HER PRIVATE HELL de Nicolas Winding Refn [Critique Ciné]
Dix ans après The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn est enfin de retour au cinéma avec l’étonnant Her Private Hell.
Longtemps prisé par tous, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn semble avoir perdu « la carte » depuis qu’il s’est tourné vers le petit écran. De retour au cinéma après dix ans d’absence, c’est dans la plus grande discrétion que son nouveau long métrage Her Private Hell arrive en France ce mercredi 23 septembre 2026 dans un nombre de salles extrêmement limité. Plus une expérimentation qu’un véritable film, il faudra vraiment être très fan du cinéaste pour accrocher à ce nouveau projet.
Avec Her Private Hell, Nicolas Winding Refn ne cherche clairement pas à retrouver le succés de Drive mais poursuit plutôt dans la lignée de The Neon Demon. Après sa plongée horrifique et fantastique dans le monde de la mode, son nouveau long métrage s’inscrut dans la même veine mais se passe cette fois ci dans le monde tout aussi cruel du cinéma. Il suit une jeune actrice à succès prénommée Elle sur le tournage d’un film de science fiction où les relations entre l’équipe sont tout aussi hypocrites et destructrices.
Délaissant la musique Electro de The Neon Demon pour une musique symphonique, Her Private Hell ressemble beaucoup à un conte où cette jeune actrice est comme une sorte de princesse vivant en haut d’une haute tour prise par le brouillard. N’ayant pas réglé tous ses « daddy issues », elle vit très mal que les femmes soient toutes attirées par son séducteur de père au charme magnétique. Cela lui vaut aujourd’hui d’être en froid avec sa nouvelle belle-mère Dominique qui était avant cela sa meilleure amie. Réunie sur le même tournage, cela sera selon son père peut être l’occasion d’enterrer pour de bon la hache de guerre mais le tueur en série Leatherman qui rode dans les parages va compliquer la donne.
Comme une deuxième histoire parallèle sortie d’un rêve de la jeune actrice, Her Private Hell prend aui milieu du film une tournure japonisante pour raconter l’histoire du Private K. Un G.I. américain qui cherche à sauver sa fille des griffes des Yakuza et du tueur Leatherman. Donnant presque l’impression d’un tout autre film, cette partie nous rappellera son film Only God Forgives dans son hommage aux classiques du film de Yakusa toujours avec le même esthétique néon qui lui est cher.
Bien malin seront les spectateurs qui trouveront un sens à l’histoire de Her Private Hell. Avec son rythme très lent, c’est plutôt là un film qui se contemple en faisant divaguer son cerveau devant les très belles images de Nicolas Winding Refn. Une grande tour futuriste qui semble sortie de sa propre vision de Blade Runner, les murs de la suite qui donne l’impression de flammes de l’enfer, des costumes et maquillages recherchés et certains plans qui semblent vraiment être là juste pour faire jolis. Outre un plan rappelant le James Bond Goldfinger, Her Private Hell s’inspire très clairement de l’esthétique des Giallo de Dario Argento.
Nous nous régalerons aussi du casting de Her Private Hell qui met en scène de très belles actrices. S’il n’y probablement pas de hasard si son héroïne s’appelle Elle en hommage à l’héroïne de The Neon Demon, c’est la valeur montante Sophie Thatcher qui incarne l’actrice au cœur du film. Maquillée bizarrement, elle perd un peu de son charme naturel que nous avons pu apprécier dans Heretic et Companion et donne l’impression de ne pas avoir été exploité à son plein potentiel dans ce film sans réel scénario. Elle est particulièrement bien entourée avec dans le rôle de sa belle mère l’encore trop peu connue Havana Rose Liu et dans le rôle de son opposée blonde et nunuche l’excellente Kristine Froseth. Dans de petits rôles récurrents, nous verrons pour la touche japonaise les actrices Shioli Kutsuna qui était dans Deadpool 2 et la danseuse Aoi Yamada qui jouait dans Perfect Days. Du coté des hommes, le rôle du Private K est tenu par Charles Melton héros de la seconde saisons d’Acharnés et celui du père par Dougray Scott.
Si vous n’avez pas aimé The Neon Demon, il y a de fortes chances que vous ne soyez pas plus convaincu par Her Private Hell. Mais pour les inconditionnels de Nicolas Winding Refn, il y a vraiment de quoi se régaler devant les magnifiques images de son incursion dans les univers du giallo et du film de yakuza. Comprenne qui pourra cette bien étrange histoire mais des films sortant de l’ordinaire comme celui-ci nous en voulons bien tous les jours.
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