiment piocher dans les différents disques du groupe. Si nous nous attendions à entendre la reprise de In League With Satan durant le set de Behemoth qui l’a inclus dans leur dernier album, le changement dans l’ordre de passages des groupes a fait que c’est finalement Dimmu Borgir qui l’a interprété en guise de premier rappel en invitant Nergal sur scène pour la partager. Donnant son nom à la tournée, cette reprise du classique de Venom est d’autant plus importante qu’elle a pris une autre tournure depuis que Cronos le chanteur et bassiste de Venom nous a subitement quitté le 1er octobre. Passé cet hommage, Dimmu Borgir finira son show avec le titre Progenies of the Great Apocalypse
Certains fans extrêmes iront peut être dire que la salle du Zénith est trop grande et trop mainstream pour des groupes de Black Metal mais il fallait bien cela pour accueillir les productions imposantes de Behemoth et Dimmu Borgir.. Obligés de jouer en double tête d’affiche, les groupes réduisent sans doute leurs frais mais aussi malheureusement la durée de leur set. 1h15 par groupe c’est au moins une demi heure ou une heure de moins qu’il en faudrait pour permettre à chacun de ne pas trop faire l’impasse sur les classiques nous ne pouvons tout de même pas nous plaindre de ces trois heures de show au total qui regroupaient exceptionnellement la crème du Black Metal norvégien, suédois et polonais qui ne nous ont pas déçu par leur performances et que nous ne reverrons peut être plus jamais ensemble sur la même affiche.
SETLIST BEHEMOTH
01. Daimonos
02. Ora Pro Nobis Lucifer
03. Thy Becoming Eternal
04. The Shit ov God
05. Conquer All
06. Blow Your Trumpets Gabriel
07. I, Scvlptor
08. Ov Fire and the Void
09. To Drown the Svn in Wine
10. Bartzabel
11. The Shadow Elite
12. Chant for Eschaton 2000
Rappel :
13. O Father O Satan O Sun!
SETLIST DIMMU BORGIR
01.Ulvgjeld & Blodsodel
02. Mourning Palace
03. Kings of the Carnival Creation
04. Council of Wolves and Snakes
05. As Seen in the Unseen
06. Ascent
07. Reptile
08. The Serpentine Offering
09. Puritania
10. Gateways
11. In League With Satan (featuring Nergal) (reprise de Venom)
12. Progenies of the Great Apocalypse
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