ELEANOR THE GREAT de Scarlett Johansson [Critique Ciné]
Scarlett Johansson signe une des plus émouvantes histoires de l’année avec Eleanor The Great, son premier film en tant que réalisatrice.
Apres s’être lancée dans la musique et la restauration, Scarlett Johansson a décidé d’ajouter une nouvelle corde à son arc en passant à son tour derrière la caméra pour réaliser son premier long métrage Eleanor The Great. Une très émouvante histoire qui a déjà secouée le Festival De Cannes en mai dernier et qui nous arrive enfin ce mercredi 19 novembre 2025 dans les salles de cinéma avant sans doute de faire reparler de lui à la prochaine cérémonie des Oscars.
Il y a quelque chose de particulier qui rend Eleanor The Great immédiatement émouvant dès les premières images. Nous y découvrons Eleanor et Bessie, deux vielles dames qui partagent un appartement dans une résidence en Floride. Comme la majorité des retraités, elles n’ont rien de spécial à faire de leur journée mais elles pensent tout de même avoir trop dormi parce qu’elles n’ ont pas entendu sonner leur réveil. Cette journée ne sera finalement pas comme les autres car Bessie victime d’un malaise alors qu’elles faisaient leurs courses va se retrouver à l’hopital et n’en ressortira malheureusement jamais. Eleanor va alors revenir à New York où elle a vécu près de quarante ans pour s’installer chez sa fille.
Cette Eleanor paraitrait presque être une super grand-mère dont le fort tempérament nous semble très amusant. Ce n’est cependant visiblement pas l’avis de sa fille et de son petit-fils qui préfèrent garder leur distance pour ne pas subir son franc parler. Jamais la langue dans sa poche, elle peut se montrer blessante sans même s’en rendre compte et n’hésite pas à apprendre leur métier à une serveuse ou un employé de supermarché qui ne lui donnent pas satisfaction. En se rendant au centre communal juif pour participer à un atelier de chant, elle se retrouvera par erreur invitée dans un groupe de parole d’anciens survivants de la Shoah où elle va se mettre à raconter la vie de son amie Bessie comme si cela était la sienne alors qu’elle n’a personnellement jamais connu l’horreur des camps de concentration. Un récit qui touchera la jeune apprentie journaliste Nina Davies présente à cette réunion pour en faire un article.
Eleaonor The Great racontera le développement de leur amitié qui repose sur le mensonge d’Eleanor tandis que Nina s’ouvrira petit à petit sur sa souffrance d’avoir perdu sa mère. Forcement, nous nous attendrons au moment où le mensonge d’Eleanor qui a pris une ampleur inattendue finira par être révélé. Cela arrivera de manière bien plus violente que ce que nous pouvions imaginer avec les conséquences attendues.
Ce n’est pas vraiment sur cette intrigue un peu cousue de fil blanc que nous serons conquis par Eleanor The Great mais pour tous les sujet qu’il traite. Un film qui parle avant tout du travail de deuil mais aussi de l’importance d’une mère. Deux sujets qui toucheront directement le cœur de tous les spectateurs et tourne aussi autour de la religion juive et de leur extermination auquel personne n’est insensible mais qui touchera encore plus les pratiquants de cette religion. Bien qu’elle ne soit pas à l’origine du scénario, Scarlett Johansson semble avoir mis une part d’elle même dans ce récit car comme sa jeune héroïne elle a aussi une mère juive et elle a également grandit à New York.
Bien qu’Eleanor The Great soit très émouvant, Scarlett Johansson traite cependant cette histoire de manière très fine sans jamais sombrer dans un pathos dégoulinant. Ayant tourné trois fois avec lui, l’apprentie cinéaste avait certainement Woody Allen en tête pour raconter cette histoire de juifs New Yorkais mais elle manque d’imprimer sa propre patte à ce premier long métrage. Plus que par sa réalisation, Eleanor The Great doit en fait beaucoup plus à son actrice principale June Squibb qui avait débuté dans Alice de Woody Allen et qui est ici absolument épatante tant elle se montre aussi drôle qu’émouvante et à des rôles secondaires très bien choisis. Nous pourrons juste regretter que Scarlett Johansson ne se soit pas au moins réservé un petit rôle.
Avec Eleanor The Great, Scarlett Johansson réalise un premier film très réussi qui doit beaucoup à son actrice principale June Squibb qui mériterait sans nul doute de recevoir une pluie de récompenses pour ce rôle et au scénariste Tory Kamen qui a imaginé une très belle histoire qui ne manquera certainement pas de vous émouvoir. Il reste encore à l’apprentie cinéaste de se trouver une véritable patte pour vraiment se faire un nom dans cette nouvelle profession.
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