DISCLOSURE DAY de Steven Spielberg [Critique Ciné]
50 ans après, Steven Spielberg réactualise son Rencontre Du Troisième Type dans le très peu inspiré Disclosure Day.
Comme toute personne en vieillissant, Steven Spielberg devient de plus en plus nostalgique du bon vieux temps. Apres s’être fait plaisir avec une remake totalement inutile de West Side Story et le drame semi-biographique The Fabelmans. Le cinéaste fait son grand retour à la science fiction avec Disclosure Day. Une sorte de réactualisation 50 ans plus tard de son grand classique Rencontre Du Troisième Type pour y ajouter les inquiétudes du 21ème siècle entre menace de nouvelle guerre mondiale et désinformation galopante.
Pour Disclosure Day, Steven Spielberg réunit a nouveau une bonne partie des équipes à qui il doit ses plus grands succès. Non seulement il a réussi à sortir son compositeur fétiche John Williams de sa retraite bien méritée mais il retrouve aussi David Koep, scénariste de Jurassic Park, et son fameux directeur photo Janusz Kamiński . Et pourtant cette fine équipe réunie n’arrive curieusement pas ici à recréer la fameuse « magie Spielberg » qui a fait la réussite d’une bonne majorité de ses longs métrages.
Probablement la meilleure trouvaille de tout le film, Disclosure Day débute de manière très surprenante en nous faisant vivre un combat de catch en vue subjective à travers les yeux d’un combattant en mauvaise posture. Mais passé ces trois premières minutes, la suite du film nous donnera l’impression de se retrouver devant une série télé dont nous aurions raté les premier épisodes. Une histoire d’ échange de sac à dos rempli de clé USB pleine de donnée compromettantes volé par une sorte de lanceur d’alerte qu’il sera obligé de restituer pour sauver sa petite amie détenue par une organisation secrète.
Vient se greffer à l’histoire de Disclosure Day une présentatrice météo qui sans raison évidente va subitement être capable de parler et comprendre toutes les langues y compris une langue extraterrestre. Elle sera aussi capable de lire dans les esprits pour connaitre les pensées les plus intimes des gens. Sans même comprendre ce qui lui arrive, elle sait qu’elle doit retrouver le lanceur d’alerte pour faire passer un message à l’humanité. C’est le fameux Disclosure Day (le jour de la révélation) qui donne son titre au film.
Si ce titre Disclosure Day n’est pas sans rappeler l’Independence Day de Roland Emmerich, nous sommes ici bien loin du grand film d’invasion extraterrestre que nous pouvions imaginer. Loin de La Guerre Des Mondes que Steven Spielberg ait réalisé, ce nouveau film s’approche vraiment plus de Rencontre Du Troisième Type. Sur le même rythme lent, il faudra supporter de nombreux tunnels de dialogues sans intérêt avant d’apercevoir le moindre extraterrestre et de tenter de comprendre ce que cherche à nous raconter le décidément peu inspiré David Koep. L’action se fera rare et la majorité des scènes les plus impressionnantes visuellement sont toutes déjà dévoilées dans la bande annonce du film.
Disclosure Day ressemble en fait à une sorte de nouveau film de la série X-Files dans lequel nos deux protagonistes principaux se retrouvent mêlé à un conflit qui les dépasse qui dure depuis des années entre une organisation qui veut cacher à l’humanité l’existence des extraterrestres tout en utilisant leur technologie pour y parvenir et de l’autre coté des partisans de la vérité qui œuvrent à la manière d’un groupe de résistants pour révéler à la planète entière ce grand secret. Une course poursuite de deux heures qui s’achève par une conclusion qui ressemble beaucoup à celle de Rencontre Du Troisième Type sans provoquer la même émotion.
Il y a de grands doutes sur ce que cherche à nous raconter Steven Spielberg dans Disclosure Day. Le film semble plutôt dangereux à vouloir donner du crédit à tous ces théoriciens du complot, déjà bien aide par Donald Trump, qui s’imaginent que l’on nous cache des choses. Un peu plus rationnel de l’autre coté, Disclosure Day parle aussi de la manipulation des masses à travers les chaines info dont les présentateurs débitent les mauvaises nouvelles en lisant leur prompteur comme des robots.
Nous ne pouvons pas dire que Steven Spielberg a été inspiré pour le casting de ce Disclosure Day. Le rôle principal féminin est tenu par Emily Blunt déjà confrontée aux extraterrestres dans Sans Un Bruit. Le rôle principal masculin est interprété par Josh O’Connor, la coqueluche du moment toujours aussi insipide. Il y aussi Colman Domingo bien meilleur en Joe Jackson dans le biopic Michael qu’en pseudo leader de la révolution et Colin Firth qui retrouve encore Emily Blunt mais cette fois-ci dans le rôle à contre-emploi du principal protagoniste de cette histoire entre l’Agent Smith de Matrix et l’Homme à la Cigarette de X-Files. Une belle brochette d’acteurs qui n’arrivera pas pour autant à faire de Disclosure Day un film mémorable.
Trop long et manquant cruellement d’intérêt, c’est à se demander ce qui a bien pu inciter Steven Spielberg a dirigé pareille histoire. Lui qui a signé tant de grands classiques du cinéma ne devrait pas entacher la fin de sa carrière avec ce genre de films tout juste bon pour les grilles des chaines de la TNT. Autant clairement revoir Rencontre Du Troisième Type et E.T. L’Extraterrestre plutôt que perdre son temps devant ce film de trop.
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